EDF : quelle future politique régionale ?

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Le barrage du lac du Sautet, en Isère.
Le barrage du lac du Sautet, en Isère. (Crédits : Franck Oddoux)
Jacques Longuet, directeur général d'EDF en région Auvergne Rhône-Alpes a détaillé la feuille de route de la délégation régionale. Outre des investissements dans l'hydraulique, EDF compte également investir 5 milliards d'euros sur 10 ans dans les quatre centrales nucléaires de la région.

La fusion entre Auvergne Rhône-Alpes engendre d'autres fusions. Ou plutôt des "rapprochements", comme l'indique Jacques Longuet. Ce dernier a été nommé directeur général d'EDF Auvergne Rhône-Alpes en janvier 2016. Ce mercredi, il a annoncé les différentes orientations que le producteur et fournisseur d'électricité compte prendre en région.

  • Les investissements d'EDF dans la région vont-ils diminuer ?

Pour Jacques Longuet, "la santé de l'entreprise est très bonne", et ce malgré un prix relativement bas de l'énergie. "Pour autant, nous ne faisons pas le choix de diminuer nos investissements", a fait savoir le directeur général d'EDF en Auvergne Rhône-Alpes.

L'entreprise a ainsi injecté pour 1,9 milliard d'euros dans des entreprises locales en 2015. Une somme qui ne devrait pas diminuer dans les années à venir. Jacques Longuet compte même faire jouer la préférence régionale, une idée déjà défendue lundi par le président de la Région Laurent Wauquiez.

Pour garantir ces investissements, un plan d'économies de 19,3 milliards d'euros a été adopté au niveau national. Cela passe par des économies de développement, une recapitalisation par fonds propres et un plan de cession d'actifs.

  • Quelles énergies renouvelables en Auvergne Rhône-Alpes ?

"L'objectif fixé par la loi de transition énergétique était d'atteindre les 23 % d'énergies renouvelables d'ici 2020. Nous avons déjà passé ce cap grâce à l'hydraulique", indique Jacques Longuet.

Les usines et barrages situés en région produisent 40 % de l'électricité hydraulique d'EDF, et 22 % de celle produite en France. Des investissements à hauteur de 170 millions d'euros vont être réalisés dans les Alpes, afin d'augmenter le parc déjà existant.

Si le photovoltaïque continue son développement, l'énergie éolienne "peine à s'installer". Un projet dans le Pilat est par exemple à l'arrêt. Toutefois, en 2017, un parc éolien sera inauguré dans les montagnes ardéchoises.

  • Quel avenir pour le nucléaire ?

Début mars, la Suisse a porté plainte contre X au sujet de la centrale nucléaire du Bugey (Ain) "pour mise en danger de la vie d'autrui et pollution des eaux". Jacques Longuet se dit "choqué par cette interpellation de la Suisse. Elle aussi dispose de centrales, plus âgées que les nôtres. Ceci est totalement irrationnel. Nous sommes face à de grandes stratégies industrielles en Europe."

Lire aussi : Genève demande la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey

En juin dernier, l'autorité de sûreté nucléaire avait par ailleurs demandé à EDF de vérifier qu'il n'existait pas de défaut sur les générateurs de vapeurs qui équipent les réacteurs de centrales, dont celle du Bugey. "Un audit a été réalisé, et l'isolation est compatible avec l'exigence de l'ASN tant qu'il reste de l'eau au fond", répond Jacques Longuet.

Dans le nucléaire plus généralement, 5 milliards d'euros vont être investis, sur une période de 10 ans, dans les 14 réacteurs situés en Auvergne Rhône-Alpes. Les centrales de Tricastin et de Saint-Alban seront les premières concernées, dès le début 2017. Ce plan d'investissement fait partie du programme "grand carénage".

  • Les énergies renouvelables vont-elles dépasser le nucléaire ?

"Selon la loi sur la transition énergétique, d'ici à 2025, la part du nucléaire devra être de 50 %", indique Jacques Longuet. Pour l'heure, la répartition en France est plutôt de l'ordre de 75 % pour le nucléaire, et 25 % pour les énergies renouvelables.

"Il existe des limites techniques : il est nécessaire d'avoir une base pour faire de l'intermittence entre l'énergie nucléaire et celle issue de l'hydraulique ou du photovoltaïque", explique le directeur général d'EDF dans la région.

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Commentaires
a écrit le 11/07/2016 à 16:26 :
"il existe des limites techniques"... Vieux dogme, qui n'existe plus qu'en France, de croire qu'au delà de 30% d'ENR intermittentes, le réseau s'écroule. De nombreux pays ont démontré que cette limite n'a pas de sens (portugal, Danemark), mais nos élites mentent sans contradiction à nos journalistes.

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