Le business des "colos", reflet de la fracture sociale

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(Crédits : Flickr / CC BY telomi)
Le marché des colonies de vacances est en chute libre depuis plusieurs années. Le contexte économique est une des causes. Mais le marché est bouleversé par l'entrée de nouveaux acteurs qui souhaitent redonner du souffle à un modèle parfois jugé obsolète. Quitte à sacrifier la sacro-sainte "mixité sociale" historiquement prônée dans les séjours collectifs pour les enfants.

(Article publié le 29/07/2015, actualisé le 15/07/2016)

"Les jolies colonies de vacances. Merci maman, merci papa", chantait Pierre Perret. Cette comptine parait aujourd'hui bien désuète. Depuis...

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Commentaires
a écrit le 04/02/2017 à 18:49 :
Quelles sont les sources de ces chiffres?
a écrit le 17/07/2016 à 14:25 :
Mes deux enfants sont en colonie actuellement. Heureusement que le ce de mon mari assure parce que ça coûte très cher mais c nécessaire pour leur bien etre ! Et oui ce sont des colos haut de gamme à l'étranger et c au détriment des vacances en famille mais c une expérience de vie et de tolérance sans pareil
a écrit le 24/03/2016 à 11:17 :
J'ai été et je suis encore animateur, directeur et formateur dans le secteur de l'animation volontaire et j'ai parfois vécu des expériences qui pourraient donner raison à cet article.

En 2013, je tenais le discours suivant :

- Il y a un problème de mixité sociale sur les séjours : certaines associations n'accueillent que des enfants issus de famille pauvre ayant des aides CAF, d'autres entreprises organisent des séjours à 1000 euros pour les familles plus aisées qui excluent les classes moyennes.

Comme ce qui a été dépeint dans l'article, mon discours était caricatural ! Dommage à cet égard que l'article ne cite pas le rapport parlementaire du député M.Ménard sur l'avenir des colonies de vacances qui évoquent avec plus d'objectivité l'ensemble des données recueillies.

A côté de cela, l'article ne parle pas des initiatives nouvelles qui émergent aux 4 coins de la France et qui contredisent complètement cet état de fait, j'ai envie d'en citer quelques unes :
- la FAL 44 à Nantes qui proposent des formations BAFA deux fois moins chères que "le prix du marché"
- L'association Bidouillerie (association dont je suis membre) qui proposent des départs en colo avec de l'Activité qui se décide dans une réunion d'enfants, un repas fait maison avec eux, un encadrement par 1 adulte pour 4 enfants et des prix à 45 euros en moyenne par jour contre 63 pour la moyenne nationale : nous doublons notre capacité d'accueil tous les ans.
- L'association Wakanga qui proposent également des colonies de vacances sur les mêmes bases que la Bidouillerie et qui a connu beaucoup de succès avec une progression de 40% en quelques années.
- L'association Evasoleil, l'association retour aux sources, ...

Ce nouveau réseau d'associations démontre que rien est encore joué : il est construit par des jeunes presqu'entièrement auto-financé avec l'ambition de créer la colonie de vacances nouvelle génération qui se rappelle des valeurs qui ont animé nos parents tout en les conjuguant avec ce qui fait la société d'aujourd'hui !
a écrit le 02/08/2015 à 9:01 :
"La mixité sociale c’est du pipeau"
Ça ne l'était pas lorsque j'ai connu les "colos", mais c’est vrai que c'était entre les années 70 et 80. A l'époque les CE d'entreprises privées de tailles respectables (je ne parle pas d'EDF, de France Télécom etc..) étaient très actifs sur ce créneau.
C'était une vraie institution, on se retrouvaient tous ensembles, enfants de cadres ou d'ouvriers, la participation financière des parents était calculée sur leur revenus.
J'ai vécu des moments extraordinaires en colo (de 7 à 16 ans), mais c’est bien fini.
Je m'en suis aperçu lorsque le tour de mes enfants est arrivé, pour toutes les raisons évoquées dans l'article.
Dommage.
a écrit le 01/08/2015 à 16:24 :
En 1988 les CAF et conseils généraux ont retiré leurs financements d'équipement aux colis pour financer les vacances familiales. Ce choix politique a désamorcé un levier puissant d'Education Populaire, cessant de former de futurs acteurs éveillés, délégués syndicaux, élus, promoteurs d'égalité... A mon sens cette extinction fut DELIBEREE. On a pas perdu que les séjours mais le cursus formateur, colon, puis mono, dirlo, organisateur... Libre penseur, libre Acteur...
a écrit le 30/07/2015 à 18:34 :
On assiste depuis peu à la mise en place de séjours avec moins d'activité consumériste et un retour à des activités plus en lien avec l'environnement et moins chères. Certains opérateurs peuvent donc mettre sur le marché des offres de séjours ou l'on insiste plus sur la qualité de l'encadrement, le vivre ensemble, la découverte que sur des activités chères. Les classes moyennes peuvent se permettre de choisir ces colos à condition de le vouloir et de considérer que le fait de mettre son môme en colo représente un acte éducatif majeur; C'est aussi une question de priorité...
a écrit le 30/07/2015 à 16:57 :
la fracture sociale résulte bien d'un excès législatif et règlementaire, on a découragé le bénévolat, en ouvrant une autoroute aux entreprises commerciales.
ce qui est vrai pour les colos l'est aussi pour le logement, les emplois peu qualifiés, etc.
bref nos bobos d'élus et d'administrateurs qualifiés de la république ne sont plus dans le coup.
Réponse de le 30/07/2015 à 17:33 :
Les colos n'étaient et ne sont pas gratuites. Elles étaient et sont assurées par des moniteurs diplômés et des responsables de centre qui l'étaient/le sont tout autant (BAFA/BAFD minimum). Ce qui a changé, à mon avis, c'est le soutien que les organismes gravitant autour de ce thème apportaient : les CAF payaient un prix de journée important par enfant y compris pour les classes "moyennes", les mairies aussi, parfois les Comités d'Entreprise participaient. De ce fait, la facture qui restait à payer pour les familles était à peu près correcte. Les financeurs se sont désengagés, les normes effectivement ont évolué, mais je pense que c'est principalement le désengagement financier des organismes dont j'ai parlé ci-dessus qui est la cause de ce désamour. Les pauvres sont aidés au cas par cas par d'autres financeurs (CCAS, Conseil Général, etc). Les riches paient si c'est leur choix. Entre les deux, ce n'est plus possible.
a écrit le 30/07/2015 à 11:23 :
Mr Javeau de Telligo n'est pas représentatif de l'état d'esprit qui anime les 11 % du secteur dit "marchand" dans les colonies de vacances d’autant (et c'est également le cas pour Telligo qui se nommait autrement), ces entreprises étaient initialement des associations.
On est donc face à une vraie mutation du secteur et les solutions sont complexes. Il faut notamment à la fois attirer de nouveaux participants sans se défaire de ceux qui partent déjà (le taux de satisfaction avoisine les 90 %)..
Quant au gouvernement, où sont passés les propositions issues du rapport Le ministère JS fait référence à 1,4 millions d'euros. Ne nous leurrons pas. Votre article dit que l'on a perdu 200 000 jeunes. Cela représente 7 € par séjour et par jeune !!!! Alors, on subventionnera uniquement quelques projets, par ci par là, qui , sans remettre en cause leur intérêt, auront surtout un effet vitrine ! Ce n'est pas çà la politique !
a écrit le 29/07/2015 à 18:23 :
La fin du service militaire, merci Chirac, la fin de l'instruction civique dans les années 80, merci Mitterrand et la dévalorisation du bac, merci Jospin, nous ont conduit à une société qui se fout de tout et de tout le monde. Quant à la réduction de la fracture sociale, c'est en effet pipeau puisque l'on privilégie l'individualisme par rapport au collectivisme (à ne pas confondre avec le communisme).
Réponse de le 30/07/2015 à 23:40 :
Individualisme? Mais vous avez loupé la dernière marche! Elle s'appelle "économie collaborative". Et elle se situe à l'exact opposé du "moi je". Bientôt passé de mode?
a écrit le 29/07/2015 à 18:16 :
Reflet de la société, on préfère dépenser des sommes énormes en soins de bobos inutiles de toutes sortes et faire de l'acharnement thérapeutique plutôt que de permettre aux enfants des classes moyennes de partir en vacances. 1.4 millions d'euros....ça représente combiens d'arrêts de travail injustifiés, de transports en ambulance inutiles et de kinés sans vraie valeur ajoutée vitale...Et je ne parle pas du coût des produits anti-cholesterol ou anti-tension pas vraiment nécéssaires.
a écrit le 29/07/2015 à 17:43 :
Curieux que ne soit pas même évoqués les camps scout qui représentent une alternative aux colo d'antan et au consumérisme .
Réponse de le 31/07/2015 à 11:25 :
Les scouts bénéficient d'un régime d'exception au sein de l'animation qui leur permettent beaucoup de facilités (genre on ne paye pas nos encadrants). Et même si les méthodes éducatives sont intéressantes sur de ,nombreux points, il n'en reste pas moins qu'il s'agit de structures ouvertement religieuses donc qui pratiquent une autre forme de sélection à l'entrée...
Réponse de le 01/08/2015 à 8:47 :
Le scoutisme (dont 5 associations en France sont actuellement reconnues par l état) n est pas figé à une religion. Certaines associations sont laïques.
Par ailleurs, le scoutisme n'a pas plus de facilité! Comment recruter des jeunes bénévoles alors que les colos proposent un salaire bien garni ? (des milliers de jeunes adultes de 18-20 ans se décarcassent en tant que directeur de camp pour trouver assez de chefs bénévoles afin d avoir le droit de partir en camp, comme le demande la loi) Comment respecter dans la nature la même réglementation JS que les colos implantées dans des bâtiments en dur?
Cela étant, le gros avantage (mais aussi parfois la difficulté) du scoutisme, c est la force du bénévolat.

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