La Cité de la gastronomie en quête de financeurs

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(Crédits : DR)
Le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb a livré, à Paris, de nouveaux éléments sur le contenu de la Cité de la gastronomie de Lyon, l'un des quatre territoires concernés par cette labellisation nationale. Mais certains contours de l'opération restent incertains, avec notamment un budget qui n'est pas encore bouclé.

Suite à la reconnaissance par l'Unesco, en 2010, du "repas gastronomique français" au patrimoine immatériel de l'Humanité, le gouvernement a souhaité créer un réseau de villes labellisées "Cité de la Gastronomie".

Déjà, des professeurs de nutrition de l'université Lyon 1 ont raccroché cette reconnaissance internationale dans leur programme. Après quelques hésitations, et non sans quelques provocations, la Ville de Lyon y est allée à reculons. Elle fut d'abord à moitié écartée, avant d'être sélectionnée aux côtés de trois autres territoires en 2013 : Dijon, Paris-Rungis et Tours.

Versant académique et le Japon à l'honneur

Une "légitimité", pour une ville qui se revendique depuis toujours comme une référence de la gastronomie française. Lors de cet appel à projets, Lyon a joué sur ses indéniables qualités : une très longue tradition qu'elle exhume, entre autres, grâce au passage de François Rabelais qui y écrivit son Pantagruel. La capitale des Gaules s'enorgueillit de ses 2 000 restaurateurs, et autres bouchons, de ses 94 chefs étoilés et 79 AOC...

Ainsi, le projet lyonnais, présenté mardi 29 mars à Paris, comprendra un versant académique, avec une histoire de l'alimentation de l'Homme Neandertal à nos jours, un parcours sensoriel, un comptoir "Rabelais ", des expositions permanentes et déjà, un premier pays invité pour 2017 : le Japon.

3 600 m² pour la Cité de la gastronomie

D'une superficie de 3 600 m², la Cité de la gastronomie sera intégrée au projet de réhabilitation du Grand Hôtel-Dieu. Elle couvrira ainsi 10 % de la surface totale d'un site idoine logé entre Rhône et Saône.

Exceptionnel, le bâtiment est classé aux Monuments historiques dans son intégralité, soit 51 500 m². Lesquels seront distribués comme suit : 17 050 m² de commerces (vendus par Predica Assurances, propriétaire du bail emphytéotique signé sur 99 ans) ; 13 500 m² pour l'hôtel 5 étoiles Intercontinental ; 8 000 m² de cours et jardins ; 3 600 m² pour la Cité de la gastronomie, et 2 700 m² pour un centre de convention. Enfin, 11 appartements raccrochés au fil du projet par Eiffage.

Sur le total du bâti, plus de 40 000 m² seront réhabilités contre 11 500 m² de constructions neuves. Le montant des travaux, sur l'ensemble, n'a pas encore été dévoilé, mais dans un projet complexe qui touche à un patrimoine cinq fois séculaire, le budget peut largement se chiffrer en centaines de millions d'euros.

Imbroglio sur le Partenariat-Public-Privé

Pour la seule Cité de la gastronomie, Michel Gostoli, président d'Eiffage Construction, a avancé le chiffre de "19,5 millions d'euros". À cette heure, la Région Auvergne Rhône-Alpes, la Ville de Lyon et la Métropole ainsi qu'Eiffage se sont engagés, chacune, à hauteur de deux millions d'euros. Soit moins de la moitié pour un projet géant dont la livraison doit intervenir entre 2017 et 2019.

Si le budget n'est pas encore bouclé, c'est éventuellement car le dispositif de l'ensemble de l'opération reste encore flou : "Ce n'est pas un Partenariat-Public-Privé", affirme Gérard Collomb alors que cette solution est inscrite en toutes lettres dans la plaquette de présentation.

Suite à une demande d'éclaircissement, le cabinet du sénateur-maire répond que rien n'est encore fixé :

"C'est une vieille brochure qui n'aurait pas dû être distribuée aux journalistes. On cherche un dispositif plus souple que le PPP. Rien n'est encore tranché et tout peut bouger."

"Nous allons solliciter de grandes entreprises travaillant dans le secteur de l'agroalimentaire, mais aussi de la nutrition et de la santé", avait indiqué Gérard Collomb lors d'une conférence début mars.

Lire aussi : Grand Hôtel-Dieu : les prix du tertiaire pourraient atteindre des sommets

GL Events

Concernant le nom du délégataire, qui sera en charge de faire vivre le lieu, il n'a pas été dévoilé. Mais Gérard Collomb a cependant lancé un appel du pied à GL Events, "qui organise des événements internationaux partout dans le monde". Un appel à projets doit cependant suivre dans les prochaines semaines.

En somme, de nombreuses négociations sont visiblement encore en cours, alors que les travaux du Grand Hôtel-Dieu, qui hébergera la Cité gastronomique lyonnaise, ont commencé depuis un an : "300 personnes travaillent sur le chantier actuellement ; ils seront un millier dans les prochaines semaines", a précisé le sénateur-maire.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2016 à 19:12 :
GL events ? Il faudra veiller à avoir un bon cahier des charges au vu de ce qu'a été " l'organisation" du BIG sous le tunnel mode doux ou l'indigence des animations de la foire de lyon cette année.

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