BoostHeat : 15 M€ pour industrialiser la chaudière du futur

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(Crédits : BoostHeat)
BoostHeat s'est vu officiellement notifier par Bpifrance le passage en instruction avancée de son projet Piave dans le cadre de l'appel à candidature relative à l'industrie du futur. La société qui a installé ses quartiers au sein de l'unité diesel de Bosch France à Vénissieux espère ainsi une avance remboursable à hauteur de 20 % de son budget prévu pour l'industrialisation de sa chaudière thermodynamique. Elle s'est engagée à embaucher 50 salariés de l'équipementier allemand, en trois étapes jusqu'en 2018.

BoostHeat, future star de la transition énergétique ? Cette jeune entreprise ayant conçu une chaudière thermodynamique, très économe, est indéniablement une recrue à fort potentiel pour l'agglomération lyonnaise. D'ailleurs, Bpifrance ne s'y est pas trompée et vient de lui notifier officiellement le passage en instruction avancée de son projet Piave (projets industriels d'avenir) dans le cadre de l'appel à candidatures lancé par le commissariat général à l'investissement.

Ce projet porte sur la phase d'industrialisation de sa chaudière représentant un budget de 15 millions pour les trois années à venir. Avec à la clef une avance remboursable (au titre du Piave) correspondant à 20 % de la dépense.

Recrutement d'un directeur industriel

BoostHeat a quitté sa base natale de Nîmes pour Vénissieux où Bosch France a mis à sa disposition 300 mètres carrés au sein de l'usine diesel.

"L'installation est effective depuis mi-septembre. Et quatre des huit personnes du siège ont suivi le déménagement", commente Luc Jacquet, co-fondateur de la jeune pousse éclose en 2011.

Le premier recrutement à Vénissieux s'est concrétisé avec Jean-Luc Morgand en charge de la direction industrielle. Cet ancien responsable des projets stratégiques du danois Danfoss (compresseurs) a finalisé les entretiens préalables à l'embauche des huit premiers salariés de Bosch (diesel) qui ont signé leur contrat  le 2 novembre dernier pour rejoindre l'équipe et effectuer le travail préparatoire à l'industrialisation des chaudières.

Trois vagues de recrutements

BoostHeat procédera, dans le courant du second semestre 2017, à 20 embauches supplémentaires parmi le personnel de l'unité de montage d'éléments pour les moteurs diesel conformément à l'engagement pris auprès de Bosch France pour la revitalisation du site.

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Il s'agira aux 2/3 d'ouvriers qualifiés et pour le solde de salariés occupant d'autres fonctions, indique Luc Jacquet. Et ce dernier confirme la troisième vague de 22 personnes en 2018. Le démarrage de la production reste annoncé pour septembre 2017 et se substituera progressivement à l'activité diesel dont l'arrêt a été repoussé à la fin de l'année prochaine.

 30 000 à 50 000 chaudières

"La montée en charge de l'assemblage des chaudières se fera au fur et à mesure de la libération des locaux par Bosch", rappelle Luc Jacquet. A terme, BoostHeat a vocation à prendre possession de l'intégralité des lieux, soit 5 000 mètres carrés. De quoi effectuer le montage de "30 000 à 50 000 chaudières par an et disposer d'une visibilité jusqu'en 2020/2021", poursuit le dirigeant. Sera produite dans un premier temps la gamme Apaches destinée au logement individuel. Les chaudières Comanche pour le résidentiel collectif et les immeubles tertiaires seront mises sur le marché avec un décalage de 6 à 12 mois.

"Deux compresseurs s'intégreront dans le même type de carrosserie", détaille Luc Jacquet.

La société a conclu plusieurs partenariats, entre autres avec des énergéticiens : Dalkia (EDF), Engie, GRDF, British Gaz etc.

Nouvelle levée de fonds de 4 millions d'euros

Au plan financier, BoostHeat a levé à ce jour 5 millions d'euros de fonds propres lui donnant accès à une enveloppe globale de 11 millions d'euros depuis sa création. La course contre la montre continue et une nouvelle augmentation de capital de 4 millions d'euros est attendue d'ici à la  fin de l'année.

"Les négociations avancent avec de nouveaux actionnaires", assure le co-fondateur.

"Luc Jacquet donne toute confiance. Il est dans une approche prudente et rationnelle", évoquait Simon-Pierre Eury, commissaire régional au redressement productif, interrogé par Acteurs de l'économie-La Tribune en juillet dernier.

50 millions d'euros en 2019

BoostHeat table sur 77 salariés en 2018 dont 28 au centre de recherche et développement de Ramonville-Saint-Agne (près de Toulouse). Ses ventes devraient atteindre 16 millions d'euros, cette année là, et grimper à 50 millions en 2019. Au-delà, sa technologie de compression thermique présente un large potentiel au niveau de la puissance et des applications (industrielle, frigorifique ou encore dans le domaine des piscines).

"Aucun licenciement sec"
Le projet de PSE de l'unité diesel de Bosch a été ratifié par les quatre organisations syndicales le 12 octobre dernier. Il concerne 97 postes, hors pré-retraites. "Nous sommes parfaitement confiants sur le fait qu'il n'y aura aucun licenciement sec à l'issue de la procédure qui s'achèvera début février 2017 avec l'aval de la Dirrecte", certifie Marc Soubitez, délégué CFDT. Notre objectif est que chaque salarié trouve au moins une proposition crédible de reclassement". Et les employés pourront faire valoir une prime de 45 000 euros ; la contrepartie étant de ne pas poursuivre le groupe allemand en justice.

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