En Auvergne Rhône-Alpes, la consommation d'électricité stagne

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(Crédits : DR)
En 2015, la consommation et la production d'électricité dans la Région restent presque identiques à l'année précédente. Même si les énergies renouvelables progressent, celles-ci restent marginales face au nucléaire, notamment en raison d'un parc trop limité, loin des objectifs fixés par le Schéma régional climat air et énergie.

Selon le bilan électrique RTE 2015 Auvergne Rhône-Alpes, la "consommation régionale enregistre une très légère hausse de 0,8 %, en prenant en compte la correction du facteur météo", dévoile Frédéric Dohet, délégué du territoire pour Réseau de Transport Électrique (RTE). Au total, les entreprises et habitants de la Région ont consommé 60 464 GWh en 2015.

Une hausse plus importante en Auvergne Rhône-Alpes

"Ces résultats confirment une stagnation de la consommation depuis plusieurs années", souligne-t-il. Celle-ci s'explique par "différents facteurs conjoncturels, mais aussi par la politique d'efficacité énergétique menée depuis plusieurs années".

Hors correction du facteur météo, la consommation enregistre une progression de 3,5 % par rapport à 2014. Elle est tirée par la grande industrie (+ 3,3 %, à 11 438 GHw) avec + 18 % pour la métallurgie, les PME/PMI (+ 2,2 %) et les professionnels et particuliers (+ 2,6 %).

Comparée au reste du territoire national (+ 0,5 % avec correction du facteur météo), la hausse de la consommation d'énergie est plus importante en Auvergne Rhône-Alpes, et ceux depuis plusieurs années :

"Ce résultat régional s'explique par une croissance démographique dynamique et une relative bonne santé de l'industrie", souligne Frédéric Dohet.

Une production stable

Concernant la production d'énergie, "Auvergne Rhône-Alpes produit deux fois sa consommation", rappelle Fréderic Dohet, engendrant ainsi une exportation aussi bien vers d'autres régions françaises, que vers l'Italie et la Suisse.

En 2015, la production est jugée "stable", à 121 481 GWh. Le nucléaire est prépondérant, avec environ 75 % de l'électricité fournie (90 872 GWh), suivi par l'hydraulique (environ 19 % de la production, à 26 181 GWh).

Même si elles restent marginales dans le mix énergétique régional, la contribution des sources renouvelables progresse. L'éolien (799 GWh), le solaire (784 GWh, + 24 %) et les bioénergies (834 GHw) représentent environ 2 % du mix total.

Cette progression s'explique aussi par une augmentation du parc renouvelable en Auvergne Rhône-Alpes, qui permet de produire davantage ce type d'énergie. Pour l'éolien, il progresse de 7 %, de 11% pour le solaire et de 14 % pour les bioénergies.

"Ces évolutions suivent un rythme modeste qui n'est pas à la hauteur des ambitions et objectifs fixés par la Région dans le cadre du Schéma régional climat air et énergie", souligne le représentant de RTE.

En effet, les objectifs sont remplis qu'à 34 %, en incluant les projets en file d'attente, c'est-à-dire ceux ayant fait une demande de raccordement mais que celle-ci n'est pas encore effective. "À ce rythme, il faudra de 15 à 20 ans pour atteindre les objectifs fixés pour 2020", avance-t-il.

205 millions d'euros d'investissement en 2016

Pour accélérer le mouvement, RTE renforce ses investissements sur ce segment. L'enveloppe pour 2016 est fixée à 205 millions d'euros, contre 134 millions d'euros en 2015. Celle-ci servira à l'entretien du réseau et aux nouvelles infrastructures.

"Pour assurer la transition énergétique, l'objectif est de coller à la géographie des énergies renouvelables", explique Frédéric Dohet.

Des projets sont donc en cours, notamment dans le Massif central, dans la montagne du Bourbonnais, afin d'assurer un raccordement assuré par l'éolien.

RTE accompagne et anticipe également les évolutions économiques futures des territoires. Par exemple, le transporteur va investir 134 millions dans la reconstruction de la ligne 225 000 volts entre Le Puy-en-Velay, l'Yssingelais et Saint-Étienne (programme 2Loires).

Des investissements qui devraient également profiter aux acteurs économiques locaux. C'est en tout cas un engagement de RTE, qui a par exemple lancé une campagne de financement participatif pour les projets qui traversent les travaux du programme 2Loires.

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