Jean d’Arthuys (Maison Lejaby) : "Notre objectif est de retrouver la croissance en 2017"

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(Crédits : Maison Lejaby)
Maison Lejaby déménage. La marque de lingerie quitte son site historique de Rilleux-la-Pape pour une autre ville de la métropole lyonnaise : Caluire et Cuire. L'occasion de revenir avec le PDG, Jean d'Arthuys, sur l'année écoulée et les ambitions de la marque. Il mise sur l'ouverture de boutiques, le renforcement du volet digital mais aussi le lancement d'une collection plus moderne pour renouer avec la croissance.

Maison Lejaby a déménagé la semaine dernière à Caluire et Cuire. Un projet dans les cartons depuis un plus d'un an. Pourquoi quitter l'emplacement historique de Rilleux-la-Pape ?

Ce déménagement s'explique pour deux raisons. D'abord pour des questions pratiques : depuis 50 ans nous étions sur le même site de 30 000 m² qui était à la fois très vieux, obsolète et beaucoup trop grand. De fait, nous n'avions pas de raison d'y rester.

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Mais aussi, parce que dans un contexte de plan de relance comme celui qui nous vivons actuellement, ce changement de site est l'occasion de redonner une impulsion. Même si un déménagement est cause de stress, il représente aussi de nouvelles opportunités. Il nous permet aussi de repenser la disposition de l'entreprise. L'espace a été imaginé de façon à créer un plateau de 2 000 m². L'atelier est au centre et tous les services sont organisés autour. Dans l'autre partie du bâtiment, de 500 m², nous mettons en place une boutique-usine et un musée avec les pièces d'archives de la maison. L'idée est de créer un espace pour accueillir les clients de Lyon et de la région.

Vous avez décidé de rester dans la métropole de Lyon. Vous n'avez pas envisagé de partir à Paris ?

Non, jamais. Les stylistes, les couturières, viennent de Lyon. Ils sont attachés à la région. De plus, nous n'avons bougé que d'un kilomètre donc ce n'était pas trop compliqué à gérer.

Vous êtes arrivé à la tête de Maison Lejaby en septembre 2015 avec pour objectif de relancer la marque. Quel regard portez-vous sur l'année 2016 ?

La difficulté de ces métiers est la longueur des cycles. Il faut compter 18 mois pour un cycle de création de collection. L'équipe actuelle s'est mise en place fin 2015, donc fin 2016 nous commencions tout juste à percevoir les premiers résultats. Mais relancer ou développer une marque, notamment dans univers du luxe et de la mode, prend toujours du temps. Les fondamentaux doivent être solides. Il est nécessaire de revoir les fondations, l'identité de la marque ou encore les compétences des équipes.

Finalement, 2016 est une année de transition. Nous avons changé l'équipe, le style, le réseau de distribution et l'image de la marque. Nous avons aussi lancé des chantiers assez lourds comme l'externalisation de la logistique ou le déménagement.

Maison Lejaby, collection Printemps-Eté 2017

La collection printemps-été 2017. (Crédits : Maison Lejaby)

Qu'en est-il du bilan financier ?

Sur le plan du business, l'année a été compliquée. Nous étions toujours sur les collections de l'ancienne équipe qui étaient un peu en bout de course, manquaient de modernité et de dynamisme. Les effets du travail que l'on a fait seront davantage visibles en 2017.

Le chiffre d'affaires est à peu près stable, avec un ordre de grandeur de 25 millions d'euros. La société fait encore des pertes mais nous avons fait bouger le style et l'image de Maison Lejaby avec notre campagne de publicité. Nous avons décidé de casser un peu l'image la lingerie traditionnelle, avec des portraits de jeunes femmes très modernes.

Nous avons par ailleurs élargit notre réseau de distribution avec l'ouverture de deux boutiques, à Lyon et plus récemment à Paris. Nous sommes aussi entrée dans de nouveaux grands magasins, aux Etats-Unis, au Canada et au Japon ce qui est encourageant car cela prouve que notre stratégie produit et le style sont bien accueillis.

D'autres ouvertures de boutiques sont-elles prévues cette année ?

Dans le principe oui, nous voudrions en ouvrir une supplémentaire. Mais l'emplacement n'est pas encore arrêté. Ce ne sera pas forcément en France : peut-être que ce sera une nouvelle boutique à Paris ou une à Londres.

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Quelles sont vos ambitions pour 2017 ?

Retrouver la croissance du chiffre d'affaires, qui est en diminution depuis vingt ans. Pour atteindre cet objectif, nous comptons sur une conjonction de facteurs, à savoir des produits plus modernes, un réseau de distribution plus adapté avec des points de ventes directs et des enseignes de qualité mais aussi l'export ou le digital. Ce dernier point est important car cela va nous permettre de rajeunir la clientèle. 2017 devrait être l'année de retournement de tendance du chiffre d'affaires. Tel est notre objectif.

Quelle est votre vision du secteur de façon plus générale ?

L'année 2016 a été épouvantable pour les marques. La conjoncture est mauvaise et autant je crois à une croissance possible à l'export, autant la France est totalement sinistrée. Les gens ne consomment pas.

Pourtant, en cas de crise, on dit souvent que luxe est l'un des secteurs qui résiste mieux ?

Oui mais ce n'est même plus le cas en France. Les attentats ont engendré une baisse de trafic historique dans les grands magasins comme le Printemps et les Galeries Lafayette. Ce qui a beaucoup pesé sur toutes les marques.

Maison Lejaby figurait parmi la quinzaine de marques de lingeries qui ont participé au début du mois de janvier au défilé "Lingerie, Mon Amour". Derrière, se cache-t-il cette idée qu'à plusieurs, il est possible de redynamiser le secteur ?

Se regrouper est un facteur de succès car cela permet de se faire entendre. La France a une image formidable pour son savoir-faire. Je suis favorable à ce que les marques françaises regroupent leurs forces plutôt que de se faire concurrence et de se partager la pénurie. Mais je trouve que cette démarche est encore difficile à faire comprendre aux autres opérateurs. On a encore du travail.

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