Annecy : vers la création d'un musée de l'animation

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(Crédits : D. Bouchet/CITIA)
Organisatrice du Festival international du film d'animation et de son marché du film, la Cité de l'image en mouvement d'Annecy (Citia) ambitionne de faire d'Annecy, la ville de l'animation par excellence en dehors de la période des festivités. Pour y parvenir, elle réfléchit à la création d'un grand espace muséographique dédié à l'animation.

Chaque année, avant l'été, Annecy devient la capitale du film d'animation avec l'organisation du Festival international (Fifa) qui lui est dédié et son marché du film (Mifa) - le prochain aura lieu du 12 au 17 juin. La ville haut-savoyarde accueille durant une semaine des milliers de professionnels de la filière (plus de 8 000), venus du monde entier, et propose aussi au grand public d'y participer à travers des projections, rencontres, et expositions.

Un musée de l'animation

Afin de capitaliser sur cet événement, sur l'écosystème développé autour, et sur le rayonnement de la marque "Annecy", la Cité de l'image en mouvement d'Annecy (Citia), organisatrice de la manifestation, a pour projet "ambitieux" de faire de la ville, "un lieu qui incarne l'animation toute l'année", souligne Patrick Eveno, son directeur. Comment ?

"En créant un espace muséographique dédié dans l'ancien haras de la cité."

Pour l'heure rien n'est arrêté. La municipalité, propriétaire des murs, a mandaté trois cabinets pour travailler sur la faisabilité du projet qui s'inscrira dans un projet d'ensemble. Les résultats seront présentés au maire Jean-Luc Rigaut, à la fin du mois de janvier, annonce l'adjoint à la culture Dominique Puthod.

Citia imagine déjà un "espace d'expérimentation, ouvert à tous, avec des projections en continu". Des expositions de grands studios - notamment américains - pourraient ainsi s'arrêter à Annecy, "ce que nous ne pouvons pas proposer à ce jour, faute de place", regrette Patrick Eveno. Généralement, elles partent pour le musée des Arts ludiques de Paris, qui a déjà accueilli des collections de Pixar ou propose actuellement celles sur les studios d'animation Walt Disney.

A ce jour, Annecy dispose déjà d'un espace - "modeste" - dédié à l'animation, installé au Conservatoire d'art et d'histoire mais le projet d'en créer un plus "ambitieux" est "tout à fait légitime pour notre ville qui a su prouver à l'international notre savoir-faire en matière d'animation", indique l'adjoint au maire précisant toutefois que ni calendrier, ni financement n'ont encore été arrêtés.

Plateforme VOD

En parallèle, Citia, qui a fêté ses 10 ans en 2016, entend aussi puiser dans la richesse de son catalogue de films soumis à la compétition du festival, et imagine développer une plateforme VOD "éditorialisée" dans le but de les proposer en visionnage au grand public. Une mine d'or pour l'organisateur puisque pour une seule édition, il peut recevoir jusqu'à 2 500 œuvres (courts et longs métrages, documentaires, films de fin d'études, etc). "Encore faut-il obtenir l'autorisation des ayants droit et réfléchir à une juste rétribution", précise Patrick Eveno.

Pour y parvenir, Citia devrait créer un produit de toute pièce et n'envisage pas de s'adosser aux géants du secteur.

"Nous pouvons nous le permettre, car la force de la marque est une référence dans le monde", justifie-t-il, espérant voir d'ici deux ans le projet se concrétiser.

Image de marque

Depuis sa création en 1960, le Fifa s'est imposé comme la référence en matière d'animation tant sur le plan culturel, économique et attractif "ce qui nous oblige néanmoins à le consolider, car rien n'est jamais acquis", réagit modestement Patrick Eveno.

L'événement est devenu un incontournable à la fois pour la famille du cinéma plaçant Annecy sur la carte des villes qui comptent dans le milieu ; pour le développement de la filière sur le bassin savoyard (1 300 emplois, 310 entreprises et 120 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014) ; et pour le territoire (cinq millions d'euros de retombées économiques et une visibilité mondiale).

"Le projet de l'espace muséographique peut donc être un vrai facteur d'attractivité", justifie Dominique Puthod.

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