Vêtements de travail  : Cepovett s'offre Lafont

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(Crédits : DR)
Ce jeudi matin Cepovett SAS signe l'acquisition de cette marque emblématique du métier appartenant depuis 2000 au suédois Kwintet. Le nouvel ensemble, leader tricolore incontesté, cumulera 130 millions d'euros de chiffre d'affaires pour l'exercice 2015-2016.

"Voilà des années qu'on me demande si je fais le même métier que Lafont. Cette marque reste emblématique malgré un changement de stratégie tous les deux ans". Ce jeudi est donc un grand jour pour Nicolas Sandjian, PDG de Cepovett SAS, leader tricolore du vêtement travail, qui signera à 11 heures l'acquisition auprès du suédois Kwintet de cette société sise à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône. En 2014, déjà l'acquéreur d'aujourd'hui avait regardé cette affaire avant que son propriétaire scandinave ne la retire de la vente. A l'époque, le plan de cession liait Lafont et Bragard à Epinal, les deux entités françaises contrôlées par Kwintet.

 "Or, nous n'étions intéressés que par Lafont, rappelle le jeune patron de Cepovett entreprise basée à trois kilomètres de distance, tout au plus.

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Il n'y aura pas de PSE

Le montant de la transaction n'est pas révélé. "Le prix est normal", assure Nicolas Sandjian. Cepovett, fort de 250 collaborateurs en France, aurait pu totalement autofinancer l'opération "mais nous avons fait appel à un concours bancaire pour profiter des taux d'intérêt actuellement bas", poursuit-il.

Lafont apporte à Cepovett 25 millions d'euros de chiffre d'affaires, sur la base de l'exercice 2014-2015 encore déficitaire de 1,3 million d'euros. Cette perte est notamment imputable à des frais engagés pour un processus de restructuration.

"Ils avaient prévu de supprimer la moitié des 80 emplois. Nous nous sommes engagés à ne pas faire de PSE. Nous avons stoppé certains recrutements chez Cepovett en prévision de cette reprise", note le président.

Nouveau siège

Une réorganisation est annoncée. A échéance de deux ans, les équipes de Lafont seront regroupées sur le site de Cepovett à Gleizé, dans la communauté d'agglomération de Villefranche-sur-Saône.

"Nous allons construire un nouveau siège de 1 800 mètres carrés", indique Nicolas Sandjian.

Et les investissements en cours dans la plateforme logistique locale, consacrés uniquement à du matériel, augmenteront de 60 % la capacité de d'entreposage de façon à accueillir les stocks de Lafont. Au plan industriel, les deux sociétés s'approvisionnent auprès des mêmes fournisseurs de tissus et autres.

Par ailleurs, Lafont fait déjà fabriquer certains de ses produits dans l'usine de Cepovett à Madagascar (2 000 personnes). Achetée en 2014 cette dernière complète les trois unités de production en Tunisie et au Maroc totalisant 6 000 employés.

Spécialisation des marques

Les deux griffes vont-elles cohabiter ?

"C'est l'enjeu principal. Nous allons les spécialiser chacune dans les univers où elles sont respectivement les meilleures. Pour Cepovett, c'est la protection individuelle. Pour Lafont, c'est l'industrie et l'artisanat. Les deux marques vont se renforcer mutuellement par le back office", argumente Nicolas Sandjian.

Le nouvel ensemble cumulera 130 millions d'euros de ventes 2015/2016. Un retour aux bénéfices de Lafont est escompté en 2016-2017. Pour la suite le dirigeant prévoit de développer de nouveaux savoir faire à l'image de Cepovett Technologies qui a remporté la fabrication des sacs à dos de l'armée française. Augmenter la part à l'étranger, 10 % aujourd'hui de l'activité dans une centaine de pays, constitue un autre objectif.

Inventeur de la salopette

Cepovett créé en 1948 par le grand père de Nicolas Sandjian s'est rapproché en 2013 de l'entreprise gardoise Vanneuville. Si l'ETI est restée attachée à sa culture industrielle à travers ses ateliers très tôt délocalisés en Afrique du Nord, elle se présente avant tout comme un prestataire de services.

Lafont, l'inventeur de la salopette, dont l'origine remonte à 1844 a appartenu, entre autres, au groupe André. Il est entré en 2000 dans le giron de Kwintet.

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