[Textile, la nouvelle génération 3/5] Le Village des créateurs, catalyseur de talents

 |   |  625  mots
Le Village des créateurs au coeur du 1er arrondissement de Lyon.
Le Village des créateurs au coeur du 1er arrondissement de Lyon. (Crédits : Loic Benoit)
Niché au cœur des pentes de la Croix-Rousse à Lyon, le Village des créateurs accompagne et héberge des entreprises spécialisées dans les secteurs de la mode et du textile. En plus de 15 ans, il est devenu un acteur qui porte la voix de la création au-delà des frontières régionales.

Au cœur du quartier des Pentes de la Croix-Rousse, à Lyon 1er, le lieu a pris le nom de village et sa forme, avec des boutiques et un restaurant donnant sur une rue centrale. "Ici, tout le monde se connaît", reconnaît sa directrice Isabelle Gleize. De quoi impulser une dynamique entre les acteurs présents mais aussi, et plus généralement au quartier. Puisqu'à l'origine, la Ville de Lyon s'était engagée à revitaliser les Pentes avec l'aide des syndicats professionnels de l'habillement et du textile.

Lire aussi : [Textile, la nouvelle génération 1/5] L comme Lyonnaise habille Lyon

La Maison Martin Morel, Sélène et Gaia, Andréa Vaggione, Marie Antoilette ou encore Piola toutes ces enseignes ont le point commun d'avoir été (ou le sont encore) accompagnées et/ou hébergées par la structure le Village des créateurs. Des marques spécialisées dans la mode ou le textile ayant réussi à trouver leur modèle et leur public, et qui, pour certaines, jouissent d'une renommée nationale. Depuis sa création en 2001, 259 entreprises sont ainsi passées entre les mains de la petite équipe du VDC. Et 63 % d'entre elles poursuivent leur activité.

En l'espace de 15 ans, le VDC  a réussi à s'imposer comme un lieu de création, de réflexion et d'innovation. Mais également comme une structure d'accompagnement, d'animation, de mise en réseau et de fédération. De plus, il est devenu un label qui s'exporte au-delà de la région.

village des créateurs

La boutique du Village des créateurs

"Notre action ne rayonne pas uniquement en Auvergne Rhône-Alpes mais sur toute la France", soutient Isabelle Gleize.

Si bien que n'importe quelle entreprise du secteur peut bénéficier du programme pépinière, et être hébergée au cœur du village (d'une durée de deux à trois ans, elles sont 12 actuellement à en bénéficier), ou être accompagnée grâce aux outils mis à disposition.

Evolution et ouverture

Alors que les banques sont toujours "frileuses" à investir au profit des startups du numérique entre autres, le modèle du VDC démontre que mode et textile sont loin d'avoir dit leur dernier mot. Et Isabelle Gleize d'évoquer un chiffre d'affaires cumulé à fin 2015 de plus de quatre millions d'euros des entreprises accompagnées. Et 119 emplois cumulés.

Une situation fruit d'une évolution du secteur, de nouveaux talents, d'entrepreneurs aguerris, et de concepts novateurs. Ainsi, après une longue période tournée uniquement vers la mode, le VDC a entrepris de s'ouvrir en 2011, au champ plus général de la création : du design à l'accessoire en passant par la décoration sur meuble.

"Le prêt-à-porter à chuter fortement dans un contexte difficile, c'est la raison pour laquelle, nous sommes allés sur d'autres terrains alors même que ce n'était pas notre ADN. L'avenir tant ainsi à un équilibre des industries créatives."

Profil école de commerce

Autre évolution, les profils des accompagnés. En l'espace de cinq ans, "ce sont davantage des businessmen sortant d'écoles de commerce qui veulent lancer leur affaires dans la mode que des créateurs purs. Certains ne sont d'ailleurs pas du tout créatifs", souligne la directrice.

La structure du village suit aussi cette transformation. Financé à 77 % par les collectivités (Région, Métropole et Ville de Lyon), Isabelle Gleize entend être de "moins en moins dépendant d'elles", et veut renforcer le club des partenaires composé d'entreprises (11 %), le reste étant les cotisations des adhérents (12 %).

Aujourd'hui, à la fois pépinière, accélérateur et cluster, le VDC devrait entamer une nouvelle mue dans le but de pouvoir aider au mieux les entreprises du secteur en étant davantage tourné business.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :