Musée des tissus : l'État met la main à la poche

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ans une lettre adressée le 7 mars dernier à Gérard Collomb, président de la métropole de Lyon, Audrey Azoulay, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication annonce un soutien de l'Etat.
ans une lettre adressée le 7 mars dernier à Gérard Collomb, président de la métropole de Lyon, Audrey Azoulay, la nouvelle ministre de la Culture et de la Communication annonce un soutien de l'Etat. (Crédits : Sylvain Pretto)
La nouvelle ministre de la Culture annonce que l’État participera à l'effort financier, à hauteur de 250 000 euros, pour aider le musée des tissus et des arts décoratifs en 2016. Elle a proposé de nommer un médiateur en charge de faire émerger des solutions pérennes. Mais l'intervention étatique n'assure pas la survie de l'institution culturelle.

La troisième réunion organisée ce mardi matin, à la Préfecture, autour du sauvetage du Musée des tissus et des arts décoratifs de Lyon, partait sous des auspices laissant entrevoir une solution, à court terme déjà. A l'issue de la journée, la situation reste floue.

En effet, dans une lettre adressée le 7 mars dernier à Emmanuel Imberton, président de la CCI métropolitaine, Gérard Collomb, président de la métropole de Lyon et Laurent Wauquiez, président de la Région, Audrey Azoulay, nouvelle ministre de la Culture et de la Communication, indique avoir "demandé au préfet (Michel Delpuech) de coordonner les propositions des partenaires pour accompagner la CCI sur la gestion spécifique de l'année 2016. L'État participera également à cet effort dans l'attente de voir aboutir la réflexion"pour la pérennisation de cet établissement".

L'AG du 14 mars

La dotation exceptionnelle allouée par l'Etat pour cette année est annoncée à 250 000 euros ; ce qui est loin de faire le compte pour arriver à boucler le budget sachant que la CCI dit ne plus avoir les moyens de le subventionner. Jusqu'à présent elle mettait entre 1,5 et 1,7 million par an.

Combien l'assemblée générale de la chambre consulaire qui se tient le 14 mars va t-elle accepter de débloquer ? La pression est forte sur les épaules d'Emmanuel Imberton, le président, qui n'a pu assister à la réunion de ce jeudi pour des raisons de santé.

Dans un communiqué, celui-ci assure que dans "ce contexte il lui est impossible de soumettre au vote des élus (de son assemblée), le 14 mars, un budget de nature à assurer la poursuite des activités des musées".

"L'Etat a fait un geste mais cela ne change pas mon problème financier", ajoute t'il. Emmanuel Imberton déplore, une nouvelle fois, que l'appel du préfet n'a pour l'instant reçu ni réponse ni engagement concret de la part des collectivités locales. En conséquence, celui-ci ne voit pas d'autres alternatives pour éviter la fermeture de ce musée qu'il devienne un département du Louvre ou qu'un décret le fasse entrer dans la liste des musées nationaux.

Nomination d'un médiateur

Par ailleurs, la ministre propose "la nomination d'un médiateur qui pourrait explorer et faire converger les différentes solutions au service de ce patrimoine remarquable". Et Audrey Azoulay assure que son ministère aura "à cœur d'accompagner la ville de Lyon, la Métropole et la Région pour faciliter les évolutions et les changements qui apparaîtront nécessaires".

Elle évoque la nécessité de faire appel au partenariat privé. À ce propos, les industriels textiles de la région réfléchissent, dans le cadre du syndicat Unitex, à la création d'une fondation abritée, qui pourrait collecter au moins un million d'euros.

"Une première étape consiste à assurer l'année 2016 et j'espère que les pouvoirs publics accompliront leur devoir ", précisait récemment Grégoire Giraud, vice-président d'Unitex. "Ce qui nous laissera ensuite quelques mois pour faire du musée un des éléments porteurs de la ville. Je me battrai pour apporter des idées".

Lire aussi : G. Giraud : "Nous créerons une fondation pour le musée des Tissus"

L'appel du Préfet à la CCI

Les partenaires doivent se retrouver une nouvelle fois le 29 mars prochain. En attendant le Préfet appelle la CCI "à la sagesse et au sens de ses responsabilités" et lui demande de "décaler sa décision ou l'effet de sa décision à la fin de l'année 2016, temps nécessaire pour mettre en place la nouvelle gouvernance et son financement". Le représentant de l'Etat fait remarquer que le processus de fermeture "ne permettra aucune économie en 2016 puisque le licenciement de plus de 20 personnes coûterait 1,3 million d'euros".

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