Santé animale  : Boehringer Ingelheim vise la première place mondiale

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(Crédits : Boehringer Ingelheim)
Le groupe pharmaceutique allemand s'est hissé à la deuxième place en achetant le français Merial (Ex-Sanofi). Il veut croître deux fois plus vite que le marché. Face à l'inquiétude grandissante des consommateurs au sujet de l'utilisation des antibiotiques, Boehringer Ingelheim mise sur la prévention en concentrant ses efforts de R&D sur les vaccins et antiparasitaires.

L'allemand Boehringer Ingelheim (BI) ne se satisfera pas du titre de numéro deux mondial de la santé animale décroché en achetant le français Merial, ex-filiale de Sanofi, le 1er janvier 2017.  Conquérir la place de leader à l'américain Zoetis, telle est son ambition même s'il assure ne pas en faire une obsession.

Selon les chiffres donnés, le nouvel ensemble cumule 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur la base des exercices 2015 versus 4,4 milliards d'euros pour Zoetis. Il laisse entrevoir pour 2016 une croissance de ses ventes deux fois supérieure aux 5 % du marché. Derrière ces données, le challenger de la profession se positionne désormais comme le champion des vaccins et des antiparasitaires.

La prévention 50 % du marché

La prévention des maladies animales est précisément la carte maîtresse jouée par le groupe germanique pour faire évoluer le paradigme du marché.

"La prévention qui représente la moitié des ventes mondiales est au cœur de notre stratégie. Les antibiotiques assurent aujourd'hui 35 % du marché. Leur part doit diminuer pour contribuer à rétablir la confiance des consommateurs dans la viande", est convaincu Joachim Hasenmaier, directeur de la division santé animale de Boehringer.

"La qualité et la sécurité alimentaires plutôt que la quantité marqueront le futur de la demande dans les pays dont l'économie est mature. Cela prendra du temps ".

250 millions d'euros de produits cédés

Pour atteindre cet objectif, Erick Lelouche, président de BI Santé animale en France se félicite "d'une alliance de rêve" à propos de cette récente fusion. Il insiste sur la complémentarité des offres : BI à la première place du podium international sur les segments des porcs et chevaux et Merial, champion sur le créneau des animaux de compagnie et volailles.

Pour répondre aux préconisations des autorités de la concurrence européenne et américaine, le groupe cède un volume de produits équivalant à "250 millions d'euros de revenus. C'est 6 % seulement du chiffre d'affaires global", relativise Joachim Hasenmaier.  Et les arbitrages ont eu lieu dans l'un et l'autre des portefeuilles.

Création de 125 postes à Lyon

Le groupe pharmaceutique outre-Rhin insiste sur sa volonté de continuer à renforcer Merial, notamment en France où l'industriel est leader. Mais dans ce mariage, l'ex filiale de Sanofi perdra son nom au profit de son nouvel actionnaire incarnant "une réussite familiale à l'allemande et s'inscrivant dans le long terme"*.

Le processus de disparition de la marque sur les produits se fera sur deux ou trois ans au fil au fur et à mesure du renouvellement des AMM (autorisations de mise sur le marché).

Si le centre de décisions est désormais à Ingelheim, les fonctions dites supports et commerciales correspondant à Merial restent dans l'agglomération lyonnaise. Les 800 personnes de ce centre opérationnel seront regroupées dans un bâtiment flambant neuf de 14 000 mètres carrés dans le Biodistrict de Gerland, dès cet l'été. La partition avec Sanofi s'est même traduite par la création de "125 postes".

"Ce rapprochement s'est fait dans des conditions exceptionnelles", atteste Eric Lambert, secrétaire général de Merial.

Les 125 millions d'euros d'investissements sécurisés

Par ailleurs BI poursuit les 125 millions d'euros d'investissements lancés par Merial dans l'agglomération lyonnaise. Sur le site de porte des Alpes à Saint-Priest sont injectés 70 millions dans un nouveau bâtiment de R&D et 55 millions dans les équipements de production. A Lentilly, 15 millions sont consacrés au doublement de la capacité de mise sur forme pharmaceutique.


Quelques chiffres sur ce nouveau géant de la santé animal -
Le groupe a été fondé en 1885 par Albert Boehringer -
2,5 milliards de CA (Merial ; 1,3 de CA (BI) -
6 900 (Merial) ; 3 950 (BI) -
15 sites de production et 13 centres R&D (Merial) ; 4 sites de production et 3 centres de R&D (BI)

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Commentaires
a écrit le 19/01/2017 à 15:45 :
Santé commerciale donc pas santé réelle.

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