Egalité professionnelle : les femmes, entre plancher collant et plafond de verre

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(Crédits : BPI France)
Fondatrice et dirigeante de Jump, entreprise sociale européenne de promotion de l’égalité professionnelle, Isabella Lenarduzzi est venue, ce 6 octobre, à Lyon, dresser un état des lieux de la place des femmes en entreprises. Elle a rappelé que l'égalité était une clé de la compétitivité des entreprises, déplorant que la femmes soit encore loin, dans le monde du travail, d’être l’égale de l’homme.

"Promouvoir l'égalité professionnelle, c'est en appeler à une meilleure gestion des talents afin d'accroître la performance de l'entreprise et concourir à la fondation d'une économie davantage responsable et durable." D'emblée, Isabella Lenarduzzi pose les contours de son intervention consacrée à la lutte contre les inégalités hommes-femmes dans le monde du travail, le jeudi 6 octobre, au sein du campus Mérieux Université.

La fondatrice et dirigeante de Jump, entreprise sociale européenne de promotion de l'égalité professionnelle, milite et travaille aux côtés des entreprises et des salariés. Elle rappelle que l'égalité ne sera atteinte sans une égale mobilisation des hommes et des femmes en faveur d'un réel équilibre dans les entreprises, et ce, à chaque strate des organisations, y compris les plus élevées.

"Il est impératif de quitter les logiques de domination pour adopter celles de la collaboration", enjoint-elle.

Pour parvenir à l'égalité et au réel équilibre, quatre étapes doivent selon elle être franchies : la compréhension de la problématique, l'évaluation des perspectives d'évolution, la construction du changement et le partage des bénéfices. Une problématique bien réelle en France, qui se hisse au 15e rang du classement établi par le World Economic Forum en termes d'égalité professionnelle (qui prend en compte quatre "secteurs", l'éducation, la santé, l'économie et la politique).

"Réserve de talents"

Or les talents et les énergies féminines sont des ressources globalement sous-exploitées. Et pour l'entreprise, la réserve de talents se trouve majoritairement féminine. Ainsi, 59 % des diplômes universitaires sont obtenus par des femmes. Mais ce vivier de compétences demeure le plus souvent sous-exploitée.

"Surtout les femmes, bloquées entre plancher collant et plafond de verre ne parviennent pas aux postes à responsabilité."

Les femmes semblent ne pas s'imposer naturellement et restent souvent considérées comme des "outsiders". Et lorsqu'elles occupent ces postes, les écarts salariaux, déjà constatés à l'embauche, se creusent davantage encore.

Isabella Lenarduzzi tient également à rappeler le rôle prépondérant de prescriptrice qu'occupent les femmes.

"A la différence des jeunes ou des aînés, elles sont considérés comme une niche. Or elles ne sont ni plus ni moins que le marché. Ainsi, elles effectuent 80 % des décisions d'achat de biens de consommation."

Mixité et compétitivité

L'entreprise a tout à gagner à promouvoir et faire respecter l'égalité. Les études démontrent que la mixité favorisait une prise de décision plus efficiente. Surtout, elles prouvent que l'égalité démultipliait la compétitivité des entreprises. Mais, en entreprise, on constate des poches de résistance, notamment au sein des middle-managers hommes, de 35 à 45 ans.

Pourtant l'économie, si elle valorisait davantage les femmes et favorisait la mixité, notamment par l'application de quotas, pourrait faire un véritable un bond : l'égalité en France serait, selon les projections, synonyme d'un saut du PIB de 7 points, soit l'équivalent de 150 milliards d'euros.

Des perspectives de bénéfices qu'ont certainement pris en compte plus d'une entreprise sur trois en France en instaurant des mesures concrètes en faveur de l'égalité hommes-femmes. Car "c'est bien l'alliance des genres, conclut Isabella Lenarduzzi, qui conditionne la compétitivité de l'entreprise".

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