Cenntro Motors France : 400 000 euros versés avant l'audience de jeudi

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(Crédits : Laurent Cerino/ADE)
Le tribunal de commerce de Lyon se penchera une nouvelle fois, le 10 septembre prochain, sur la situation de l'entreprise placée en redressement judiciaire, en avril dernier. La prolongation de la période d'observation est notamment suspendue au virement d'une somme d'un million d'euros par l'actionnaire sino américain. La première tranche de 400.000 euros a été versée ce mardi.

Peter Wang, le président de la firme sino-américaine Cenntro Motors Group a versé ce mardi 400.000 euros, sur le compte de sa filiale Cenntro Motors France (ex SITL), comme l'exigeait Robert-Louis Meynet, l'administrateur judiciaire. L'entrepreneur qui a fait fortune dans les télécommunications, doit encore apporter la preuve du virement de 600.000 euros complémentaires d'ici au 10 septembre, date de la prochaine audience au tribunal de commerce de Lyon. Si ces conditions sont bien remplies cette société en redressement judiciaire depuis avril dernier, devrait échapper à la liquidation judiciaire. La juridiction consulaire pourrait alors prolonger la période d'observation jusqu'à fin octobre. Cette somme d'un million d'euros sécurisera, entre autres, le paiement des salaires de septembre pour ne pas reproduire les dernières péripéties du mois d'août.

1000 heures de chômage partiel

Une forte pression a été mise ces derniers jours par les pouvoirs publics sur Cenntro Motors Group pour qu'il tienne enfin les promesses faites lors de la reprise des actifs de SITL, converti dans les véhicules électriques, le 30 juin 2014. La firme sino américaine s'était engagée à investir 15 millions en capital sur deux ans. En incluant le million attendu elle aura injecté huit millions d'euros, à ce stade. De son côté, l'Etat  a dépensé trois millions d'euros (depuis juin 2014) correspondant à la prise en charge du chômage partiel et le seuil du millier d'heures devrait être prochainement atteint, d'ailleurs. De fait, quinze mois après la reprise, le site ne réalise toujours pas de chiffre d'affaires.

Prime supra légale

Très vite, il s'est confirmé que l'entreprise dont l'intégralité des 395 emplois a été gardée par le repreneur était sur dimensionnée. En conséquence, un projet de plan social portant sur la suppression de 263 postes était dévoilé en juin dernier afin de «  pérenniser 120 emplois ». Le CE qui devait rendre un avis définitif vendredi dernier a refusé de signer le procès verbal car il exige, en particulier, une prime dite supra légale. « On veut que les gens licenciés, soit les 2/3 des effectifs, partent dignement », martèle Philippe Goguillot, secrétaire Sud du CE. La direction des ressources humaines estime, elle, que le processus de consultation est fini et devrait adresser prochainement le document, pour homologation, à la Dirrecte (direction régionale des entreprises). « Les meilleures conditions de départ pour les salariés », ont été demandées par le Préfet Michel Delpuech qui a reçu les dirigeants (le 4 septembre) et les délégués syndicaux (le 7).

Agrément attendu de l'UTAC

Qu'il s'agisse du véhicule utilitaire ou des filtres d'assainissement récupérés de SITL, les dirigeants disent avoir rencontré beaucoup de mauvaises surprises pour passer à la fabrication des dits produits. Il leur a fallu travailler sur une autre batterie (d'une autonomie de 200km et au sodium, dixit) pour le Citelec équipé d'une direction assistée. L'agrément par l'UTAC-OTC, organisme de contrôle, serait attendu sous une quinzaine de jours. En juin dernier, Didier Verriest, directeur de Cenntro Motors France, avait évoqué un contrat ferme de 150 véhicules. Quant aux filtres dont le procédé a été repensé, les commandes fermes représenteraient 1,3 million de ventes. S'ajoutent les scooters pour le compte d'un constructeur luxembourgeois. Sous réserve que ce plan de charge soit confirmé l'activité pourrait enfin démarrer rapidement et s'assortir d'acomptes de la part des clients.

Ouverture du capital ?

Par ailleurs, et selon des sources concordantes, Peter Wang aurait accepté d'ouvrir le capital de Cenntro Motors France à des partenaires extérieurs financiers ou industriels, qu'il reste à trouver. L'objectif serait de lever de l'ordre de trois à quatre millions.

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