Terre adélice, l'artisan glacier à la chaleur entrepreunariale

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Crédit photo : Fabrice Demurger Médiabasics.
Crédit photo : Fabrice Demurger Médiabasics. (Crédits : Crédit photo : Fabrice Demurger Médiabasics.)
Sur le plateau ardéchois, une entreprise familiale redonne de la fraîcheur aux glaces et sorbets. Loin de la logique mercantiliste, les frères Rousselle privilégient l'implantation locale, la qualité de leurs produits et l'innovation gustative. Une recette qui leur permet d'assurer la viabilité de leur société avec un chiffre d'affaires de 2 560 000 euros en 2013.

Contrairement à leurs glaces et sorbets, les convictions des frères Rousselle ne fondent pas sous les coups de chauds. Les fondateurs de l'entreprise familiale Terre adélice, ont décidé de monter une entreprise familiale tournée vers la valorisation des produits et des agriculteurs du pays ardéchois. « C'est un territoire que nous avons découvert grâce à la maison de famille que nous avions ici », se rappelle Bernard Rousselle, l'un des deux frères. Originaire de Bourgoin-Jailleux, le co-fondateur a approfondi sa connaissance du terroir local lorsqu'il était éleveur de caprins à Saint Etienne de Serres, en 1981.

Le produit avant le profit

Ingénieur en agroalimentaire, il va ensuite devenir salarié pendant une dizaine d'années d'une coopérative. De cette expérience, Bertrand Rousselle en garde un souvenir mitigé, mais qui renforcent ses idées pour la suite :

« Le principe est intéressant, mais l'évolution a dévié du projet initial. Certaines coopératives sont devenues trop grosses, impersonnelles, dépossédant le pouvoir aux agriculteurs, dans un contexte de difficultés financières des établissements, de rachats, suivant ainsi la tendance des groupes privés. »

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Xavier Rousselle, Véronique Rousselle et son mari, Bertrand Rousselle.

En 1995, Bertrand Rousselle, avec son frère Xavier, décident donc de monter une entreprise artisanale de fabrication de glaces et de sorbets. Avec un capital de départ de « 550 000 francs (environ 85 000 euros NDLR), de [leur] poche », explique l'intéressé. Sans soutien des banques « qui attendaient de voir ce que ça allait donner », les entrepreneurs s'équipent des outils nécessaires et s'installent à Saint Etienne de Serres (jusqu'en 2007 puis à Saint Sauveur de Montagut). Mais surtout, aidés par les collectivités locales, ils effectuent une étude de marché qui les « confortent dans [notre] choix et [nous] permet d'affiner notre offre. » Pas question pour eux de fixer le prix du litre en fonction du coût de revient. Ils privilégient le produit avant le profit.

« Nous travaillons d'abord sur le produit, puis, nous calculons le prix de vente si notre création nous convient.  D'un produit à l'autre, la marge est variable, mais nous ne voulons pas sacrifier un produit qui n'est pas rentable. C'est l'ensemble de notre gamme qui nous fait vivre.»

Aujourd'hui, l'entreprise confectionne des glaces et sorbets répartis dans 6 gammes et 150 parfums, où les fruits représentent 60 à 70 % de la composition. Et les goûts sont innovants : sorbet à la faisselle de chèvre, glace de foie gras...La majeure partie de la clientèle est constituée de restaurants. Mais, depuis 2011, il est possible de déguster la production à Lyon, rue Saint-Jean.

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Le magasin lyonnais, situé Rue Saint-Jean. Crédit photo : Fabrice Demurger

Création d'une filière bio

Terre adélice met un point d'honneur à valoriser le territoire ardéchois. Ainsi, l'entreprise souhaite s'approvisionner directement chez les producteurs locaux au moment des récoltes, « dans un circuit court, c'est-à-dire dans un périmètre de 40 kilomètres. »

Et le souci de préserver la nature s'accorde avec la promotion des intérêts économiques locaux. Ainsi, depuis 5 ans, l'entreprise a développé des produits bio, qui représentent aujourd'hui 55 % de la production et 60 % du chiffre d'affaires. « Il s'agit de mettre en application dans l'entreprise nos convictions personnelles », même si la marge du bio est moins confortable.

Ardèche

Crédit photo : Fabrice Demurger

Mais la réalité de l'offre ardéchoise a poussé le binôme à quelques entorses, du moins au début du développement des produits biologiques. « Lorsqu'on a fait le choix du bio, l'approvisionnement n'était pas suffisant. On a donc importé, de façon transitoire, en provenance de pays d'Europe de l'Est. On ne s'en cache pas. » Reculer pour mieux sauter, car aujourd'hui, plus de 50 % de l'offre est couverte pas les agriculteurs ardéchois, qui signent des conventions avec le glacier, assurant ainsi leur propre développement.

Terre adélice ne souhaite pas en rester là. Un programme d'investissement d'un million d'euros est en cours de réalisation, autofinancé à hauteur de 450 000 euros par l'entreprise, le reste assuré par les collectivités (350 000 euros) et le concours des banques. De quoi environ, doubler la capacité de production, à 500 000 litres annuel, consolider la vingtaine d'emplois permanents et d'augmenter le chiffre d'affaires, de l'ordre de 2 560 000 euros en 2013.

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Commentaires
a écrit le 15/08/2014 à 22:22 :
les bons produits partent toujours d'une recette simple ! mais très bien élaborée . le danger des ardéchois à un seul débouché est que ! si la glace fond eux fondent les plombs .

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