[Portrait d'Acteur 6/6] Christophe Batier, l'avant-gardiste

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Acteurs de l'économie-La Tribune vous propose chaque semaine, durant l'été, un portrait de scientifiques, entrepreneurs, et professeurs qui révolutionnent leur monde, inventent et créent de nouveaux modèles innovants, ou transmettent leur passion. Cette semaine, rendez-vous Christophe Batier qui imagine l'éducation de demain à l'Université Lyon 1.

Cet ancien chercheur à EDF est rapidement devenu l'acteur de référence lorsqu'il s'agit de parler de numérique et pédagogie au sein de l'université Lyon 1. Une problématique  sur laquelle il travaille depuis 1996 lorsque "le président de l'établissement a voulu créer une cellule nouvelle technologique éducative. J'étais le seul à postuler".

Au départ, ils étaient deux, dans une aile du campus de la Doua, à réfléchir au futur de l'éducation. Aujourd'hui, ils sont une trentaine d'ingénieurs, tous des "fous furieux", comme il les définit, à travailler sur des outils d'apprentissage en ligne.

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D'abord sur la création de la plateforme Spiral, utilisée aujourd'hui par 300 000 personnes puis depuis peu en collaborant sur une plateforme nouvelle génération Claroline (projet international) qui regroupe moocs, vidéos, une fonction sociale, ou encore un espace personnalisé.

Geek

Les technologies ne l'ont jamais lâché. Au contraire, Christophe Batier, vissé en permanence à son téléphone portable, s'y passionne depuis son adolescence.

"Je suis celui qui a connu le Plan informatique pour tous, mis en place par Laurent Fabius en 1985, qui devait initier des élèves à l'informatique", prévient-il.

Dès lors, il suit les évolutions du secteur, s'adapte, prospecte, veille. "Le métier que je fais actuellement n'existait pas il y a 20 ans. Tous les six mois il change."

Le numérique bouleverse les habitudes, ses habitudes aussi, si bien qu'il goûte à l'entrepreneuriat et fonde une agence web à la fin des années 1990. Une expérience de courte durée pour mieux revenir à l'université.

"Ici, j'ai pu trouver le travail le plus motivant, très ouvert sur l'international, collaboratif et fonctionnant à l'instar d'une startup malgré ses contraintes."

Visionnaire

"Nous devons nous projeter sur le long terme, soit à cinq ans." Avec son équipe, Christophe Batier imagine l'éducation de demain. Pour le chercheur, "les nouvelles technologies modifient la physionomie des salles de classe et les grandes messes en amphithéâtre seront beaucoup plus pédagogiques grâce à une immersion dans le contenu".

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Il ne sera donc pas rare de voir des cours en 3D ou en réalité augmentée. Une dimension qui demande une attention et une sensibilisation plus importantes des enseignants qui "ne comprennent pas toujours ces évolutions. La France a un vrai retard à ce niveau. Regardez, le peu d'enseignants-chercheurs sur Twitter ?", regrette-t-il.

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Commentaires
a écrit le 05/09/2016 à 12:13 :
Je refuse formellement de faire mes cours sur Twitter !
Réponse de le 09/09/2016 à 10:30 :
C'est sur dis comme cela, on ne voit pas trop l’intérêt de faire un cours sur Twitter. Mais si on va voir sur Twitter ce qui se passe autour de certains mots clés comme #twittclasse , #edmus , #Twictee , #classeinversée cela donne pas mal d'idée du potentiel et des usages de cet outil en pédagogie.
Et pour ceux qui font des cours intégralement en ligne ou pour des Moocs, twitter peut être un lieu de vie virtuel et d'échanges plus ou moins informels très riches. Je ne dis pas que cela fonctionne systématiquement mais y a un potentiel qui ne demande qu'à s'exprimer pour peut qu'on sache l'utiliser correctement.
Et au delà de l'aspect pédagogique, twitter peut aussi avoir un autre potentiel pour les enseignants chercheurs : http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/02/05/twitter-et-les-chercheurs-l-exception-francaise_4360491_1650684.html
a écrit le 19/08/2016 à 10:52 :
L'éducation du futur, elle existe depuis longtemps :
c'est celle du type Montessori, qui ne cherche pas à formater pour faire des robots.
On sait déjà que "des cours derrière un ordi" est un facteur qui empêche l'apprentissage correcte, car l'humain ne fait plus l'effort de retenir, tout reste "dans la machine".
Bref. Il serait temps de regarder un peu plus loin que le court terme économique monétiste...
Réponse de le 09/09/2016 à 16:20 :
Si je reprends vos arguments, je remplace "Ordi" par "livre"...
ça marche aussi....
Si je je reprends vos arguments, je remplace "parole" et "écrit"
ça marche aussi...

D'ailleurs, il me semble que la ploémique "parole" et "ecrit" du temps de Socrate et Platon prouve que cette problématique du contenu et du support n'est pas récente du tout....
Et effectivement le temps pédagogique demande un peu plus de réflexion que le court terme économique
Réponse de le 10/09/2016 à 16:25 :
Oui, remplacer "ordi" par "livre" marche aussi, "parole" "écrit" aussi, car le problème principal est le besoin d'apprendre. Si on force quelqu'un à apprendre, le support n'a pas d'importance.

Mais l'ordi et le "cloud" sont un facteur accélérant de l'abrutissement, car ils facilitent encore plus le "pas besoin d'apprendre puisque si j'ai besoin de l'info, je clique sur un bouton".
Et c'est à mon avis un problème pour l'avenir.

D'où ma remarque sur l'éducation du futur : de type Montessori qui cherche la motivation et le "faire par soi-même" pour les élèves, une bien meilleure approche que les autres façons d'apprendre.
Mais ce n'est qu'un point de vue.

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