Spartoo va ouvrir sa première boutique physique

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(Crédits : DR)
Le site internet grenoblois de vente de chaussures Spartoo (200 salariés ; 130 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014) inaugure jeudi sa première boutique "connectée" dans le centre ville de Grenoble. La marque s'inscrit dans une nouvelle tendance de "cross canal" poursuivie par les géants du e-commerce.

Présent uniquement en ligne depuis sa création en 2006, l'un des leaders de la vente de chaussures en ligne, Spartoo, s'embarque dans une nouvelle stratégie avec l'implantation de son premier magasin physique dans le centre de Grenoble. L'objectif ? Offrir à la fois une vitrine pour la marque, mais aussi un espace abolissant les frontières entre pure-player et boutique traditionnelle. "Aujourd'hui, il n'y a plus de frontière entre le commerce physique et le commerce en ligne", estime Boris Saragaglia, PDG de Spartoo.

Une démarche client mixte

Pour son directeur commercial, Jérôme Chevat, Spartoo prend le contrepied de la tendance actuelle, pour déployer une stratégie "cross canal" s'adaptant aux besoins de ses clients : "Aujourd'hui, la démarche client n'est plus uniquement en ligne ou uniquement en boutique, mais les deux à la fois", souligne-t-il. Car la concurrence est aussi de plus en plus rude sur le marché de la chaussure en ligne, qui représenterait près de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires, d'après les estimations du magazine Capital. Avec, comme concurrence directe, des géants comme Sarenza (150 millions d'euros de chiffre d'affaires) et l'allemand Zalando (1,7 milliards d'euros dont 300 millions estimés en France). Les trois marques représenteraient à elles seules 40% des ventes.

Un magasin "connecté"

Alors pour convaincre les internautes de sauter le pas et d'acheter en ligne, quoi de mieux qu'un magasin vitrine ? Sans compter que Spartoo a pensé à tout pour maximiser les fonctions de cette boutique de 85m2 qui ouvrira fin mars rue de Sault, à Grenoble, avec quatre salariés. Notamment en faisant appel aux nouvelles technologies pour rendre ce magasin plus "connecté" : pour s'adapter à un espace physique nécessairement contraint et limité, l'usage d'écrans permettra à Spartoo d'offrir des services à valeur ajoutée, comme la consultation de catalogues en ligne à partir d'une grande tablette centrale, ou un retour sans frais des achats effectués sur internet en boutique, ou encore, à moyen terme, un encaissement sur mobile. Des QR codes permettront de consulter les fiches techniques des produits, tandis qu'une grande vitrine sera digitalisée permettra à Spartoo d'adapter ses messages en permanence.

Reste que la boutique devra faire des choix : "Nous ferons le maximum pour présenter près de 500 modèles (sur une réserve de 70 000) issus d'une cinquantaine de marques", précise Jérôme Chevat, qui souligne que l'offre sera concentrée sur les chaussures à destination des adultes, avec, en marge, de la maroquinerie, pour une gamme de prix allant de 29 euros à plus de 180 euros.

Une stratégie qui pourrait lui permettre non seulement de séduire les nouvelles générations accro de high-tech, mais aussi de réduire ses frais fixes, en proposant plus de services sur une petite surface ainsi que des ponts logistiques avec son site internet.

Des visées nationales

En investissant près d'un million d'euros sur ce magasin pilote, "l'idée est de tester le concept et d'avoir une rentabilité dès la première année en vue de pouvoir ensuite déployer le concept dans d'autres villes", indique le directeur commercial. L'objectif ? Parvenir à un maillage de 50 magasins à travers l'hexagone d'ici trois ans.

Pour doper son expansion, Spartoo s'était même associée en début d'année à Eram pour soumettre une offre de reprise concernant les 75 magasins de la marque Bata, placée en liquiditaton judiciaire. Mais l'ancien dirigeant du groupe lui a été préféré, ce que Boris Saragaglia considère comme "un hold-up" : "L'offre qui a été retenue est financée par l'actionnaire qui vient de déposer le bilan. Il y a la loi et la morale", estimait-il. Qu'à cela ne tienne, le groupe compte bien continuer sur ses prévisions et ne s'interdira rien, que ce soit des emplacements en centre-ville ou en centre commercial.

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