Karethic  : une bio startup lyonnaise œuvre pour l'emploi au Bénin

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(Crédits : DR)
La marque de soins lyonnaise à base de beurre de karité non raffiné s'appuie déjà sur 500 femmes récoltantes béninoises. La startup, qui a levé 300 000 euros auprès du Comptoir de l'innovation, vient de se faire référencer par la chaîne Biocoop à l'échelle nationale. De quoi renforcer ce projet aux croisements de l'innovation, du bien-être et de l'économie sociale et solidaire.

Karethic, qui a reçu, en novembre dernier, 300 000 euros du "Comptoir de l'innovation", via son fonds d'investissement dans les entreprises solidaires, se voit soutenue dans son plan de développement.

La société, dont le siège est à Vaulx-en-Velin (Rhône), annonce la sortie, l'été prochain, de dix nouvelles références, des produits de soins formulés à partir de karité non raffiné. Soit le doublement de sa gamme, pour visage, corps et cheveux. Parallèlement, elle continue de pousser ses pions au plan commercial.

"Tous nos produits viennent d'être référencés par le réseau Biocoop, à l'échelle nationale", totalisant 350 magasins, se réjouit Carole Tawema, 33 ans, fondatrice de Karethic.

Karité grand cru

Une belle histoire que cette franco-béninoise mûrit depuis la classe de terminale. Puis étudiante, elle consacre à ce sujet son mémoire de fin d'études à Euromed, l'école de management de Marseille.

"Je me suis aperçue qu'il fallait imaginer un autre modèle économique pour que les femmes au Bénin puissent retirer des revenus suffisants de cette récolte, importante pour elles", explique t-elle.

La première pierre du projet est posée en 2008, au Bénin :

"Nous avons commencé avec 50 femmes avec lesquelles nous avons réalisé des pilotes de production pour arriver à un karité grand cru d'Afrique, de première qualité, vierge", poursuit la jeune dirigeante.

Aujourd'hui, à Atacora, au nord du pays, 500 béninoises travaillent avec Karethic et se sont organisées en coopératives.

Fabrication sous-traitée

L'entité française voit le jour en 2010 en partenariat avec le groupe Ekibio.

"En 2013 j'ai repris leur participation et je suis toujours actionnaire majoritaire", précise Carole Tawema.

À Vaulx-en-Velin, cinq personnes se consacrent à l'innovation, le marketing, les ventes et les achats. Sa sœur Gwladys, de deux ans son aînée, qui l'a rejointe dans cette aventure, gère la production au Bénin en juste à temps : cinq tonnes en 2015 et dix prévues cette année.

La matière première arrive au port de Fos par cartons de dix kilos, ensuite stockés à Saint-Quentin Fallavier, en Isère. La fabrication des produits Karethic, formulés en partenariat avec Savoir des Peuples, est sous-traitée chez Sicaf-Cosmétiques, une société industrielle de conditionnement à façon, sise à Valréas dans le Vaucluse.

Objectif, 1 000 récoltantes

La marque, membre de Organics Cluster et certifiée bio-équitable, est aujourd'hui présente dans quelque 200 points de ventes dans l'Hexagone, enseignes bio et magasins de détail thématiques. Son site Internet, conçu comme un service pour les gens éloignés des villes, représente 5 % du chiffre d'affaires, gardé confidentiel vis-à-vis de la concurrence.

Une petite partie de la matière première est vendue directement à une quarantaine de savonneries artisanales françaises. En misant tout à la fois sur le marché tricolore et l'international - elle est distribuée dans 200 boutiques dans une dizaine en Europe, en Asie et en Amérique -, Carole Tawema espère créer de l'activité pour 1 000 femmes au Bénin, à l'horizon 2020.

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