Tecalemit Aerospace renforce ses capitaux pour voler plus haut

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Le Boeing 737 Max est équipé d'un moteur LEAP. L'entreprise Tecalemit Aérospace participe à sa construction.
Le Boeing 737 Max est équipé d'un moteur LEAP. L'entreprise Tecalemit Aérospace participe à sa construction. (Crédits : Boing)
Le concepteur et fabricant lyonnais de tuyauteries pour l'aéronautique et le spatial ouvre son capital à ACE Management qui gère des fonds souscrits en particulier par les donneurs d'ordre du secteur. La famille Colcombet conserve la majorité de l'entreprise embarquée dans de très beaux contrats.

Tecalemit Aerospace Group (TAG), entreprise familiale basée à Chaponost (Rhône), s'est fixé l'objectif d'atteindre 35 millions d'euros de chiffre d'affaires à trois ans, contre 25 millions de revenus en 2016. Ce concepteur et fabricant de canalisations, souples et rigides, pour l'aéronautique et le spatial, dirigé par Thierry Colcombet a engrangé de beaux contrats.

Il a été sélectionné pour la fourniture des différents circuits de distribution des fluides des moteurs LEAP, développés dans le cadre de la co-entreprise Safran et General Electric. Les aéronefs de nouvelle génération monocouloir (à fuselage étroit économes en terme de consommation de carburant) ont adopté cette motorisation : l'A 320 néo (new engine option), le Boeing 737 Max. La société est aussi embarquée dans l'A 350, le gros porteur d'Airbus.

Rester réactif

Pour soutenir sa croissance et afficher plus de solidité vis-à-vis de ses grands donneurs d'ordre, TAG, qui compte 200 collaborateurs, vient d'officialiser le renforcement de ses fonds propres d'un montant de 2 millions d'euros. A cette occasion il a accueilli un nouvel actionnaire, ACE Management, structure privée gérant des fonds souscrits par des mastodontes industriels tels Safran, Airbus, Thales etc. Garibaldi Participations (Banque Populaire), autre financier entré en 2014, a également suivi cette augmentation de capital.

"Toutefois le capital demeure très majoritairement familial, souligne Franck Colcombet (le fils), directeur général. Nous voulions garder toute notre réactivité".

Acquisitions stratégiques

Lorsqu'il a repris l'entreprise*, au début des années 2000, Thierry Colcombet l'a recentrée sur l'aéronautique. En 2011 il lui a agrégé deux activités stratégiques. Il a acquis Spiraltex spécialiste des machines à tresser de haute précision et inventeur de la tresseuse 3 D améliorant la structure des pièces.

"C'était le dernier français. En ce faisant nous nous garantissions une autonomie", reconnaît le DG.

La même année il s'est offert Carbone Forgé, autre société de la région lyonnaise : "elle nous a ouvert le champ des possibles dans les composites".

Moyen quoi la PME a pu mettre au point des canalisations en composite d'un poids allégé et présentées comme une rupture technologique. D'autres achats sont envisagés qui permettraient de compléter les savoir-faire, en amont et en aval.

Robot-apprenant

L'innovation c'est encore le lancement d'une démarche dite de robot auto-apprenant avec un premier spécimen présenté à Chaponost ce mercredi.

"C'est un système très souple qui va assister l'opérateur et non le remplacer. C'est lui qui pilote le robot en lui prenant le bras", insiste Franck Colcombet. Dans l'aéronautique les séries sont limitées et une grande partie des tâches sont manuelles car nous ne trouvons pas les outils".

Le site de Chaponost dispose également d'un laboratoire d'essais** pour tester au sol le comportement des pièces en vol. C'est à Blois que se situe le site majeur de production.

Tunisie et Maroc

Après s'être doté en 2010 d'une unité en Tunisie qui usine des pièces assemblées en France, l'industriel lyonnais investit 2 millions d'euros dans une implantation au Maroc au sein du parc industriel Midparc à Casablanca.

"Nous voulons sécuriser notre production et accompagner Airbus et Safran installés là-bas », justifie le DG.

L'usine sera opérationnelle au second trimestre 2017 et devrait employer une quarantaine de personnes en vitesse de croisière.


*Son origine remonte à 1922 à Paris et son nom résulte de la contraction de Techla en France et Alemite aux Etats-Unis
** Cet équipement est logé dans la société Lesae (détenue par la famille Colcombet) et intervient comme prestataire de services pour différents industriels.

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