Unité d'accompagnement psychologique : désamorcer, éduquer, déculpabiliser

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(Crédits : Acteurs de l'Economie)
Fort de quatre psychologues et de trois infirmières, le service de psychologie médicale dirigé par le docteur Pierre Saltel ne manque pas de tâches.

Il intervient auprès des patients - et de leur entourage, y compris les enfants lorsqu'un parent est malade - anéantis par des situations de détresse ou des crises émotionnelles qui surgissent, principalement à quelques moments phares de la maladie - révélation du diagnostic, annonce d'une récidive -, les conseille et les « éduque » afin qu'ils apprennent à anticiper. Il détecte, diagnostique, et soigne les cas proches de « craquer ». Donne au malade les « clés » pour être autonome dans le décryptage, l'identification originelle et la gestion psychologique de son mal. « Nous devons respecter ce besoin de trouver une explication à la maladie même lorsque, à l'image de ce fumeur qui la lie au stress, elle peut apparaître dérisoire ». Le service de Pierre Saltel veille néanmoins à ce qu'elle s'affranchisse d'une trop lourde stigmatisation - « je suis responsable » - et qu'elle ne cloître pas l'auteur de manière « sacrificielle ». Il régénère la « machine » lorsque, exténuée par la lassitude, lacérée par la pénibilité du traitement, l'émergence de séquelles, l'accumulation des effets secondaires, l'irruption de doutes et de découragements, elle s'épuise. Travaille auprès des proches - « souvent négligés par l'institution » -, d'une part car ils constituent la préoccupation parfois prioritaire des patients d'autre part car ceux-ci se reconstruisent dans leur confiance, leur attention, leur disponibilité. « Aucun médecin n'oublie pour autant que celui qui souffre et risque de mourir, c'est le patient. Il est notre priorité. Bien sûr, nous devons veiller fortement à l'entourage. Mais nous ne sommes pas assez nombreux et disponibles pour l'aider. Et ses attentes sont si infinies et ses souffrances si grandes que chaque parent aurait besoin d'un psychologue personnel à temps plein » note Christophe Bergeron. Autant de missions qui exigent dosage et nuance entre provoquer et proposer, s'imposer et reculer, parler et se taire, et dont la systématisation participe à les désacraliser pour le rendre accessibles. En revanche, point d'intervention « post » maladie ou décès. Sollicité chaque année par 10 000 personnes, le service n'a « ni les moyens ni la vocation » de dispenser un accompagnement en dehors de l'institution et a pour « obligation » de « rationaliser » son office afin d'exaucer le plus grand nombre d'appels et de prières. « Notre chance est que la psychologie médicale, lorsqu'elle est appliquée au moment opportun, produit des effets extraordinaires efficaces ». L'équipe de Pierre Saltel ne limite pas son expertise aux seuls patients. « Si l'on veut qu'ils soient bien soignés, il est fondamental que les services fonctionnent correctement et que le personnel soit mieux possible ». Collectivement ou individuellement, par quelques mots ou lors de formelles conférences, elle amortir la lassitude des infirmiers, des aide-soignants ou des médecins, débroussaille et réprime les menaces d'amertume, valorise l'intérêt de leur travail, encourage leur curiosité, participer à la restauration de leur enthousiasme. « Des remèdes très efficaces ». 

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