Descours & Cabaud s'adapte au contexte économique

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(Crédits : DR)
Descours & Cabaud, négociant lyonnais en produits pour le BTP et l'industrie pesant près de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, veut continuer à se développer malgré un marché de la construction sinistré en France. Par ailleurs, le groupe familial entend poursuivre ses acquisitions en Europe et aux Etats-Unis.

 Né dans la quincaillerie, il y a 232 ans, Descours & Cabaud (2,972 milliards de ventes consolidées 2013, à 84 % en France) est resté fidèle à ce métier. Toutefois, et plus que jamais dans une conjoncture mouvementée, et un effondrement des prix de l'acier qui se prolonge, le négociant lyonnais en produits techniques pour le BTP et l'industrie ne peut que se féliciter d'avoir recherché de nouvelles activités, au fil des années. Il en va ainsi de la gestion de l'eau (matériels d'arrosage et irrigation) dans les parcs et jardins.

Regroupé sous l'enseigne Hydralians, ce pôle que le groupe a commencé à constituer en 2005 lui assure 80 millions d'euros de revenus. Il s'y est encore renforcé, en mai dernier, avec l'acquisition de Irrigaronne sis à Agen et employant 85 collaborateurs. Il a également de l'appétit dans les EPI  (vêtements et équipements professionnels). « Nous sommes leader français dans la protection de l'homme au travail. Sur le marché du vêtement professionnel, nous avons un boulevard devant nous », a confié Alain Morvan, dg délégué, ce jeudi 3 juillet. Sans doute que parmi les dossiers d'acquisition que le groupe dit étudier aujourd'hui, figure un spécialiste du domaine. 

 400 postes supprimés en 2013

« Nous gardons toujours un volant de dettes moyen et long terme pour avoir sous la main les ressources nous permettant de réaliser rapidement des opérations de croissance externe. Le faible taux de ce type de prêts nous y incite aussi », avait indiqué quelques instants plus tôt Pierre de Limairac, qui a repris le 18 juillet 2013, les rênes du groupe familial après le décès brutal de Thibaut de Grandry. Pour autant, le ratio endettement net/capitaux de 35 % est plus que confortable. « Nous travaillons nos structures financières qui sont le viatique pour passer les périodes difficiles », a poursuivi le président.

De fait, en 2013, le chiffre d'affaires consolidé s'est érodé de 2,4 % mais le résultat d'exploitation s'est apprécié de 1,54 % à 70,34 millions. Pour abaisser ses charges, le groupe, qui compte aujourd'hui 11 681 salariés (9 845 en France et 1 836 à l'international), a supprimé 400 postes : arrêt de deux petites filiales, organisation plus centralisée de la logistiques, départs naturels non remplacés et départs volontaires.  « Il n'y aura pas de fermetures cette année. Nos résultats à fin juin nous y encouragent. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour continuer à nous développer malgré le contexte », ont assuré Pierre de Limairac et Alain Morvan.

 Du mieux en Espagne, en Italie..

En France, aucun retournement de conjoncture n'est attendu sur le front de la mise en chantier de logements neufs (passés de 437.000 en 2007 à 312.000 en mai 2014). Mais le négociant entend compenser, tout ou partie de ce déclin en ciblant la rénovation des bâtiments et leur accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, à la faveur des nouvelles normes. Quant à l'industrie, il s'est davantage positionné sur l'agroalimentaire, l'environnement et l'aéronautique,  pour atténuer l'atonie de la sidérurgie, en particulier. A l'étranger, l'horizon continue à se dégager en Espagne, dans l'industrie.

Les signaux sont encourageants aussi en Italie du Nord, en Belgique, en République Tchèque et Slovaquie. Au Pays-Bas, où la situation du bâtiment reste atone, Descours & Cabaud parie sur l'avenir et vient de porter à 100 % (38 % précédemment) sa participation dans Destil, leader dans la quincaillerie du bâtiment avec 100 millions de ventes 2013 et une logistique très performante. Il est confiant aux USA  même si la déflation sur les produits métallurgiques a été plus marquée encore qu'en Europe, en 2013. Il découvre le Canada où, en mars dernier, il est entré à 50 % (avec l'actionnaire historique) dans Acier Ouellette et Acier Campi. Mais les Brics (Brésil, Russie, Chine..) ne sont pas dans sa ligne de mire. Prudence oblige.  

 

 

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