Volvo group veut vendre sa filiale Renault Trucks Défense

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(Crédits : Renault Trucks Defense)
Le groupe Volvo a annoncé ce vendredi vouloir se séparer de ses activités défense, qui comporte notamment la filiale Renault Trucks défense. L'entreprise affichait en 2015 un bilan satisfaisant et un carnet de commandes rempli permettant d'envisager un doublement du chiffre d'affaires d'ici 2018-2019. Environ 1000 emplois pourraient être menacés, dont une centaine à Lyon.

Selon un communiqué envoyé ce vendredi matin, le groupe Volvo veut vendre sa branche Governement Sales, qui regroupe ses activités dans le domaine de la défense essentiellement en France (Panhard, Acmat), et surtout la filiale Renault Trucks Defense (RTD). Les syndicats ont officiellement appris cette nouvelle lors des CCE de Renault Trucks et de Renault Trucks Défense, ce 4 novembre.

"Government sales a construit une position très solide au cours des dernières années, avec un développement positif et un carnet de commandes record. Il y a de grandes opportunités pour faire croître davantage. Cependant, nous croyons qu'un nouveau propriétaire pourrait être mieux placé pour mener l'entreprise à un niveau supérieur de business. Par conséquent, nous avons l'intention de commencer les préparatifs pour céder l'entreprise", explique Jan Gurander, Deputy CEO and CFO de Volvo Group, dans un communiqué.

Alors que le repreneur n'est pas encore connu, la CFE-CGC ne veut pas que "cette vente se fasse à des fonds de pensions ou des investisseurs étrangers [...]. Il est nécessaire d'adosser Renault Trucks Défense à un véritable industriel de l'armement propre à assurer la pérennité du business et des emplois et à garder en France la maîtrise de cette activité". Et regrette le mariage échoué deux ans auparavant avec Nexter

De source syndicale, cette vente pourrait connaitre "un processus relativement long, d'une année, notamment car la Direction générale de l'armement (DGA) devrait avoir un regard particulier sur le dossier".

Plus de 1 000 emplois concernés

Selon Eric Freyburger, délégué syndical central CFE-CGC, "cette vente pourrait conduire à la suppression de plus de 100 emplois directs sur le site de Lyon (site de R&D et logistique, NDLR), en incluant l'activité logistique gérée par le magasin pièce de rechange, les études, les consultants de l'informatique".

RTD emploie environ 1 000 salariés en France, plus 500 temporaires. L'ensemble des effectifs est reparti sur six autres sites en plus de celui de Lyon (Versailles pour R&D et cinq sites industriels : Limoges, Fourchambault, Saint-Nazaire, Marolles-en-Hurepoix et Saint-Germain-Laval).

Des suppressions potentielles d'emplois qui se rajouteraient aux deux PSE qui ont touché les sites de Lyon-Vénissieux ces dernières années, cœur de l'activité française de Renault Trucks France. Ils regroupent 3 920 salariés en CDI, sur les 7 200 salariés de Renault Trucks France (contre 9 853 fin 2011). "Cette vente affaiblira encore davantage la plateforme lyonnaise", souligne Eric Freyburger

Le représentant syndical redoute également qu'une "restructuration industrielle suive cette vente avec à la clé la fermeture de sites, déstabilisant l'activité et provoquant des retards pour les clients de RTD".

Bonne santé financière

Cette mise en vente interroge les syndicats au vu de la bonne santé de la branche défense, et plus généralement de celle du groupe. "Renault Trucks Défense (RTD) a un bon carnet de commandes et fait 500 millions de chiffre d'affaires", rappel le communiqué CFE-CGC. En effet, RTD a effectué une année 2015 remarquable à l'export :

 "L'année 2015 a été faste et l'année à venir se montre très intéressante en termes de conclusion de contrats", soulignait devant les députés de la commission de la défense de l'Assemblée nationale le président de Volvo Group Governmental Sales et PDG de Renault Trucks Defense et Panhard, Emmanuel Levacher, en février 2016, et relayé dans La Tribune.

Lire aussi : Renault Trucks Defense a cartonné à l'exportation en 2015

Il ajoutait également :

"Compte tenu de nos carnets de commandes, nous nous situons dans une trajectoire de doublement de notre chiffre d'affaires d'ici à 2018-2019, ce qui nous permettra d'atteindre une taille suffisante pour développer de nouveaux produits et continuer à mener une gestion saine", expliquait alors Emmanuel Levacher.

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a écrit le 08/11/2016 à 16:15 :
La CGC n'a pas tort le rachat par Nexter aurait du sens. Les programmes VBCI et Ebmr seraient facilités.
Personne n'est dupe de ce que le vendeur embelli RTD mais le programme EBMR est un élément solide de valorisation de la société.
La CGT soutiendra un tel projet s'il offre les garanties propres à assurer le développement industriel et social du nouvel ensemble en assurant une meilleure performance auprès du ministère de la défense
a écrit le 04/11/2016 à 18:03 :
C'est incroyable ,tout va trés bien à les entendre et ils vendent .On ne vend jamais une entreprise saine qui fait des profits sauf si un acheteur potentiel vient et surrencherit !Il y a anguille sous roche et les perspectives ne sont pas si bonnes qu'il y parrait !Volvo a empéché Renault Truck de signer avec la Russie un contrat juteux sur la fourniture de moteur diesel suite à la crise en Ukraine ....
Réponse de le 05/11/2016 à 4:26 :
"On ne vend jamais une entreprise saine qui fait des profits "
Faux. Dans ma boite, on vend des filiales qui se portent bien en cas de changement de stratégie commerciale. Ce qui est courant de nos jours car il faut s'adapter très vite aux marchés.
a écrit le 04/11/2016 à 17:24 :
Ce groupe industriel ne perds pas d'argent actuellement, mais ils ne fonctionna pas vraiment, car en Europe les carnet de commande ne sont pas vraiment remplis, surtours que s'est derniere Annee , l'armement terrestre à été à la peine.... Ils manque une diversification des productions, avec une abcence dans les grands programmes d'armement nationaux, véhicule de remplacement de VAB, de la VLTT P4, du char le léger ERC.... Donc Volvo çe sépare de ce groupe avant de perdre de l'argent.... Reste au groupe italien, allemand d'acquérir ce groupe en complément de leur industrie.
a écrit le 04/11/2016 à 14:13 :
Vu qu'ils sont assurés d'avoir des commandes et si ils osaient l'autogestion ?
a écrit le 04/11/2016 à 13:12 :
Il reste à notre vaillante armée le slip français !

Ah bon? même pas....
a écrit le 04/11/2016 à 12:24 :
Et voila encore un syndicat qui pleure maintenant.... Manquerait plus que la CFDT s'y mette aussi.
Ce sont les effet de bord de la loi dit travail.... merci à vous de n'avoir pas refusé cette loi.

Reste à espérer que l'état va se mettre au travail car par les temps qui courent il est important de savoir garder un tissus industriel en france (pas gagner si on pense a florenge et à l'épisode Alsthom).
Second point, est il raisonable que l'état laisse sa filiére armement se déagreger comme cela?

Quand au groupe VOLVO.... il ne faut pas oublier que le suedois est sournois
Réponse de le 04/11/2016 à 18:07 :
En quoi la loi travail, les syndicats et je ne sais quoi d'autres sont responsables du choix de Volvo?... C'est du n'importe quoi...
Bon il est vrai que votre dernière tirade donne une bonne indication de votre niveau...
Nul
a écrit le 04/11/2016 à 11:41 :
ça serait marrant que les russes ou les chinois rachètent la filiale...
Réponse de le 04/11/2016 à 13:54 :
Au meme titre que S.T.X
Réponse de le 05/11/2016 à 12:15 :
Dans vos rêves ?

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