Eric Piolle, l'entrepreneur vert

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© Gilles Kuntz
© Gilles Kuntz (Crédits : DR)
Inconnu il y a encore quelques semaines, Éric Piolle, 41 ans, fait désormais la Une. Vendredi, l’ancien cadre d’HP revêtira à la mairie de Grenoble l’écharpe tricolore. Élu le 30 mars 2014, premier maire écologiste d’une commune de plus de 100 000 habitants, l'homme intrigue, c'est-à-dire effraye ou fascine. Cet ancien cadre dirigeant de Hewlett Packard déroute ses détracteurs qui ne peuvent l'accuser d'être un doux rêveur.

Chemise, veste sombre et jean, toujours à vélo, Eric Piolle a un style bien à lui et ne laisse rien au hasard. Question de personnalité et de méthode, l'homme, surnommé le « champion » par certains militants et repéré comme « le candidat idéal par rapport à la sociologie grenobloise », est rapidement devenu la pierre angulaire du Rassemblement citoyen de la gauche et des écologistes.

« Je n'ai jamais connu une campagne aussi structurée », confie ainsi un militant écologiste. Eric Piolle explique : « Ce que je recherche, c'est l'efficacité avec les méthodes du management humaniste. » Une formule qui a visiblement marché pour la campagne et pris de cours la plupart de ses opposants.

Bon gestionnaire

L'homme est tout jeune en politique. Une fraîcheur qui a séduit les électeurs. Entré en 2009 chez Europe Écologie - Les Verts, alors que le parti s'ouvrait à la société civile, il a été élu conseiller régional dès 2010 et est alors devenu co-président du deuxième groupe politique de la région Rhône-Alpes. Un poste qu'il a occupé jusqu'en 2013.

« Sa personnalité et son parcours détonnent pour un écologiste », juge un conseiller régional socialiste. Loin des écolos baba cool, l'homme est en effet ingénieur de formation, diplômé de Grenoble INP. D'abord entré dans une entreprise de rouleau d'autoadhésif du bassin grenoblois, il en a intégré le comité de direction dès 27 ans, avant de basculer dans le monde de l'informatique.

Devenu cadre-dirigeant chez Hewlett-Packard en 2001, il prend en 2007 la direction du pôle logistique services pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. « J'ai déjà géré des budgets et des équipes bien plus gros que ceux de la ville de Grenoble » a-t-il d'ailleurs répondu à ses détracteurs qui l'accusaient pendant la campagne d'être inexpérimenté.

Populaire et pragmatique

Eric Piolle sera licencié fin 2010 pour avoir refusé un plan de délocalisation de 60 emplois vers la Roumanie. Une délocalisation qui sera finalement annulée, alors que 600 personnes s'étaient réunies devant le site pour le soutenir. Preuve de sa popularité, ses collègues de HP l'éliront "salarié le plus méritant", quelques semaines après son licenciement.

Ayant depuis lancé sa propre activité au sein d'une société coopérative d'entrepreneurs, Eric Piolle accompagne aujourd'hui des projets industriels et dispense des formations en écoles de commerce et d'ingénieurs.

Également co-fondateur du collectif Roosevelt 2012 pour une transformation sociale et écologique de l'économie, ce partisan de la municipalisation des services essentiels défend aussi la diminution du temps de travail aux côtés de Pierre Larrouturou.

Concernant le modèle grenoblois, l'homme joue la carte du pragmatisme. « Nous avons voté contre la subvention à Nano 2017 car il n'y avait pas de contreparties. Si le projet marche, il est normal que les pouvoirs public récupèrent des fonds. » Et celui-ci d'appeler à la diversification économique. « Il faut diversifier au lieu de mettre en avant la seule haute technologie pour redonner du sens à l'activité économique ».

Dans les milieux économiques locaux, on espère toutefois que son pragmatisme résistera à certains éléments de sa majorité, afin de préserver l'avenir du "modèle grenoblois", fondé sur la recherche et la coopération entre universités et entreprises.

 

 

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Commentaires
a écrit le 06/04/2014 à 8:58 :
la batailles Verts se situe au niveau des idees ;essayez de sauver la planete en est une tres grande est tres noble,??? est de l intelligence il y en souvent plus a gauche qu a droite???
a écrit le 04/04/2014 à 14:52 :
C est sur que face a Duflot ou Place, il detonne. Esperont qu il reussise a grenoble et qu il prouve que les ecolos ne sont pas uniquement des arrivistes ou des gens d extreme gauche ripolinés en vert

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