Usine du futur : comment Air Liquide pilote ses sites à distance

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(Crédits : PE Rastoin)
Le numéro un mondial des gaz industriels vient d'inaugurer à Saint-Priest son centre d'opération et d'optimisation à distance de ses usines françaises. Depuis cette tour de contrôle, Air Liquide peut piloter et adapter le niveau de production des usines, selon la demande des clients. L'objectif : gagner en efficacité et en compétitivité.

Face au mur d'écrans et à la dizaine d'ordinateurs autour, on se croirait en plein cœur de la salle des marchés de la bourse de Wall Street. Cependant, dans la pièce, l'ambiance est plus calme. Surtout les chiffres et graphiques n'indiquent pas la hausse ou la baisse des valeurs boursières mais plutôt la consommation énergétique des usines d'Air Liquide en France. Dans cette tour de contrôle, installée à Saint-Priest, le numéro un mondial des gaz industriels vient d'installer son centre d'opération et d'optimisation de ses sites à distance. Une première dans le secteur.

"Le mode de pilotage, développé en interne, est également unique, précise Souhel Bousta, chef de projet Connect. Dans ce centre, on ne retrouve pas une exacte réplique de ce qui se trouve dans la salle de contrôle sur site. Il ne s'agit pas d'une duplication à distance, mais d'une couche d'optimisation supplémentaire."

22 usines

Depuis le site de Saint-Priest, il sera possible de remodéliser la marche et les caractéristiques des machines sur une usine. Le système permet de déterminer le mode de fonctionnement le plus adapté à la consommation instantanée des clients d'Air Liquide en proposant la meilleure configuration par rapport à ce nouveau mode de marche. "Nous donnons donc le levier au centre pour amener les machines au réglage optimum", explique Souhel Bousta.

Grâce au centre de pilotage à distance, basé sur le big data, les usines peuvent être arrêtées ou redémarrées, la production de l'azote, l'argon ou l'oxygène peut être augmentée ou diminuée. La gestion des données permet également une maintenance prédictive des machines, grâce au développement d'algorithmes qui permettent d'identifier des signaux faibles, grâce à l'observation de données historiques. Alors que les usines d'Air Liquide sont automatisées depuis une trentaine d'années, la mise en place de ce centre permet de franchir une nouvelle étape.

Un modèle qui doit être par la suite déployé à l'ensemble des usines du groupe à l'étranger. "Nous avons toujours eu cette ambition. Nous devons capitaliser sur cette expérience acquise."

20 millions d'euros d'investissements

Aujourd'hui, une vingtaine de personnes travaillent sur le site, une trentaine d'ici la fin d'année 2017. Quatre usines ont pour l'instant été raccordées au centre d'opération à distance. L'ensemble des 22 sites d'Air Liquide en France devraient l'être pour mi-2018. Cette démarche s'inscrit dans un projet plus vaste mené par le spécialiste des gaz industriels depuis deux ans. Nommé Connect, cette politique d'innovation volontariste vise à une transformation numérique plus globale du groupe.

"Les technologies du numérique sont plus accessibles, nous ne pouvons pas passer à côté au risque de perdre en compétitivité. Ce sont de nouveaux leviers d'efficacité", souligne Souhel Bousta.

Dans le cadre de ce projet, des tablettes tactiles ou des tutoriels vidéo font également leur arrivée dans les usines. "Les métiers des techniciens évoluent pour que l'usine gagne en efficacité et en fiabilité. Avec des documents électroniques, ils ne sont plus obligés de réaliser une double saisie des éléments." L'ensemble de ces mutations - la mise en place du site de Saint-Priest et l'équipement des collaborateurs - représente un investissement de 20 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 09/02/2017 à 20:44 :
Toute les nouvelles usines depuis les années 90 sont sur informatique, alors elles peuvent être contrôlé à distance car elles sont déjà géré dans une salle de contrôle, le faire du bout du monde prend juste le lien et le mot de passe pour entrer dans l'ordinateur de contrôle de chaque usine.
a écrit le 07/02/2017 à 19:36 :
Je te parie même que nos onéreux Parisiens pensent qu'il existe encore des gardiens de phare... Pauvres bêtes.

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