Navya lancera une nouvelle version de sa voiture sans chauffeur

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Inspiré de la navette Navia (photo), le nouveau véhicule n'est pas encore dévoilé, il est actuellement en cours de montage. D'une capacité plus grande. Il est à la pointe des technologies actuelles.
Inspiré de la navette Navia (photo), le nouveau véhicule n'est pas encore dévoilé, il est actuellement en cours de montage. D'une capacité plus grande. Il est à la pointe des technologies actuelles. (Crédits : DR)
Navia, le minibus sans chauffeur est devenu lyonnais après la reprise des actifs de la société parisienne Induct par Navya SAS contrôlée par Robolution Capital, le fonds initié par Bruno Bonnell. En neuf mois ce véhicule autonome a été totalement repensé avec une partie de l'équipe de R & D initiale. Le premier exemplaire de la "Navya Neo" est en cours de montage, pour une présentation prévue en octobre.

« Google car mis à part, notre véhicule a un an d'avance sur la concurrence », et notamment celui d'Easymile (co-entreprise Ligier/Robot Soft), assure Christophe Sapet, président de Navya SAS sise à Villeurbanne, près de Lyon. Le véhicule, répondant au nom de code Navya Neo, un minibus autonome, donc sans chauffeur, et 100 % électrique, sera présenté officiellement au salon du transport intelligent à Bordeaux, du 5 au 9 octobre prochain. Le premier modèle en cours montage devrait être construit fin juin ou début juillet puis finalisé au cours des semaines suivantes.

« Nous procéderons aux premiers essais dans un site industriel. Il circulera dans des enceintes fermées ou en sites propres », tout au moins dans un premier temps, poursuit l'ex co-fondateur d'Infonie et d'Infogrames.

2,5 millions d'euros déjà investis

Navya Neo est l'héritier d'une première navette robotisée (Navia) conçue par Induct, une société de la région parisienne créée en 2004 et dont Navya SAS a acheté l'essentiel des actifs (10 véhicules, entre autres) en juin 2014 après sa liquidation judiciaire. « Trois mois plus tard nous nous sommes aperçus que le produit originel devait être considéré comme un véhicule expérimental. Il avait suscité un succès d'estime (Ndlr : il avait d'ailleurs été primé aux CES de Las Vegas début 2014) mais il était difficilement industrialisable », indique Christophe Sapet.

Décision sera prise de créer un nouveau modèle en s'appuyant sur une partie de l'équipe de R & D et l'atelier de design originels basés en Ile de France et sur les 10 millions d'euros consacrés par Induct. Pour sa part Navya SAS dit avoir déjà investi 2,5 millions d'euros dans le développement de la version 2.

25 kilomètres/heure

Ce qui change ? Au plan physique, Navya est désormais un minibus fermé avec une capacité de 15 places (11 assises et 4 debout) contre 10 pour la version Induct ouverte. Au plan technologique, « nous avons pris le meilleur de ce qui existe aujourd'hui. Le véhicule est équipé de nombreux capteurs, radars et lasers pour qu'il se repère en temps réel et adapte sa conduite à l'environnement », répond le président. « En interne nous avons travaillé sur toute la partie logicielle ».

A l'instar du modèle d'origine il est destiné à circuler sur des trajets courts à la vitesse de 25 kilomètres/heure environ. Son autonomie ?  « Ce n'est pas un problème. D'une part, il peut embarquer un poids important de batteries. D'autre part il est prévu pour fonctionner en flotte », assure Christophe Sapet.

Idéal pour les aéroports du monde

Toujours est il que Navya SAS, forte de 27 collaborateurs (entre Paris et Villeurbanne), pense vendre plus de 10 minibus dès 2015, au prix de base de 150 000 euros. L'objectif de 40 unités devrait être « très largement dépassé en 2016 en Europe », selon Christophe Sapet. Ce dernier estime cette navette particulièrement adaptée aux aéroports du Monde mais aussi au transport de personnes au sein des campus universitaires ou encore des parcs d'attraction comme l'imaginait Pierre Lefèvre, fondateur d'Induct. « En Grande-Bretagne notre système a été retenu pour une expérimentation à Greenwich. Nous avons des discussions en Hollande », détaille Christophe Sapet. Le projet de desserte du quartier Confluence de Lyon, qui avait tant émerveillé Gérard Collomb en 2013, refait surface :

« En collaboration avec la Métropole de Lyon nous prévoyons de lancer une liaison début 2016 », espère le patron de Navya SAS.

Une augmentation de capital

La réglementation devra évoluer. C'est bien le propos du plan véhicule autonome de la nouvelle France industrielle piloté par Carlos Ghosn. Au plan financier, la start up lyonnaise est aujourd'hui contrôlée majoritairement par Robolution Capital, le fonds initié par Bruno Bonnell. Elle est entrain de boucler une augmentation de capital de 3,5 millions d'euros auprès de plusieurs financiers français. « Nous prévoyons d'atteindre rapidement l'équilibre des comptes. Notre marge est considérable car nous sommes les seuls au monde », répète Christophe Sapet. « Une autre source de revenus viendra des services associés telle la supervision ».  Et le véhicule pourrait se décliner en plus petit ou plus grand. A suivre.

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