A45 : 2016, fin de l'imbroglio ?

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Image d'illustration (Crédits : A.T.)
Le dossier est vieux de 30 ans : la réalisation d'une autoroute, l'A45, reliant les villes de Saint-Étienne et de Lyon. Sauf que, malgré sa déclaration d'utilité publique par l’État en 2008, le dossier ne cesse de piétiner. Saint-Étienne Métropole et le département du Rhône, qui figurent parmi les investisseurs du projet, ont jusqu'à la fin du mois d'avril pour voter le montant du budget qu'ils souhaitent allouer. Auquel cas, le projet pourrait bien être enterré.

"Nous appelons les acteurs politiques à engager cet investissement prioritaire pour le territoire", lance Philippe Valentin, président de la délégation Lyon de la CCI Métropolitaine. Cet investissement n'est autre que la réalisation de l'autoroute A45, reliant Lyon à Saint-Etienne, en pourparler depuis 1993.

Déclaré d'utilité publique quinze ans plus tard, en 2008, le tracé a depuis été fixé. Tout comme son budget, de 1,2 milliard d'euros, qui se répartit entre trois entités : 400 millions d'euros est à la charge du concessionnaire, qui doit encore être désigné par l'État. Ce dernier prend en charge 430 millions d'euros. Initialement, la métropole de Saint-Étienne ainsi que le département de la Loire devaient se partager le reste du budget.

Un plan de financement crédible

Seulement, alors que le département de la Loire et Saint-Étienne Métropole avaient voté pour un financement de l'A45, "leur délibéré a été retoqué par le ministre des Transports", précise André Mounier, président de la délégation CCI à Saint-Étienne. Les deux entités doivent donc de nouveau voter le budget.

"L'Etat doute de la pérennité de l'engagement financier de Saint-Étienne Métropole dont les disponibilités existantes et la capacité d'emprunt pour cofinancer l'A45 apparaissent à ce jour, faibles voire inexistantes", a fait savoir Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne Rhône-Alpes, dans une lettre adressée à Gaël Perdriau, président de la Métropole de Saint-Étienne.

Malgré tout, le président de la Région a annoncé que celle-ci participerait au financement de l'autoroute, à hauteur de 100 millions d'euros minimum. Une promesse faite lors de sa campagne électorale. Même si à ce moment-là, le chiffre était de 141 millions d'euros. De quoi alléger la facture de la collectivité stéphanoise. En contrepartie de cet engagement financier du conseil régional, Laurent Wauquiez a demandé que la Métropole "s'engage sans ambiguïté" sur le projet d'autoroute.

Jeudi soir, lors d'un débat houleux, la métropole de Saint-Etienne a voté pour la poursuite des négociations jusqu'au mois d'avril, date à laquelle les chiffres devront eux aussi être abordés.

Le département du Rhône grand absent

Si la Loire est bien présente dans ce dossier, un absent se fait sentir : le Rhône. Son président, Christophe Guilloteau a toujours affirmé être contre la réalisation de cette autoroute. En septembre 2015, il avait même affirmé qu'il utiliserait "tous les moyens légaux de recours" pour l'empêcher.

Car le projet ne fait pas l'unanimité, pour son impact écologique notamment. Pascal Garrido, maire de La Talaudière, petite commune située dans l'agglomération stéphanoise, fait partie des plus fervents opposants.

"Nous n'avons pas les capacités financières pour construite cet autoroute, qui ne sert à rien. Ce serait mettre les finances locales dans un état catastrophique, au détriment d'autres projets. Depuis 50 ans, des élus se battent pour qu'il soit construit, alors même que nous aurions pu trouver des solutions alternatives", explique-t-il.

Le maire rappelle également que "lors du vote de jeudi soir, sur les 45 communes, une vingtaine ont voté contre. C'est bien plus que la dernière fois."

Attractivité du territoire

Alors, le monde économique a choisi de lancer un appel aux collectivités pour qu'elles votent en faveur de ce projet. Car les collectivités territoriales n'ont que jusqu'à la fin du mois d'avril pour rendre leur verdict.

Les présidents de CCI, du Medef ou de la CGPME Rhône-Alpes ont rappelé l'importance de l'A 45 pour le développement des entreprises de la région. "Les chefs d'entreprises dénoncent les pénalités de retard, les rendez-vous manqués, la perte de clients et d'attractivité", indique André Mounier, estimant que les pertes liées à l'obsolescence et la saturation de l'actuelle route ont engendré des pertes de 500 millions d'euros.

Optimiste, il n'hésite pas à conclure :

"Pour moi, avec l'intervention de Laurent Wauquiez, le financement est réglé. Le projet devrait se concrétiser."

Si c'est le cas, les travaux pourraient commencer en 2017, pour se finir en 2022. Du moins en théorie.

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Commentaires
a écrit le 11/03/2016 à 17:16 :
L'A 45 ? En clair, elle se fera !
La LOIRE et la HAUTE LOIRE l'attendent depuis 30 ans et plus largement la diagonale LYON / TOULOUSE. C'est là qu'est à nouveau posée la question du contournement OUEST de St Etienne ( COSE ) dont l'urgence d'utilité publique ne fait plus aucun doute.

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