Michel Havard : « Je veux faire de Lyon la pépite des métropoles européennes »

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Michel Havard candidat UMP-UDI aux municipales à Lyon. Photo: Laurent Cerino
Michel Havard candidat UMP-UDI aux municipales à Lyon. Photo: Laurent Cerino (Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'Economie)
Le candidat UMP qui brigue la mairie de Lyon sous la liste « Génération Lyon », commune avec l’UDI a répondu aux questions d'Acteurs de l'économie sur son projet de développement économique. S'il est élu il s'engage à ne pas augmenter les impôts pendant la durée du prochain mandat.

 Vous affirmez qu'élu, vous n'augmenterez ni les impôts des ménages ni ceux des sociétés. Comment vous croire ?

Relever les impôts des ménages diminue la consommation. Relever ceux des entreprises réduit leur capacité d'investissement. Or chaque année, et de façon mécanique, le budget de la ville de Lyon croit de 10 millions d'euros environ, sous le double effet de la revalorisation des bases votées par le Parlement et l'arrivée de nouveaux habitants, donc de contribuables. Puis, la création de la Métropole qui récupèrera les prérogatives du Département sur son territoire le 1er janvier 2015 doit être l'occasion de repenser l'exercice des compétences, entre ce qui relève des communes et ce qui revient à l'agglomération. Il serait impensable de ne pas imaginer des économies d'échelle.

En deux mandats, Gérard Collomb est parvenu à rallier à sa cause une grande partie d'un patronat, culturellement plutôt à droite. Preuve que sa politique est une réussite en matière de développement économique, de gestion ? De quels patrons revendiquez-vous un soutien officiel ?

Je ne pense pas que le patronat soutienne plus Gérard Collomb que Michel Noir ou Raymond Barre. La seule force de Collomb est de réussir à faire croire qu'il fait exception. Les patrons qui lui apportent leur soutien ont tous un lien économique avec Lyon ou le Grand Lyon. Il y en a aussi beaucoup qui ne le soutiennent pas parce que la politique que mènent les socialistes est néfaste. Et ils savent que le maire sortant vote toutes les lois en sa qualité de sénateur de ce parti. Quoiqu'il en soit, demain, si je suis élu, j'aurai les mêmes relations avec le monde économique. Je connais bien ce milieu car je suis issu de l'entreprise, ayant successivement travaillé comme consultant, puis à la Saur, puis chez Suez-Environnement et maintenant je suis à mon compte. Et quand je parle du RSI (Ndlr : régime social des indépendants) je sais ce qu'il en est.

Vous prônez un « Small business Act » à la lyonnaise. Comment vous y prendrez vous ?

Il faut aider les PME et les TPE à répondre aux appels d'offres par des procédures simplifiées et en les accompagnant. Il est également possible, dans le strict respect de la réglementation, de faire passer un certain nombre de marchés en-dessous des seuils nécessitant un appel d'offres, tout en respectant le principe de la mise en concurrence. On pourrait aussi imaginer de mettre en place un premier versement à la commande pour soulager les trésoreries de ces entreprises.

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A l'instar de Gérard Collomb vous voulez développer la smart city et ce que vous appelez des smart citizens.  Qu'entendez-vous par là ?

Donner de l'intelligence à la ville, c'est une priorité si nous voulons maîtriser les coûts. Il faut construire un cockpit, autrement dit une plate-forme numérique intégrant la logique d'un partage d'informations au niveau des différents acteurs : administration, entreprises, mais aussi habitants. Cela vaut par exemple pour la consommation d'énergies, qui est un important poste de dépenses, mais aussi la collecte des ordures, le trafic, la sécurité etc. C'est une façon de faire passer la collectivité d'un mode comptable à un mode projet, et c'est fédérateur pour tous.

Vous voulez créer « l'Ouvrage », un de vos projets phares que vous présentez comme un lieu d'innovation et d'entreprenariat. Un échelon " de plus" alors qu'il existe déjà un nombre élevé de pépinières et incubateurs ?

Celui-ci sera plus complet. Il rassemblera sur un même site, dans les anciens locaux de la SEPR à la Croix-Rousse, 400 postes de travail et différents espaces : bureaux, salles de travail collaboratif, laboratoire de fabrication pour faire des prototypes, et diverses autres ressources. 

Reconnaissez-vous à Gérard Collomb des avancées dans le domaine de l'attractivité de l'agglomération ?

Lyon est une terre naturellement attractive du fait de son positionnement géographique, de son histoire, de la qualité de sa main d'œuvre, de ses universités et de ses grandes écoles. Mais Lyon manque de sièges sociaux. L'Aderly (Ndlr : agence de développement économique) a-t-elle les moyens nécessaires pour les attirer ? Je dois reconnaître toutefois que sous l'égide d'Only Lyon a été initié un début de collaboration dans le domaine de la promotion internationale avec l'Office du Tourisme, la ville de Lyon, le Grand Lyon, notamment. Mais il faut aller plus loin.

Que voulez-vous faire de Lyon ? Avez-vous une référence étrangère ?

On parle souvent de Manchester comme modèle. Mais je ne veux pas faire ressembler Lyon à d'autres villes. Je veux qu'elle rayonne avec ce qu'elle est. Elle peut être la pépite des métropoles européennes. Pépite par sa taille et par son potentiel. Elle s'appuie sur un socle économique diversifié auquel il faut accrocher quelques champs d'excellence qui lui donneront sa visibilité. Il en va ainsi pour la nutrition et santé ou encore la santé-environnement.

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Commentaires
a écrit le 04/03/2014 à 11:24 :
En lisant la première phrase de cet article, je m'interroge : est-ce que Michel Havard "brique" la mairie de Lyon (c'est-à-dire qu'il la nettoie de fond en comble), ou bien est-ce qu'il la "brigue" ?
Peut-être la brigue-t-il pour pouvoir ensuite la briquer ?
Mystère et boule de gomme !

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