O.Claris : "les HCL peuvent obtenir des crédits supplémentaires"

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Photo dans la boite mail jb (Crédits : DR)
Olivier Claris, le président de la Commission Médicale d'Etablissement (CME), et chef du service de néonatologie et réanimation à l'hôpital Femme Mère enfant de Lyon, juge intenable le doublement de l'effort d'efficience demandé aux Hospices Civils de Lyon pour les trois années qui viennent.

Acteurs de l'économie-La Tribune  : Le 29 juin dernier les membres de la CME que vous présidée ont rejeté, à une très large majorité, le projet de budget des HCL pour 2015. Vous interpellez les pouvoirs publics une nouvelle fois dans une tribune sur le monde.fr signés, ce 7 juillet, par 29 chefs de service et praticiens hospitaliers lyonnais. La direction générale soutient votre action. Expliquez nous ?

Olivier Claris : En 2008, et pour rappel, le déficit des HCL s'élevait à 96 millions d'euros. L'Institution a entrepris un certain nombre de restructurations en vue d'un retour à l'équilibre. Pour ce faire un effort d'efficience annuelle de 20 millions d'euros a été consenti pendant six ans. Il nous est demandé maintenant de le porter à 40 millions d'euros pendant trois ans, pour faire face à une baisse des recettes liée, en particulier, à l'ONDAM (objectif national des dépenses d'assurance maladie) et éviter le rebond du déficit. Doubler cet effort n'est pas possible.

Nous voulons appuyer les demandes d'accompagnement présentées par la direction générale aux pouvoirs publics,  par notre action. Les membres de la CME sont élus. Ils ont toute légitimité à se prononcer sur un certain nombre de décisions. Il en va de la qualité des soins et de l'attractivité de l'hôpital public.

Au plan social, de nouvelles suppressions d'emplois sont dénoncées par les organisations syndicales. La poursuite de ces réductions d'effectifs, qui ne concernent pas le personnel médical, est elle tenable ?

Ces six dernières années, 1000 postes ont disparu. Le chiffre de 129 ETP est annoncé cette année. Je ne suis ni pour ni contre, a priori. Il faut être pragmatique et évaluer, au préalable, l'impact car cela ne doit pas affecter le fonctionnement réel des services. Quant aux effectifs médicaux, certes ils n'ont pas baissé mais ils ont stagné.

Cette question du retour à l'équilibre initialement fixé en 2013, et désormais repoussé d'année en année, semble un serpent de mer. Ne faut il pas changer le modèle économique des CHU dont le financement n'est peut-être pas adapté à leurs trois vocations : soins, recherche et enseignement ?

Oui, nous demandons un changement du modèle économique. Il faut revoir la T2A (tarification à l'activité) et une réforme est à l'étude mais je ne sais pas quelle place sera donnée au corps médical pour que notre vision soit prise en compte. Par ailleurs, il faut poser les vraies questions quant à la carte de l'offre en matière de soins hospitaliers à l'échelle du territoire. Sur ce point,  il faudrait que élus politiques ne tiennent pas des discours différents selon qu'ils sont dans leur mairie ou à l'assemblée nationale.

Quelle suite allez vous donner à votre prise de parole publique ?

Nous avons sollicité un rendez-vous auprès de la directrice de l'ARS (Agence régionale de la santé) de Lyon, cet été. Soit elle est attentive à nos arguments soit elle ne voit pas la possibilité d'agir et alors, nous demanderons à être reçus au Ministère de la santé. L'ARS a parfaitement la capacité à obtenir des crédits supplémentaires pour accompagner les efforts de l'Institution.

Un CHU de la taille des HCL, le deuxième de France,  n'est-ce pas un mammouth impossible à gérer ?

C'est difficile d'être aussi gros. Toutefois, c'est globalement gérable. Et deux CHU à Lyon, ce n'est pas pensable.

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