Saint Jean Industries vise la Chine et le Mexique

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Le siège de Saint Jean Industrie dans le Rhône.
Le siège de Saint Jean Industrie dans le Rhône. (Crédits : DR)
Saint Jean Industries, équipementier automobile spécialisé dans les composants en aluminium, prévoit de s'implanter industriellement en Chine et au Mexique et d'y investir 16 millions, entre les deux usines.  Le groupe qui pèse 250 millions de chiffre d'affaires (2013) continue d'innover pour faire évoluer son procédé Cobapress contribuant à l'allègement des véhicules.

Saint Jean Industries, basé à Saint Jean d'Ardières, dans le Rhône, annonce qu'il va s'implanter en Chine et au Mexique. Ces deux projets seront lancés en 2015 pour une dépense unitaire de « 8 millions d'euros, au départ », selon Emile Di Serio, PDG du concepteur et fabricant de composants et modules en aluminium, essentiellement pour l'industrie automobile. Dans l'Empire du Milieu, où il avait envisagé, un temps, de s'installer en association avec l'allemand ZF, l'industriel projette désormais d'y aller seul, ou avec un minoritaire chinois. « L'usine de 4000 mètres carrés, pour démarrer, est appelée à  grandir car nous visons 50 millions d'euros de ventes, en 2017. La Bank of China nous accompagne dans cette opération », précise le patron.

Une localisation à Querétaro

L'unité mexicaine, de superficie identique, devrait être opérationnelle, début 2016, dans la région de Querétaro, au Nord Ouest du pays. Dans les deux cas, il s'agit de fournir des pièces de châssis pour le marché local, à la demande des clients constructeurs de l'ETI familiale beaujolaise. Elle est déjà présente en Allemagne (depuis 2008), Norvège (2010), Croatie et Etats-Unis. « Le marché américain est très dynamique et adopte de plus en plus l'aluminium, plus léger. D'ici à 2016, nous aurons consacré 20 millions d'euros, à ce site situé dans l'Arkansas », poursuit Emile Di Serio. A l'étranger, toujours, la petite filiale suisse, achetée à Rouag (firme helvétique) et dédiée à l'aéronautique (pièces en titane), a été sortie du périmètre de Saint-Jean Industries pour être rattachée directement au holding familial, pour une meilleure visibilité de cette activité, est il indiqué.

Les culasses du Poitou

En France, l'équipementier de rang 1 possède six usines : 2 dans le Beaujolais, 2 en Lorraine, une en Mayenne et une dans le Poitou à Ingrandes sur Vienne. Cette dernière, qui compte 366 salariés permanents, est issue de la reprise de Poitou Aluminium, à la barre du tribunal de Nanterre, en avril 2012.  Une opération délicate et tout ne se passe pas comme écrit, au départ. Renault (actionnaire de cette entité jusqu'en 1998) s'était engagé à augmenter ses commandes de culasses (spécialité de Saint Jean Industries Poitou) qui devaient être portées à un million d'unités, en 2015. «  Nous sommes à 660.000 en 2014 et les estimations tablent plutôt sur  800.000 l'an prochain », observe Emile Di Serio. Le compte n'y est pas pour assurer la viabilité du site en attendant de diversifier la production. « Nous discutons avec Renault et les pouvoirs publics pour trouver des solutions à court terme », reconnaît le dirigeant.  L'horizon doit se dégager en 2016 avec les « contrats remportés avec Fiat et Aston Martin. Des pièces de châssis que nous pourrons faire dans cette unité », poursuit le dirigeant.

Neuf millions investis en 2014

Fondé en 1962 et longtemps dirigé par Thomas Di Serio (père de Emile), Saint Jean Industries emploie 1850 collaborateurs pour « 250 millions de chiffre d'affaires et 12 millions de résultat net, en 2013 ». Le groupe annonce avoir consacré 9 millions d'euros à son outil de production, en 2014. L'industriel continue à déposer annuellement des brevets pour faire évoluer son procédé Cobapress. Cette technologie à mi-chemin entre la forge et la fonderie, et simple à mettre en œuvre, répond à la nécessité d'alléger les voitures pour réduire la consommation de carburant et les émissions de CO2.

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Commentaires
a écrit le 29/11/2014 à 17:22 :
k
a écrit le 26/11/2014 à 15:40 :
Encore un exemple d'entreprise inconnue du grand public, qui fait la force de notre pays et qui nous permet d'espérer. BRAVO !!!!

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