Clinatec : 30 millions d'euros pour un centre de recherche du futur

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Le centre de recherche biomédicale Clinatec au coeur du CEA de Grenoble
Le centre de recherche biomédicale Clinatec au coeur du CEA de Grenoble (Crédits : Andrea Aubert)
Le centre biomédicale grenoblois Clinatec a lancé une campagne de collecte de fonds de 30 millions d'euros afin de financer un centre de recherche du futur. Fin juin 2016, il devrait déjà franchir la barre des 10 millions d'euros de dons.

Un tétraplégique qui marche à nouveau. Cette fiction pourrait devenir réalité grâce au projet Brain Computer Interface (BCI) de Clinatec. Depuis 10 ans, le centre de recherche travaille sur un robot exosquelette de suppléance fonctionnelle qui serait mentalement piloté par un micro-capteur implanté dans le cerveau humain. Il a reçu, fin décembre 2015, l'autorisation de rentrer en recherche clinique.

Clinatec est né de l'association des compétences du professeur en neurologie Alim-Louis Benabid, reconnu pour ses travaux sur la stimulation cérébrale profonde chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, et de l'obstination de Jean Therme, directeur de la recherche technologique au CEA de Grenoble.

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Installé sur 6 500 m² au cœur du CEA, Clinatec (soutenu par le CEA, mais aussi l'Inserm, le CHU de Grenoble Alpes et l'Université Grenoble Alpes) n'est pas un centre de recherche traditionnel. Il a la particularité de rassembler une centaine de collaborateurs pluridisciplinaires en un seul lieu.

"Chez Clinatec, chercheurs mais aussi technologues, ingénieurs en micro-électronique, micro-fréquence, packaging médical et robotique, neuro-chirurgiens, cogniticiens... mettent leurs compétences au service de l'innovation de la santé. Sans oublier la finalité humaine : que nos patients vivent un peu, sinon mieux", résume Jean Therme, co-fondateur de Clinatec.

Innovations

L'autre spécificité du centre, c'est sa clinique de six lits avec un bloc opératoire intégré composé d'équipements rares, comme un IRM utilisable pendant une opération donnant un résultat immédiat. Des équipements et des équipes triés sur le volet, pouvant ainsi multiplier les projets.

Exosquelette de Clinatec

L'illustration du projet BCI (crédits Clinatec)

En effet, le BCI n'est pas le seul projet du centre de recherche. Il travaille aussi sur un nouvel outil biomédical d'empreinte moléculaire qui rend le diagnostic médical plus rapide ou le Near Infra Red (NIR), un système de neuro-protection créé à partir de la lumière infrarouge. Il stopperait la dégénérescence neuronale chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

"La lumière infrarouge a des propriétés guérisseuses. Si nous arrivons à bloquer la maladie en conservant 30 % des neurones du patient, il peut encore vivre. Notre objectif c'est d'apporter plus vite les innovations technologiques au lit du patient", assure le professeur Alim-Louis Benabid, président de Clinatec.

30 millions d'euros en 2018

Mais ces recherches lourdes nécessitent de gros investissements. Clinatec estime avoir besoin de 30 millions d'euros et s'est donné jusqu'en 2018 pour les récolter.

En 2014, le centre a mis en place un fond CEA de dotation. Il s'est aussi adjoint les services d'un comité de campagne pour lancer son opération de mécénat. Présidé par Alain Mérieux, président de l'Institut Mérieux, ce comité est constitué de "15 grands noms du monde économique et philanthropique" comme le souligne le centre de recherche.

On y retrouve la Fondation Edmond J. Safra (soutient depuis la création), mais aussi Geneviève Fioraso, députée de l'Isère, ancienne ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Andrea Cuomo, vice-président executif de ST Microelectronics ou Olivier Laureau, président du Groupe Servier.

"Fin 2015, la fondation Edmond J. Safra nous promettait cinq millions d'euros mais à condition de réunir la même somme avant la fin du mois de juin 2016. Nous sommes en passe de réussir ce pari et d'atteindre les dix millions d'euros", annonce Thierry Bosc, directeur de la campagne.

Ce 2 juin, devant un parterre de donateurs potentiels - des clients sensibles aux actions de solidarités du Crédit Agricole Centre-Est - Clinatec, qui espère atteindre 50 % de son objectif final avant la fin de l'année, poursuivait son opération séduction auprès des mécènes lyonnais avant d'aller en Suisse ou aux Etats-Unis.

S'il a déjà réussi à convaincre le Crédit Agricole Sud-Rhône-Alpes, autre membre du comité de campagne, il pourrait bien récidiver avec le Crédit Agricole Centre-Est, dont le directeur général, Raphaël Appert, s'est publiquement engagé à abonder à hauteur de l'investissement des clients de sa zone.

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