[Startups de l'été 3/5] Short Edition, des histoires lors de vos voyages

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De gauche à droite, l'équipe de Short Edition : Isabelle Pleplé, Christophe Sibieude, Sylvie Tempesta et Quentin Pleplé.
De gauche à droite, l'équipe de Short Edition : Isabelle Pleplé, Christophe Sibieude, Sylvie Tempesta et Quentin Pleplé. (Crédits : DR)
Acteurs de l'économie-La Tribune vous propose chaque semaine, durant l'été, le portrait d'une startup qui accompagnera, bousculera ou révolutionnera votre été. Troisième épisode avec la jeune pousse grenobloise Short Edition, qui propose un distributeur d'histoires courtes. Francis Ford Coppola, le réalisateur du film Le Parrain, a même été séduit par le concept.

Dans la salle d'embarquement des Aéroports de Lyon, ou en gare de Rennes, des distributeurs de couleur orange et noire ont été installés. Ils sont un peu particuliers : ils ne distribuent pas des billets de banque mais des histoires courtes. Autrement dit, des poèmes, des micro-nouvelles, des textes qui se lisent en moins de vingt minutes. Le temps d'attendre son avion ou son train.

Ce projet, lancé en octobre 2015, a été développé par l'entreprise grenobloise Short Edition.

"Nous cherchions une idée pour illustrer que le format court est pratique. Puis nous avons participé à un programme départemental en Isère, la Ville de Grenoble a testé ces distributeurs et ils ont aimé l'idée", se souvient Christophe Sibieude, co-fondateur de la startup.

Francis Ford Coppola

Et la Ville de Grenoble n'est pas la seule à avoir été séduite par cette idée de détournement d'un objet commercial pour servir la culture. Outre des Aéroports de Lyon, des centres commerciaux ou des gares, Francis Ford Coppola en personne a également fait l'acquisition d'un distributeur. "Au départ, nous avons pensé que c'était une blague", raconte le co-fondateur de Short Edition.

Mais le réalisateur du Parrain et d'Apocalypse Now  insiste, une rencontre est organisée à Paris, et Francis Ford Coppola acquière un distributeur pour l'installer dans son restaurant de San Francisco.

Cependant, ce n'est pas tant le côté people du cinéaste américain qui a poussé Short Edition à s'engager de ce projet.

"Pour nous, il s'agit d'une reconnaissance forte : San Francisco est la patrie des nouvelles technologies, et Francis Ford Coppola tient depuis 25 ans une revue littéraire."

Un million d'euros de CA en 2017

Pour autant, Short Edition ne souhaite pas se lancer dans le marché des particuliers et continue de déployer son offre à destination des entreprises.

"Nous voulons faire entrer la littérature dans les standards d'un accueil de qualité", affirme Christophe Sibieude.

Le but étant d'améliorer l'expérience utilisateur. Aujourd'hui déployés sur une trentaine de sites, les distributeurs devrait atteindre le nombre de 200 d'ici fin 2016, et environ 1 000 d'ici fin 2017.

Du fait de cette croissance, le chiffre d'affaires qui atteignait 400 000 euros en 2015 devrait doubler cette année, et dépasser le million d'euros en 2017, selon les prévisions de la startup.

Maison d'édition

Mais ce chiffre d'affaires qui ne comporte pas seulement la distribution d'histoires courtes dans les lieux publics. Car l'activité de Short Edition ne s'arrête pas là. Ou plutôt, ne commence pas là. A l'origine, l'entreprise familiale - Christophe Sibieude a co-fondé l'entreprise en 2011 avec sa sœur Isabelle Pleplé, et son neveu, Quentin Pleplé, et une associée, Sylvie Tempesta - est une maison d'édition communautaire de littérature courte.

Le principe est simple : sur une plateforme en ligne des auteurs publient des textes courts, après avoir été sélectionnés par un comité éditorial, composé de lecteurs. Ces derniers sont chargés d'évaluer les œuvres. En cinq ans, 170 000 personnes se sont abonnées, 50 000 textes ont été publiés par 5 000 auteurs. Ce sont ces textes, accessibles en ligne, qui sont également diffusés via le distributeur. Ce dernier reste une exploitation des textes parmi d'autres, comme la création d'un site mobile dédié aux histoires pour Transdev.

Autre projet développé par Short Edition, le big datexte. "Cette activité servira à aider les entreprises à développer des algorithmes pour analyser les verbatims de leurs clients", explique Christophe Sibieude. Le but est que ce projet génère entre 1/3 et 1/4 du chiffre d'affaires.

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