Michelin : 494 emplois menacés et 90 millions d'euros d'investissement

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(Crédits : YP)
Michelin annonce, ce mardi, un plan de sauvegarde de l'emploi, qui sera présenté le 16 mars. 494 postes pourraient être supprimés, suite à la fermeture de l'atelier de La Combaude (330 salariés) et de la réorganisation du pôle ingénierie (164 postes supprimés). Cependant, Michelin annonce un investissement de 90 millions d'euros pour accélérer la transformation des sites clermontois en pôles industriels et technologiques d’excellence.

Article publié le 01/03 à 11:45. Actualisé à 18:03

Alors que Michelin annonçait des résultats "historiques" pour l'année 2015, l'industriel annonce ce mardi une réorganisation de ses activités sur son site-mère de Clermont-Ferrand. Elle touchera principalement le pôle ingénierie clermontois, ainsi que l'atelier de rechapage poids lourd du site de La Combaude, qui sera fermé d'ici à fin 2017. Le groupe assure dans un communiqué que sur ce site, il n'y a aura pas de "départ contraint".

Les 330 salariés de l'atelier, dont les 266 opérateurs de production, bénéficieront d'un plan de reclassement interne dans les autres sites industriels clermontois. Le dispositif prévoit que chacun des salariés concernés se verra proposer plusieurs postes comparables dans un des sites de Michelin de Clermont-Ferrand.

Baisse de l'activité traditionnelle

Selon l'entreprise, les besoins de recrutement des autres sites de la ville auvergnate devrait "faciliter les mouvements de reclassement interne". Le manufacturier fait état d'un besoin de 400 recrutements sur ses sites locaux.

Michelin explique cette décision par la "crise du rechapage" qui a conduit "à une situation de surcapacités structurelles de production de pneus rechapés en Europe". Selon le groupe, l'activité a connu une baisse de 25 % entre 2007 et 2015.

Lire aussi : Michelin restructure en Europe et inquiète la France

Autre secteur touché de l'entreprise, le service Ingénierie. Une entité "Manufacturing Engineering (ME)" sera créée, dont la direction mondiale sera implantée sur le site des Carmes à Clermont-Ferrand. Cette restructuration engendrera la suppression d'ici à 2018 de 164 postes, tous basés à Clermont-Ferrand, mais sans "départ contraint", et avec "un plan de reclassement interne". L'industriel emploie 1 100 salariés en France pour son pôle ingénierie, dont 970 à Clermont-Ferrand.

Enfin, le groupe annonce qu'une réorganisation des autres services "support" du groupe est envisagée.

Les syndicats "pas surpris"

Ces mesures d'adaptation de l'activité industrielle ont été accueillies sans surprise par les syndicats qui redoutaient ces suppression de postes depuis déjà plusieurs mois. "On savait que cela arriverait, on attendait juste de connaître la date", commente fataliste Cédric Batisse de la CFDT.

"Pour être honnête, on est presque soulagés. Nous pensions qu'il y aurait plus de casse !", décrypte Michel Désormière, responsable du CE Michelin.

De son côté, Sud déplore le contraste entre les "profits mirifiques du groupe et la fermeture d'un atelier entier de la production".

Michelin présentera ce Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) aux instances représentatives du personnel lors d'une réunion extraordinaire du Comité central d'entreprise et du Comité d'établissement de Clermont-Ferrand, qui se tiendra le 16 mars.

90 millions d'euros d'investissement

Face au ralentissement de l'activité traditionnelle, notamment l'activité rechapage poids lourd, l'entreprise clermontoise poursuit sa stratégie "de compétitivité industrielle engagée en France depuis 2013".

Elle annonce ce jour 90 millions d'euros de nouveaux investissements, "pour accélérer la transformation des sites clermontois en pôles industriels et technologiques d'excellence".

Lire aussi : Dominique Foucard (Michelin) : "L'industrie du futur doit donner plus d'autonomie aux ouvriers"

Ce montant vise à financer des équipements et des procédés de pointe dans ses sites de Cataroux, de La Combaude et des Gravanches.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2016 à 8:59 :
Michelin secteur rechapage Alors ???? et là encore se n'ai que des ingénieurs on ne leurs coupe pas la tête il seront reclasser mais sa aurai été des SP ils étaient sur la touche!!!!
a écrit le 02/03/2016 à 7:21 :
Un scenario classique mais vous verrez grâce à la nouvelle loi sur l emploi favorisant le licenciement et limitant les indemnités aux prudhommes, cela va changer !!!
a écrit le 01/03/2016 à 17:11 :
Cela ne m'étonne pas vu comment la gestion de ce site est réalisé avec un super directeur et un service du personnel très compétant

Bravo après le pneu vélo c'est le rechapage
a écrit le 01/03/2016 à 14:44 :
Avant de fermer son usine de Joué les Tours, Michelin avait également promis un pôle technologique sur le site. Deux ans après, ce projet était abandonné. No comment.
Au fait, Michelin, quel est la somme perçue au titre du CICE ?
Réponse de le 01/03/2016 à 18:12 :
Les 33 entreprises n'ayant pas souhaité communiquer le montant de leur CICE au titre de 2013 sont les suivantes, classées par ordre alphabétique : Accor, Air Liquide, Airbus Group, Alcatel-Lucent, Alstom, ArcelorMittal, BNP Paribas, Bouygues, BPCE, Capgemini, Carrefour, CNP Assurances, Crédit agricole, Danone, Essilor International, Foncière Euris, GDF Suez, Gemalto, Kering, Legrand, LVMH, Michelin, Publicis Groupe, Renault, Saint-Gobain, Schneider Electric, Société générale, Sodexo, Solvay, Unibail-Rodamco, Vallourec, Vinci, Vivendi.

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