B.Bonnell : La robotique sera pourvoyeur de "20 à 25 % du marché de l'emploi d'ici 2050"

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L'entrepreneur lyonnais est en charge d'organiser la filière robotique française.
L'entrepreneur lyonnais est en charge d'organiser la filière robotique française. (Crédits : Laurent Cerino/ADE)
L'homme providentiel de la robotique, qui sera à la tête de l'émission de télé-réalité The Apprentice qui débute ce mercredi soir sur M6, réaffirme l'immense potentiel de la filière robotique française. Elle devrait être génératrice de nombreux emplois d'ici 2050. La transformation industrielle est notamment au cœur des enjeux.

C'est une prévision qui devrait interpeller plus d'un responsable économique ou politique. Selon Bruno Bonnel, père de la robotique française, ce secteur sera pourvoyeur "de 20 à 25 % du marché de l'emploi d'ici 2050. Et 100% des jeunes qui s'orienteront vers ce secteur trouveront un travail", affirme à Reuters celui qui s'est vu confier par le gouvernement une mission pour organiser la filière robotique française.

 "C'est une avalanche d'emplois qui va déferler en France, on va les compter par centaines de milliers", rajoute Bruno Bonnel.

La robotique, l'internet des années 2000

Cet homme de 56 ans a investi dès 2006 dans la robotique en montant Robopolis, une start-up spécialisée dans la distribution de robots de service comme l'aspirateur Roomba (100 millions d'euros de chiffre d'affaires et 90 employés), puis Awabot, développeur de logiciels et de systèmes de téléprésence, ou encore le fonds d'investissement Robolution Capital (80 millions d'euros de chiffre d'affaires).

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Selon l'entrepreneur lyonnais, cette filière est un véritable levier de croissance pour l'économie française. "C'est un secteur de l'industrie qui enregistre une croissance à trois chiffres depuis cinq ans, relève l'ancien fondateur d'Infogrames, qui prédit que "la robotique prendra bientôt la place occupée par internet dans les années 2000, ou celle de l'informatique dans les années 80".

Les startups en première ligne

Le secteur apparaît aujourd'hui comme un véritable gisement de startups. "Il y a deux ans, au moment du lancement du fonds d'investissement Robolution Capital, nous recevions un dossier par mois. Aujourd'hui, c'est un dossier par jour", dit-il.

La scène lyonnaise est particulièrement présente sur ce créneau. Dynamisées par le salon Innorobo, des startups locales gagnent en visibilité, à l'instar de la jeune pousse Evotion, fondée par Maxime Vallet, un ancien collaborateur de...Bruno Bonnel. Celle-ci, qui propose des robots pour l'événementiel, espère réaliser un chiffre d'affaires de 300 000 euros en 2015 et ambitionne de conquérir l'Europe d'ici 2019.

 A LIRE| Evotion, vers le Big-Bang de la robotique ?

Pour conjurer les peurs de certains en France, notamment la menace sur l'emploi que ferait craindre l'essor de cette activité, l'entrepreneur fait référence à l'économiste autrichien Joseph Aloïs Schumpeter. Il invoque ainsi la théorie de la "destruction créatrice".

"On a perdu des centaines d'emplois avec la disparition du transport à cheval, mais on en a créé des dizaines de milliers avec l'automobile", explique Bruno Bonnel, qui sera  la tête d'affiche de la prochaine émission de télé-réalité diffusée sur M6 à partir du 9 septembre.

De fait, tout un vivier de "nouveaux métiers" comme téléopérateur, téléguide de robots à distance ou de pilote de drones. Les villes de demain seront un terrain de jeux particulier, comme par exemple pour la circulation :

"Il y aura la circulation automobile, et au-dessus la circulation de drones, qui seront chargés d'effectuer les livraisons, mais aussi la surveillance des villes, des forêts, des océans".

Les industries françaises sous-équipées

Cependant, si la France est force d'innovation, cette révolution n'est pas encore entrée de plain pied dans l'industrie. "La France est effectivement cinq fois moins équipée que l'Allemagne en robots industriels, et trois fois moins que l'Italie", reconnaît Bruno Bonnell. "Mais ça veut simplement dire que notre tissu industriel est moins important", relativise-t-il.

Mais ce retard pourrait devenir un levier de croissance. "Il y a donc en France un marché potentiel très important, c'est une chance pour ses entreprises qui bénéficieront ainsi des derniers équipements de pointe et offriront d'importants marchés aux entreprises spécialisées dans la robotique", estime l'entrepreneur.

Un dernier chiffre pourrait faire tourner la tête à de nombreux chefs d'entreprises et de responsables publics, alors que le chômage ne cesse de progresser : le marché de la robotique, qui représente aujourd'hui 15 milliards d'euros dans le monde, promet d'atteindre les 100 milliards d'euros d'ici 2020.

 (avec Reuters)

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a écrit le 13/09/2015 à 19:01 :
Imaginons un robot humanoïde. Supposons que la technologie lui permette de faire tout ce qu'un homme fait. Alors toutes les entreprises vont en acheter et les faire travailler à la place des humains car ils pourront fonctionner H24. Donc qui achètera les produits qu'ils fabriqueront puisque les humains seront au chomage ? Les robots ? A moins de croire que les robots consommeront comme nous l'économie est à repenser entièrement.
a écrit le 09/09/2015 à 8:57 :
On peut toujours dire que les machines détruisent les emplois. C'est logique.
Mais c'est peut-être complètement faux : il faut bien constater que les deux pays en Europe qui ont le plus fort secteur industriel, et la plus forte proportion d'emplois industriels dans leurs économies, la Suisse et la Suède, ont aussi le plus fort taux de robotisation. Et ce ne sont pas des pays pauvres, que je sache. Zut ! alors...
Réponse de le 09/09/2015 à 10:13 :
Pourquoi zut ?
C' est tout propre tout nickel, tout carré là bas. Le chômage est chez les inadaptés du sud.
Un bon contre exemple pour montrer que le robot ne tue pas l' emploi aurait été un pays du sud avec un artisanat, une agriculture, des services, une industrie, peu de chômage et un très fort taux de robotisation. Pas un pays industriel tourné depuis toujours vers l'export. Un tel pays peut être fortement robotisé : il exporte le chômage chez les autres. Faisons tous la course aux robots, c est surement la solution !
Réponse de le 11/09/2015 à 6:55 :
Sauf erreur ou omissions de ma part, la Suisse et la France n'ont pas la même industrie, ni le même système bancaire, ni le même système de financement social, ni le même système de retraite, ni le même système de millefeuille administratif. Il ne faut jamais comparer une Ferrari et une serviette.
a écrit le 09/09/2015 à 7:16 :
Ils ne faut pas avoir peur de détruire de l'emploi, ça pourrais même permettre aux gens de vivre des activités plus enrichissantes. Ils faut juste que cet robotisation ne serve pas à appauvrir les pauvres... Chemin que nous prenons actuellement.
a écrit le 09/09/2015 à 0:16 :
Y en a qui parlent de 2050 alors qu'on est incertains pour l'an prochain ? Non mais c'est sérieux ? Faut arrêter, non ?
a écrit le 08/09/2015 à 23:32 :
Le robot est ici décrit comme une sorte d' outil perfectionné (comme la voiture est plus perfectionnée que le cheval utilisé comme moyen de transport).
La comparaison est rassurante : on maitrise son outil.

Un des sujets du bac de 2014 etait " le langage n'est il qu' un outil ?". On apprend certes, que le langage sert comme un outil pour communiquer, mais qu' il est surtout indispensable a la pensée, il modifie l' homme qu' il le veuille ou non : il n' est pas qu' un outil.
On voit bien que la segmentation des tâches au travail transforme le travail humain en un travail standardisé, c' est le préalable a la creation d' un algorithme, puis d' un programme, c' est a dire un langage exploitable par une machine.
Strictement parlant, le robot ne remplace pas un etre humain qui fait des erreurs, des choses originales et imprevues, il remplace d' autres robots (les humains utilisés comme outils : des déjà quasi robots au langage et taches codifiés, appauvris). L' humain devient outil de qu' il croyait être son outil.
L' humain non robotisé devient alors inadapté dans un monde qui se standardise, qui ne lui ressemble plus : il ne peut plus se deplacer sans se faire flasher, sauf a être assisté...par un robot-GPS.
Dans quelques annees une intelligence dira peut être en langage binaire "Dure loi de l' evolution : ils n' ont pas pris au serieux que le langage est une forme de vie : le grand Wittgenstein, à la fin de sa vie le leur avait dit pourtant !"
Une symbiose est peut être possible.
a écrit le 08/09/2015 à 22:07 :
Ce monsieur a déjà ruiné tous les e. actionnaires qui lui ont fait confiance. Il est constamment dans l'erreur!
a écrit le 08/09/2015 à 21:25 :
L argument justifiant le nombre de rbots ds les entreprises francaises ft sourire !!!!!!!! Le pb ne vient pas de la du tout !!
a écrit le 08/09/2015 à 21:25 :
L argument justifiant le nombre de rbots ds les entreprises francaises ft sourire !!!!!!!! Le pb ne vient pas de la du tout !!
a écrit le 08/09/2015 à 20:57 :
Et un chômage de 25 à 50% de la population à moyen terme? J'inclue les Intelligences Artificielles.
La fin de la classe moyenne? La pauvreté pour tous ?

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