Les salariés d'Euronews interpellent la Commission européenne

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Toujours inquiets quant aux perspectives d'avenir de leur chaîne, les salariés d'Euronews ont envoyé le 3 février, un courrier au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker afin d'obtenir un soutien et de "les aider à sauvegarder notre chaîne et les valeurs européennes qu'elle a toujours véhiculées".

Dans une lettre adressée le 3 février à Jean-Claude Juncker qu'Acteurs de l'économie-La Tribune a pu obtenir, "les salariés d'Euronews, le comité d'entreprise, les délégués du personnel, le comité d'hygiène, sécurité et conditions de travail, et les syndicats CFDT, CFE/CGC, CGT, SNJ", attendaient une rencontre ou du moins un soutien du président de la Commission européenne quant à leur « inquiétude qui ne fait qu'augmenter" ces derniers mois en raison du plan de restructuration de l'entreprise prévu par la direction et à l'avenir de la chaîne. Ils devront se satisfaire d'un courrier d'Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne.

Ils écrivent craindre "une potentielle perte définitive de notre mission d'intérêt public européen, ce à quoi nous nous opposons, devient une véritable préoccupation pour nous tous".

Sur trois pages, les salariés détaillent les différents points d'inquiétudes concernant "la suppression de l'équipe ukrainienne, la réduction des services en langue farsi et arabe, et l'édition turque qui risque d'être supprimée".

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« Inquiétudes prises au sérieux »

Ils demandent ainsi de "réaffirmer avec force et clarté votre présence (de Jean-Claude Juncker, NDLR] à nos côtés" égrainant quatre points clés fondamentaux à leurs yeux : "Garantir et pérenniser un futur économiquement viable et cohérent avec un engagement financier pluriannuel ; défendre les valeurs, les idées et les ambitions du projet Euronews ; renforcer le pluralisme de l'information dans le monde ; assurer notre mission principale d'intérêt public : l'information européenne."

Dans sa réponse datée du 10 février, Andrus Ansip affirme prendre les inquiétudes des salariés "très au sérieux" et tient d'abord à rappeler qu'"Euronews a toujours été et demeure un radiodiffuseur privé et que la Commission ne tient aucun rôle formel dans les décisions relatives au personnel, à la gestion de la chaîne ou à sa ligne éditoriale". La Commission a tout de même financé l'installation du bureau de la chaîne à Bruxelles, la production de programmes et des services multilinguistiques.

« Pas d'effets négatifs sur l'emploi »

Avec l'arrivée probable d'NBC Universal au capital de la chaîne annoncée pour la fin de l'année 2016 mais dont les négociations ont finalement été retardées, les salariés "craignent ainsi que notre chaîne ne se transforme en une télévision purement commerciale, en perdant de vue les nobles buts : construire une opinion publique européenne".

Ce à quoi Andrus Ansip répond : "La Commission est actuellement en train d'étudier le nouvel accord stratégique entre la chaîne et NBC Universal et notamment les effets que ce nouveau partenariat est susceptible d'avoir sur l'indépendance d'Euronews, sa liberté éditoriale ainsi que sur la perspective européenne." Ajoutant que la Commission, qui se dit "confiante", a reçu "la confirmation de la direction d'Euronews que l'accord n'aura pas d'implications négatives sur l'emploi au sein de la chaîne".

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Et "encourage" les radiodiffuseurs de service public européens à continuer à soutenir activement Euronews.

Le vice-président indique également que la Commission a décidé de renouveler son soutien financier à la chaîne en 2017 et est en train de négocier la signature du prochain accord bilatéral de partenariat.

"Un accord qui aurait dû être signé pour une durée de trois ans à l'origine comme cela a été le cas à chaque fois mais a finalement été revu face aux événements", indique une source interne.

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