Bosch Vénissieux : vote positif pour la reconversion du site avec BoostHEAT

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(Crédits : Laurent Cérino/ADE)
Le référendum du personnel organisé ce mercredi donne le oui largement gagnant. La startup BoostHEAT qui a mis au point une chaudière thermique très économe prévoit de créer 263 emplois sur ce site de Bosch à l'horizon 2021.

Sans surprise le personnel de Robert Bosch diesel à Vénissieux, dans la banlieue de Lyon, a donné un avis favorable au projet de réindustrialisation de l'usine avec la start-up BoostHEAT.

Sur les 113 salariés pouvant prendre part au référendum organisé ce mercredi entre 13 et 15 heures, le taux de participation était de 75 %. Le "oui" a obtenu 86 % des suffrages exprimés contre 11 % pour le non et 3 % de bulletins nuls. Une assemblée générale des salariés avait été organisée le 28 juin tandis qu'un comité d'entreprise extraordinaire donnera son avis définitif, demain.

"Cela donne une bonne perspective pour l'avenir du site et pour Vénissieux", commente Marc Soubitez, délégué syndical central CFDT.

Aucun départ contraint

Le contexte ? L'unité diesel fabrique des composants (pistons et cylindres) pour des moteurs diesel en fin de vie. Cette activité sera délocalisée au Brésil. Cent cinquante personnes sont employées sur le site, mais une centaine est concernée par ce transfert.

Transfert que la direction de la firme allemande avait initialement envisagé en mars prochain avant d'accepter de le repousser à fin 2017 au terme d'un conflit de plus de trois semaines en mai.

Lire aussi : Bosch France : discussion autour du devenir des usines de Vénissieux

De même, le PSE qui sera lancé en septembre se limitera aux seuls départs volontaires ou mesures de préretraite proposées à 55 ans. En tout, une trentaine de personnes pourrait quitter le groupe sur ces bases ou rallier l'usine de Rodez.

Démarrage de la production en 2018

Le processus de validation de l'accueil de BoostHEAT s'est fait en plusieurs étapes et le comité de direction du groupe allemand basé à Gerlingen l'a entériné en fin de semaine dernière. Auparavant, le 16 juin, le personnel de Bosch diesel avait rencontré à Vénissieux Jean-Marc Joffroy et Luc Jacquet, les deux ingénieurs dirigeant la jeune pousse présidée par Anne Lauvergeon.

Quant au cabinet Syndex, expert mandaté par le CE, il s'est rendu le 21 juin dans les locaux de BoostHEAT à Toulouse où sera maintenu le centre de recherche et développement. Le siège sera, lui, déménagé de Nîmes (12 personnes aujourd'hui), après l'été, à Vénissieux où seront assemblées les chaudières dont la fabrication doit démarrer en 2018.

Cinq brevets

Fondé en 2011, BoostHEAT a mis au point une chaudière à gaz, protégée par 5 brevets, dont le cœur de l'innovation repose sur un compresseur thermique. Une première qui selon les indications, permet de réduire de 50 % la consommation de gaz. D'après les simulations, la société table sur 130 unités vendues en 2018, 3 700 en 2019  et 28 600 en 2022.

Outre la France, la stratégie commerciale cible, en Europe, l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, la Belgique et le Royaume-Uni. BoostHEAT qui emploie 36 salariés table ainsi sur 57 collaborateurs en 2017 dont 18 à Vénissieux. Les effectifs devant être portés, sur ce site, à 70 en 2018, 105 en 2019, 160 en 2020 et 263 en 2021 d'après les anticipations.

"Projet attractif"

Bien que n'étant pas en mesure de confirmer ces hypothèses économiques, la note d'analyse très exhaustive de Syndex estime attractif le projet BoostHEAT à maints égards. D'abord :

"Ce projet s'inscrit dans les dynamiques de notre époque autour de l'efficience énergétique et s'appuie sur un produit innovant".

Puis :

"Les profils et l'historique de ses dirigeants est de nature à convaincre".

S'ajoutent "l'attention qu'il suscite de la part d'acteurs de référence (GRDF, Dalkia etc), "le positionnement haut de gamme de la chaudière" et les financements identifiés de la part des institutions (BPI et BEI) et les augmentations de capital à venir (+ 4 millions en 2016).

En conclusion, "tout est à construire y compris la politique sociale", avise Syndex, tout en confirmant, que les conditions de travail dans une startup sont différentes de celles d'un grand groupe comme Bosch.

Droit de regard

La mise en relation entre BoostHEAT et Bosch s'est faite par l'intermédiaire de l'Aderly. Plusieurs contacts entre les deux parties ont eu lieu entre février et mars dernier. La division Bosch Thermotechnologie, impliquée dans la validation du projet, pourrait devenir un des distributeurs de cette chaudière.

En attendant, la firme allemande louera les locaux sur la base d'un prix modeste, formera le personnel et accordera une aide de quelques millions d'euros. Ce soutien, dont le montant précis n'est pas révélé, est conditionné au contrôle exercé par Robert Bosch France, présidée par Heiko Carrié, sur les recrutements des collaborateurs. Les embauches, concerneront exclusivement des postes indirects au service de l'industrialisation et du lancement de l'activité jusqu'en 2018. Entre 2018 et 2019, l'équipe de production emploiera entre 16 et 20 salariés directs pour une ligne d'assemblage.

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