Ecopla veut (toujours) devenir une Scop

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(Crédits : Photo Ulule Ecopla)
Le tribunal de commerce de Grenoble a choisi l’italien Cuki comme repreneur d’Ecopla. Les anciens salariés de l’entreprise de fabrication de barquettes ont fait appel de cette décision dans l’espoir de faire d’Ecopla une Scop. Le tribunal de commerce rendra sa décision fin août, début septembre, après avoir entendu les anciens salariés ce lundi.

>> Article actualisé le 18 / 07 / 2016 à 16h30

Ils sont déterminés à conserver leur outil de travail. Le 24 juin, 26 anciens salariés de l'usine de fabrication de barquettes de Saint-Vincent-de-Mercuze, Ecopla, qui avaient monté un dossier pour reprendre l'entreprise sous la forme d'une Scop, ont décidé de faire appel de la décision rendue par le tribunal de commerce de Grenoble.

Une dizaine de jours plus tôt, ce dernier avait donné sa préférence à Cuki, leur concurrent italien. Celui-ci rachète l'outil de travail pour 1,5 million d'euros. Une décision que ne comprend toujours pas Christophe Chevalier, délégué syndical CGT :

"Notre projet était viable, mais le tribunal lui a préféré un projet de finance."

Mais le tribunal a refusé leur dossier, la priorité étant donnée au remboursement des créances. Placé en liquidation judiciaire depuis mars 2016, Ecopla doit faire face à un déficit de 5 millions d'euros.

Engagement

Épaulés par l'Union Régionale des Scop, ces anciens salariés avaient pourtant réussi à réunir les 2,3 millions d'euros nécessaires au fonctionnement de l'entreprise. "Nous avons reçu des accords des banques, ainsi que 400 000 euros de la part de la préfecture", détaille Christophe Chevalier. Une campagne de crowdfunding, lancée en mai, a également permis de récolter 55 000 euros.

Leur business plan prévoit l'embauche de 50 personnes au bout de trois ans, 66 au bout de cinq ans. Ils estiment leur chiffre d'affaires à 6 millions d'euros en cinq ans.

Mais le projet est-il viable ? "Oui", affirme Christophe Chevalier. "Nous avons des lettres de certains de nos clients, qui s'engagent à passer commande auprès d'Ecopla si l'activité est relancée."

Pétition

Le jugement en appel s'est tenu ce 18 juillet, mais la décision du tribunal de commerce de Grenoble a été mise en délibéré à la fin du mois d'août, début du mois de septembre. Une date doit encore être fixée.

"Si c'est le même juge qui auditionne notre dossier, nous avons du mal à comprendre comment il pourrait se désavouer. Le seul élément qui pourrait jouer en notre faveur est que finalement le repreneur ne puisse pas mettre les 1,5 million", estimait Christophe Chevalier, avant le passage en appel.

En parallèle, une pétition a également été lancée sur internet, via la plateforme change.org, pour soutenir l'action des ex-Ecopla. Elle réunit à ce jour 3 046 signatures.

Savoir-faire

L'appel n'étant pas suspensif, la décision du tribunal de commerce pourrait être appliquée rapidement. Les salariés verraient alors partir leur outil de travail en Italie, comme l'explique Christophe Chevalier :

"on représente un savoir-faire français depuis près de 60 ans. On a fabriqué les outils ici, que d'autres n'ont pas. Ce savoir-faire va partir et on ne pourra pas faire marche arrière."

Alors, pour ce monteur-régleur, si les outils de production partent en Italie, "c'est fini."

Les anciens salariés disent avoir tout essayé. Leurs lettres au gouvernement et au procureur de la République sont restées sans réponse. "A priori, tout le monde nous soutient. Mais nous sommes face à un manque d'action."

Pour l'Union régionale des Scop "l'enjeu est clairement de ne pas perdre une fois de plus une entreprise industrielle."

Impossible ?

Pour l'heure, aucune décision n'a été prise quant au devenir du projet si les anciens salariés perdent en appel. "Nous verrons à ce moment-là, et nous voterons", explique Christophe Chevalier. "Mais on nous avait dit que récolter 50 000 euros sur Ulule était impossible, or nous l'avons fait, et nous l'avons même dépassé. Alors pourquoi pas ?". Réponse ce lundi.

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Commentaires
a écrit le 18/07/2016 à 17:58 :
Et j'espère vraiment pour eux que cela sera le cas l'économie, c'est la meilleure gestion qu'il soit.

Merci beaucoup pour cet article.

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