IEP de Lyon : quelle feuille de route pour le nouveau directeur ?

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(Crédits : Laurent Cerino/Acteurs de l'Economie)
Renaud Payre, nouveau directeur de Sciences Po Lyon a dévoilé ce lundi sa feuille de route concernant l'établissement qu'il dirige suite au départ de Vincent Michelot : internationalisation, plus grande insertion professionnelle ainsi qu'un ancrage majeur dans la Comue de Lyon sont des thématiques prioritaires. Sur ce dernier point, l'ouverture d'un campus à Saint-Etienne sera soumise au vote des instances internes.

"À travers les sciences humaines et sociales, nous voulons faire de Sciences Po Lyon un établissement pivot dans la Comue, à un moment où la structure est à un tournant avec la labellisation Idex", a avancé Renaud Payre, le nouveau directeur de l'IEP de Lyon, officiellement en poste depuis vendredi 1 juillet. Après le départ mouvementé de l'ex-directeur Vincent Michelot, et l'intérim de Gilles Pollet, le nouvel homme fort de l'Institut a dévoilé ce lundi sa feuille de route.

Un campus à Saint-Etienne ?

"Afin de participer pleinement à la stratégie de la Communauté d'universités et établissements de Lyon", l'Institut d'études politiques proposera lors d'un conseil d'administration exceptionnel, au plus tard en novembre 2016, l'ouverture d'un campus à Saint-Etienne.

 "C'est un projet qui sera confronté au vote des instances internes. S'il est validé, le campus pourrait ouvrir dès le mois de septembre 2017", a expliqué prudemment Renaud Payre.

Cette ambition permettra d'accueillir également davantage d'étudiants, afin de répondre au dessein de démocratisation de l'Institut, même si d'ores et déjà 250 étudiants seront recrutés en première année à la prochaine rentrée, contre 180 actuellement, quelle que soit la décision finale liée au dossier ligérien.

Et pour rendre attractif ce campus stéphanois, la direction est en train de monter des "partenariats inédits afin de répondre au souhait de proposer des offres spécifiques".

L'implantation ne serait pas totalement une nouveauté, dans la mesure où des masters sont déjà proposés en collaboration avec l'université Jean Monnet de Saint-Etienne (membre de l'université de Lyon).

Augmenter la professionnalisation des élèves

Autre chantier pour le directeur, augmenter les capacités d'insertion professionnelle des étudiants et diffuser encore davantage la culture d'entreprise au sein d'une structure dont deux tiers des suiveurs s'orientent vers un emploi dans le privé, et dont 80 % trouvent un travail 6 mois après leur diplôme. L'objectif est d'être à l'interface "du secteur public et privé, tout en gardant une conception très forte du service public".

"Nous devons rompre avec l'image de Science Po Lyon qui préparerait uniquement aux métiers du secteur public", estime le directeur.

Ainsi, Renaud Payre souhaite fonder une pépinière d'entreprises afin que les projets d'entrepreneuriat de certains étudiants puissent se développer.

Parmi les mesures fortes annoncées, la mise en place d'un stage obligatoire de trois mois lors d'une des trois premières années du cursusmais aussi une ouverture de certain master à l'apprentissage. "Cela pourrait rapprocher encore plus concrètement l'Institut et les entreprises", explique Renaud Payre. Mais aussi, l'IEP de Lyon pourrait également ouvrir ses masters à la formation continue. Anne Blanc-Boge, nouvelle directrice de la formation continue et de l'insertion professionnelle mènera ce chantier.

Diversification des revenus

Au-delà de la diffusion de la culture d'entreprise au sein de la structure, l'IEP pourrait y trouver de nouvelles sources de financement, notamment en étant plus "agressif" concernant la taxe d'apprentissage.

Même si la situation financière est jugée "saine", Renaud Payre souhaite mener une stratégie de diversification des revenus, alors que les étudiants ont été mis à contribution en mars dernier, avec la création des tranches 7 et 8 qui a engendré l'augmentation des frais d'inscription pour 14 % des effectifs, uniquement les élèves issus de milieux sociaux favorisés, portant les frais de scolarité à 3770 euros.

Vers la création d'un "living lab" ?

De plus, Sciences Po Lyon va travailler sur de nouvelles innovations pédagogiques et sur de nouveaux contenus.

"Nous devons conserver nos points forts - langue, sciences humaines, sciences politiques -, mais également clarifier notre maquette et l'adapter aux enjeux contemporains avec l'intégration de nouvelles matières", a souligné le directeur.

Ainsi, la pédagogie devrait s'appuyer de plus en plus sur les outils numériques, à l'instar des Moocs, mais aussi à travers "l'apprentissage par l'expérimentation". Pour soutenir ce souhait, Renaud Payre envisage d'ouvrir un "living Lab" dans le secteur de l'innovation du service public, mais un tel outil dépendra de l'obtention de financements.

Enfin, l'Institut d'études politiques de Lyon veut rayonner davantage à l'étranger. Pour cela, des partenariats nouveaux devraient être signés (actuellement 150 conventions existent avec d'autres établissements), particulièrement avec des structures qui rayonnent autour de l'océan Indien.

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