[Portrait d'Acteur 2/6] Anthony Bleton-Martin, startupper quadragénaire

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(Crédits : Laurent Cérino/ADE)
Acteurs de l'économie-La Tribune vous propose chaque semaine, durant l'été, un portrait de scientifiques, entrepreneurs, et professeurs qui révolutionnent son monde, inventent et créent de nouveaux modèles innovants, ou transmettent leur passion. Cette semaine, rendez-vous avec Anthony Bleton-Martin, qui partage son temps entre Lyon et San Francisco afin de développer sa nouvelle startup à 47 ans.

Docteur en physique ou chef d'entreprise, Anthony Bleton-Martin y attribue la même visée : celle de faire « émerger des idées » qui peuvent, dans l'absolu, « changer le monde ». Une philosophie qui le guidera tout au long de sa carrière. En prenant le virus très tôt, transmis par un père passionné d'astronomie, il se tourne au départ vers la recherche.

Espérant créer, innover, découvrir, il se confronte cependant à une matière abstraite.

« Dans la physique quantique, il est plus difficile de faire bouger les lignes. Après mes trois années de thèse, je n'ai pas trouvé ce que je voulais. »

C'est finalement en découvrant internet et en créant sa startup en 1996 qu'Anthony Bleton-Martin parvient à donner sens à ses idées.

« Avec le recul, je ne me suis finalement jamais senti l'âme d'un vrai chercheur de laboratoire, celui qui a la capacité à décrocher un prix Nobel ! »

Internet

Lorsqu'il découvre cette technologie, grâce à un ami travaillant au Cern de Genève, Anthony Bleton-Martin est subjugué.

« J'officiais alors au CNRS, à Paris. Ce fut un choc. Nous pouvions voir s'afficher des serveurs du monde entier. »

Sa première idée est de l'utiliser pour vulgariser la physique quantique. Mais sans modèle économique, il s'oriente plutôt vers les entreprises avec l'objectif de leur donner accès à internet. Avec deux autres associés, il fonde l'agence Novius. Les débuts sont difficiles, les connexions lentes, « il fallait convaincre ». Puis, peu à peu, l'entreprise grandit, résiste à la bulle et se développe. Elle compte aujourd'hui une trentaine de salariés.

Désormais, Anthony Bleton-Martin a pris du recul, et occupe seulement la présidence afin de se consacrer pleinement à son nouveau projet entrepreneurial.

Startupper

À 47 ans, Anthony Bleton-Martin repart de zéro. Il s'est lancé dans l'aventure Clubble. La startup s'annonçait au départ comme un réseau social d'entreprise basé sur l'usage de l'email. Mais face à l'américain Slack, elle s'est transformée en un nouveau concept, baptisé MailClark. « Nous permettons aux utilisateurs de Slack d'échanger des emails avec l'extérieur sans quitter le logiciel. » Un projet plus prometteur qui lui aura demandé de pivoter sa trajectoire. Une démarche qui n'a pas été sans conséquence, même pour cet entrepreneur expérimenté.

« Nous avons touché le fond en juillet 2015, j'étais d'ailleurs prêt à prendre un poste de salarié. Aujourd'hui, nous nous trouvons de plus en plus souvent dans des situations où nous devons transformer notre modèle en cours de route. Pour cela, il faut être réactif et posséder cet état d'esprit. »

Un nouveau challenge « stimulant, mais angoissant » après des années à développer, gérer et faire grandir Novius. « Je sors ainsi de ma zone de confort. »

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