Laurent Radix (ParuVendu.fr) : "Aller détrôner leboncoin"

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Laurent Radix, président de ParuVendu.fr, espère placer le site de petites annonces en tant que véritable concurrent du Boncoin, tant sur le marché de l'immobilier, des voitures que des bonnes affaires.
Laurent Radix, président de ParuVendu.fr, espère placer le site de petites annonces en tant que véritable concurrent du Boncoin, tant sur le marché de l'immobilier, des voitures que des bonnes affaires. (Crédits : DR)
En 2012, Digital Virgo rachetait ParuVendu.fr pour 1,8 millions d'euros. A l'époque, le site réalisait 200 000 vues par mois, aujourd'hui 5,5 millions. Début mai, ParuVendu.fr a fait l'acquisition du site de petites annonces d'occasions, mondebarras.fr. Le directeur du site, et membre du comité de direction de Digital Virgo, Laurent Radix revient sur la stratégie digitale de la marque et sur ses orientations dans les années à venir.

Acteurs de l'économie - La Tribune. ParuVendu.fr vient de s'offrir le site de petites annonces d'occasion mondebarras.fr. Est-ce le début d'une nouvelle stratégie digitale avec un repositionnement de la marque ?

Laurent Radix. Il ne s'agit pas d'une logique de diversification puisque nous nous situons dans la même lignée. Nous sommes partis d'un constat : en France, ParuVendu se situe à la seconde place des sites de petites annonces avec 5,5 millions de vues par mois. Notre force se trouve dans l'immobilier et dans la voiture. Dans les deux cas nous occupons la troisième place des sites de petites annonces en France, derrière Se Loger, La Centrale ou leboncoin.

Mais nous sommes moins bien positionnés sur les bons plans et voulions rattraper ce retard sur les bonnes affaires. Pour exemple, il existe sur ParuVendu.fr 450 000 petites annonces dans cette section, quand mondebarras.fr en a 700 000. Avec ce rachat, nous avons cherché à combler une case.

Les deux sites seront-ils, à terme, amenés à fusionner ?

Dans un premier temps, nous allons laisser les deux marques subsister pour ne pas perturber les internautes. Puis nous allons opérer un glissement pour que mondebarras.fr devienne la rubrique bonnes affaires de ParuVendu, vers la rentrée 2016.

Outre le rachat de mondebarras.fr, et votre positionnement sur le marché des bonnes affaires, quelles sont aujourd'hui les principales orientations de ParuVendu.fr ?

Aller détrôner leboncoin. Plus sérieusement, prendre la deuxième place sur l'immobilier et la voiture. Et puis des innovations restent à faire sur le digital et le mobile. Le marché des petites annonces a toujours existé, et il est sans fin.

L'enjeu est de simplifier les démarches de l'utilisateur, tant pour la recherche que le dépôt. Cependant, en innovation, tout n'est pas toujours bon à prendre : la géo localisation n'a par exemple jamais marché.

Vous évoquez leboncoin, mais le site semble être loin devant, avec un chiffre d'affaires de 179 millions d'euros en 2015 contre 15 millions d'euros pour Digital Virgo Media. Est-il réellement possible de le concurrencer ?

Je ne vois pas pourquoi nous n'y arriverions pas. Nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros, pour un résultat net de 3 millions d'euros en 2015. Pour l'instant, 2016 est une année qui débute très bien puisque nous connaissons une progression à deux chiffres.

Sur les bonnes affaires, ils sont meilleurs. Mais les professionnels nous disent qu'ils établissent moins de contacts. Avec ParuVendu, nous souhaitons nous démarquer sur l'aspect qualitatif, et en amenant de la sécurité pour les utilisateurs.

Des parts de marché sont à prendre en amenant de la qualité aux internautes. Sur leboncoin, les arnaques découragent, le nombre d'appels peut être difficile à gérer, et il existe tant d'annonces qu'elles restent rarement plus d'une heure sur la page d'accueil, ce qui oblige à passer en mode payant.

ParuVendu.fr

Le nombre d'annonces postées sur ParuVendu.fr a doublé en un an, atteignant aujourd'hui 1,8 million.

Sur internet, les garanties de sécurité et de qualité sont plutôt difficiles à mettre en place. Comment faire pour respecter cet engagement ?

Pour les particuliers, tout est validé automatiquement. Mais pour certains cas, quand le prix est trop bas par rapport au produit par exemple, là nous validons l'annonce à la main. Par ailleurs, il est obligatoire d'inscrire à la fois le mail et le téléphone, que nous vérifions ensuite. Une quinzaine de personnes travaille à ce poste, ce qui crédibilise le site.

Le dépôt d'annonce pour les particuliers est aujourd'hui gratuit sur le site. Vous êtes pourtant visiblement rentables. Sur quels piliers repose le business model de ParuVendu.fr ?

Nos principaux revenus proviennent de la publicité sur le site, de nos partenaires (Sofinco, Cofidis, Axa) qui achètent des encarts publicitaires et dont les offres apparaissent dans le détail des petites annonces mais aussi des professionnels. Nous leur vendons des packs de petites annonces.

Le magazine que nous diffusons dans 66 villes françaises est aussi une source de revenus, qui n'était pas prévue dans le business plan de départ.

Vous n'aviez pas abandonné la version papier pour le 100 % digital lors du rachat de Paru Vendu en 2012, suite au dépôt de bilan de la Comareg ?

Avant ce rachat, en 2011, nous avions lancé un magazine composé uniquement de publicités, Max affaires, adressé uniquement dans les boîtes aux lettres. Nous pensions qu'il existait encore un marché local pour le print, mais qu'il n'était plus dans les petites annonces, qui se trouvent sur internet, ni dans le rédactionnel. Il se situait plutôt dans les offres commerciales.

C'est ce même magazine qui s'appelle aujourd'hui ParuVendu. Il est aujourd'hui distribué dans 66 villes, et nous prévoyons d'élargir le réseau à huit autres villes en 2016.

Un magazine de publicité dans la boite aux lettres. Le risque n'est pas qu'il soit jeté en même temps que toutes les autres publicités ?

Non, car nous avons cet avantage : la marque ParuVendu dont le poids reste encore très important. Il existe une vraie demande pour les annonceurs locaux. D'ailleurs, si cela n'avait pas été ParuVendu mais un site plus méconnu, je n'y serai jamais allé en 2012.

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