Amoéba veut révolutionner le traitement biologique de l'eau

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Unité de production, usine Amoéba
Unité de production, usine Amoéba (Crédits : Aurélie Raisin Photographies)
Amoéba, producteur de biocide biologique, un produit capable d'éliminer le risque bactérien de l'eau sans intervention chimique, inaugure son unité de production située à Chassieu (Rhône). Un site industriel qui a pour vocation d'alimenter un réseau de distributeurs européens, après obtention de l'autorisation de mise sur le marché, dès janvier 2017. Le potentiel mondial du marché est énorme : plus de 21 milliards d'euros.

Après une longue phase d'incubation, huit années de tests cumulés en milieu industriel, une introduction en bourse sur le marché d'Euronext à Paris en 2015 et une levée de fonds en mai 2016, soit un total de 27,9 millions d'euros levés, Amoéba rentre en phase de production industrielle.

Dans son usine de Chassieu, deux bioréacteurs de 500 litres, complétés par une unité de conditionnement, fabriquent jusqu'à 100 m3 par an de Biomeba, une amibe non génétiquement modifiée, prédateur naturel de légionelles, de bactéries pathogènes et d'amibes libres.

Un biocide biologique

A l'origine, le Willaertia magna, une amibe naturellement présente dans l'eau qui fait office d'agent désinfectant. Initialement isolée des eaux thermales d'Aix-les-Bains (Savoie), elle fait l'objet de nombreuses publications scientifiques, notamment à l'Université Claude Bernard de Lyon auprès de laquelle Fabrice Plasson, co-fondateur d'Amoéba, acquiert la licence d'utilisation de cette technologie brevetée.

L'homme veut s'attaquer au marché mondial du traitement de l'eau avec une technologie de substitution aux procédés chimiques actuels.

"Ce biocide biologique made in France ne présente aucune classe de danger pour l'homme et l'environnement. C'est une innovation de rupture écologique, la seule réellement efficace pour lutter contre les bactéries présentes dans l'eau comme la légionelle ou la listeria", souligne Fabrice Plasson, le président d'Amoéba.

Simple d'utilisation, le biocide se présente dans une armoire de dosage prête à l'emploi. Il suffit de l'installer à la place du biocide chimique. Cette opération est réalisée par un installateur (le distributeur), cible principale d'Amoéba.

Un marché potentiel de 21 milliards d'euros

Le marché mondial des biocides chimiques est estimé à 21 milliards d'euros. Pour accélérer la pénétration de ce marché, Amoéba a choisi de se concentrer sur le segment des tours aéro réfrigérantes (de grandes tours près des usines destinées à traiter les eaux usées), évalué à 1,7 milliard d'euros

"C'est un produit premium. Mais nos tests démontrent qu'il n'est pas corrosif pour les tours. On peut augmenter de 20 % leur durée d'exploitation", poursuit Fabrice Plasson.

Amoéba travaille sur d'autres projets pour profiter de cette manne financière : eau chaude sanitaire sur le marché des hôtels et campings, marché des eaux de boisson et de papeterie.

"Nous travaillons sur quelques pilotes mais pour le moment rien n'est définitif", souligne le président.

Ambitions nord-américaines

L'usine de Chassieu (investissement de 8 millions d'euros, dont 2,5 millions d'euros pour l'unité de production, 40 salariés), doit servir, dans un premier temps, les ambitions européennes d'Amoeba.

Avec une capacité actuelle de production de 100 m3/an, l'usine française pourra couvrir 16% des besoins en biocide de l'Union européenne. Le réseau nord-américain sera, quant à lui, servit depuis une petite unité de production jumelle à l'entité française, basée à Montréal.

"Les autorités américaines ont pris conscience du risque de légionelle, désormais inscrit dans la loi fédérale, ce qui ouvre de nouvelles perspectives. Mais les potentialités sont mondiales. Le marché chinois est aussi intéressant, devenu sensible aux risques environnementaux", explique Fabrice Plasson.

En attendant l'autorisation définitive de mise sur le marché, Amoéba dispose de plusieurs accords "d'intentions" avec de multiples pays, dont un accord exclusif pour la France signé depuis 2013. Première commercialisation : début 2017.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2016 à 18:07 :
"tours aéro réfrigérantes (de grandes tours près des usines destinées à traiter les eaux usées),"

bonsoir, je ne pense pas que les tar servent à ça.

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