FlexJob : le "catalyseur des nouvelles formes de travail"

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JérémIe Bataille, président de FlexJob.
JérémIe Bataille, président de FlexJob. (Crédits : DR)
Télétravail, freelancing, portage salarial… La norme de la présence dans l’entreprise, peu à peu, cède la place à de nouvelles formes de travail. C'est pour favoriser l'émergence de ces nouvelles pratiques que Jérémie Bataille et ses deux associés ont créé ensemble FlexJob.

72 % des cadres français en sont convaincus : le travail flexible améliore la productivité d'après une enquête réalisée par Regus en 2013. C'est de ce constat et de cette envie que sont partis Jérémie Bataille et ses deux partenaires lorsqu'ils ont créé FlexJob, une startup dédiée aux nouvelles formes de travail.

"Pourquoi, quand notre ordinateur et notre téléphone portable sont nos principaux outils de travail, on ne pourrait pas s'éviter trois quarts d'heure de bouchons tous les matins ?", demande ingénument Jérémie Bataille.

Une plateforme de recrutement dédiée au flexjob

Avec deux chefs d'entreprise lyonnais, il a donc réfléchi à une plateforme de recrutement entièrement dédiée à ces nouveaux emplois. Le candidat précise sur le site lancé en mars 2016 quel type de "flexjober" il est. Le but est de lui trouver le poste qui correspond à ses attentes, qu'il s'agisse de temps partiel, de télétravail ou de freelancing. Pour lui, l'utilisation de cet outil est gratuite. En revanche, les recruteurs doivent payer pour déposer une annonce.

Ce modèle économique peut sembler classique dans le monde du recrutement et du conseil :

"les deux marchés les plus concurrentiels en France, reconnaît Jérémie Bataille. Mais on est leader sur le marché des nouvelles formes de travail, et on souhaite le rester en se développant vite."

Ce développement pourrait selon lui passer par l'utilisation d'algorithmes pour mettre en relation une entreprise avec son candidat idéal.

Infographie FlexJob

Si FlexJob a déjà sa place sur le marché du recrutement, sa seconde activité, le conseil, est elle aussi concurrentielle :

"Il y a beaucoup de cabinets de conseil, mais ça veut dire qu'il y a un marché. Il s'agit de réussir à trouver sa place, d'être meilleur et moins cher."

Aujourd'hui, FlexJob ne veut pas communiquer son chiffre d'affaires, mais affirme que son nombre de client est croissant.

Le présentéisme, une idée bien ancrée en France

L'outil numérique est au cœur de ce projet :

"Le flexjob n'a pas forcément été la priorité des entreprises ces dernières années, mais le numérique apporte les outils nécessaires pour cette transformation du marché du travail, pour faciliter le management, les échanges."

Depuis, tout s'accélère dans le sens d'un travail plus flexible, notamment dans le monde des startups. En témoigne la multiplication urbaine des espaces de coworking et l'émergence des entreprises libérées, qui laissent leurs employés libres de leurs horaires.

Lire aussi : Entreprise libérée : vrai progrès ou phénomène de mode ?

Pourtant, d'après l'entrepreneur, la France reste frileuse à ce genre d'initiatives :

"Le présentéisme peut jouer un rôle. On a l'impression que quand un employé n'est pas là, c'est qu'il ne travaille pas. Mais qui vous dit que la personne qui est là travaille ? Finalement, les enquêtes montrent que les personnes qui travaillent à distance ont entre 15 et 20 % de productivité supplémentaire."

Canaliser les nouvelles formes de travail

Une productivité accrue qu'il faut également canaliser. En effet, les télétravailleurs peuvent avoir tendance à vouloir trop en faire. Parallèlement, la disparition du collectif menace si le travail flexible, et notamment à distance, remplaçait complètement la présence au bureau. Pour prévenir ces risques, FlexJob fait également du conseil auprès des employeurs et salariés. Pour Jérémie Bataille,

"il faut garder la notion de collectif. Je ne suis pas pour le 100 % à distance. 2 ou 3 jours par semaine, c'est très bien."

Autre danger à éviter : la précarité que ces nouvelles formes de travail peuvent entraîner. C'est le cas du temps partiel, moins bien payé, qui peut empêcher le salarié d'avoir un salaire suffisant. Jérémie Bataille répond :

"Je pense que le flexjob doit être basé sur du bivolontariat. On ne peut pas forcer quelqu'un à partir en télétravail : ça ne marchera pas."

D'après l'OCDE, 50 % des actifs pratiqueront le télétravail d'ici 2025.

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Commentaires
a écrit le 24/06/2016 à 20:40 :
Quid du code du travail et des conventions collectives qui sont tellement contraignants qu'il est impossible de refléter ces nouvelles formes de travail dans le contrat avec le salarié ?

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