Cenntro Motors France n'échappe pas à la liquidation

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(Crédits : DR)
Le tribunal de Commerce de Lyon a mis fin au feuilleton Cenntro Motors France, en décidant d'une liquidation sèche de l'entreprise, sans poursuite d'activité. 382 salariés se retrouvent au chômage.

Article édité le 30/09/15 à 16h14. Actualisé à 16h33 et 17h26

Le tribunal de Commerce de Lyon a tranché ce vendredi. Les magistrats ont opté pour une liquidation sèche de Cenntro Motors France sans poursuite d'activité. Les 382 salariés de l'usine lyonnaise de véhicules électriques seront licenciés.

Cette décision met fin à un long feuilleton économico-politique pour cette usine, entamé d'abord avec les lave-linges de Fagor Brandt en 2010, puis le projet de reconversion de voitures électriques SITL en 2011, avant la reprise par l'Américain Cenntro en juin 2014.

Lire notre dossier >> Cenntro Motors histoire d'un fiasco

"Un immense gâchis"

Cenntro Motors France avait été placé en redressement judiciaire en avril dernier. La liquidation judiciaire était devenue inévitable depuis le retrait de l'actionnaire principal, l'homme d'affaires sino-américain Peter Wang, fin septembre.

"Tout le monde a fermé les yeux sur ce qui se passait. Il y a eu plein d'erreurs de casting. Et aujourd'hui on est lâchés par tous. C'est un immense gâchis", réagit Philippe Goguillot secrétaire SUD du CE de l'entreprise.

Lors de l'audience jeudi, l'administrateur judiciaire Robert-Louis Meynet avait demandé une poursuite d'activité jusqu'au 12 novembre, en raison d'une offre de reprise partielle de l'industriel allemand Magnum Pyrex AG concernant 50 emplois. Le tribunal, dans ses attendus a estimé que l'offre de la société allemande : "parait réaliste, mais très faible sur le plan social". Par ailleurs, les magistrats ont estimé que la demande d'un délai minimum de 15 jours, formulé par l'avocat de Magnum pour concrétiser son offre, n'était pas "réaliste pour formuler une offre répondant aux critères légaux (...) que cela aggraverait la situation de la société et ferait courir un risque pour les droits des salariés".

Des zones d'ombre

Le tribunal a par ailleurs rejeté la demande d'expertise judiciaire formulée par le CE. Les salariés souhaitaient lever les zones d'ombre dans ce dossier à rebondissements qui a mobilisé beaucoup de fonds publics.

En deux ans, malgré la reprise par Peter Wang, la production de véhicules électriques ne s'est jamais concrétisée, l'usine a été pratiquement toujours à l'arrêt. Le 3 septembre le préfet de Région Michel Delpuech expliquait à Acteurs de l'économie se "poser la question de la réalité du projet industriel".

Une large majorité des salariés était de fait chômage partiel (coût : 3,5 millions depuis le 18 juin 2014). Désormais avec le licenciement de la totalité des effectifs la facture totale pour les AGS avoisinera les 12 ou 13 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 03/11/2015 à 11:41 :
Ils ont fait la même erreur que Ségolène Royal avec Mia-Heuliez. En janvier 2012, je lui avais envoyé une contreproposition grâce à laquelle, Heuliez ou Mia embaucherait encore aujourd’hui ! Enarque à petite tête mais à l’arrogance et l’ego surdimensionnés, elle n’en a pas tenu compte … pas plus que le nabaud Montebourg ou le 1er Ministre Valls en 2014 alors que je leur avais envoyé directement (mail et courrier) la copie de cette lettre. Je l’envoie à qui veut la lire. Pas certain d’avoir moi-même été dans l’erreur ! Bien au contraire.
Réponse de le 22/12/2015 à 13:09 :
Bonjour,
Merci de me faire suivre votre lettre ouverte svp.
Bien à vous
Eric.

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