Le TUBÁ Lyon, un lieu d'innovation pour la ville intelligente

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(Crédits : La Folle Entreprise)
Le Tube à expérimentations urbaines (TUBÁ), installé à Lyon permet aux startups et entreprises de présenter leurs innovations et initiatives aux citoyens. Utilisant pour certaines les données publiques, les projets sont focalisés sur la thématique de la "Smart city", la ville intelligente de demain.

C'est pour le moment un lieu unique en France. Le Tube à expérimentations urbaines (contracté en TUBÁ pour tube à essai), installé à Lyon, est un établissement public/privé dédié à l'expérimentation de projets innovants basés pour certains sur les données publiques, fournies essentiellement par le Grand Lyon (transports, trafic routier, énergie, etc.) Le laboratoire a pour objectif de développer les services qui construiront la ville intelligente de demain, tout en donnant de la visibilité aux startups et porteurs de projets, en interaction avec les citoyens.

"C'est un espace d'accompagnement où les porteurs pourront rencontrer les différents acteurs économiques, institutionnels et les citoyens, pour affiner leur idée", précise Léthicia Rancurel, directrice de Lyon Urban Data et du TUBÁ, lors de l'inauguration du lieu, jeudi 27 novembre.

Tremplin pour les startups

Localisé dans le quartier des affaires de la Part-Dieu (3ème arrondissement) sur 600 m², l'endroit se compose de deux étages. Au premier, le TUBÁ mix, un espace de 420 m² réservé aux entreprises, organisé en open-space et salles de réunion thématiques, ('le ring', 'la muscu', "le bocal") permet aux jeunes pousses de développer leur projet.

 Le prix de la cotisation est fixé à 300 euros par mois, un montant qui peut apparaître élevé. Une dizaine de startups peuvent être accueillies en même temps, pendant leur phase expérimentale, entre 4 à 6 mois. Pour les startups, cet espace est également une antichambre, un tremplin.

"C'est un moyen de faire rayonner les entreprises, et éventuellement leur permettre d'intégrer un incubateur ou un accélérateur", estime Philippe Lagrange, président du TUBÁ, et directeur adjoint de Véolia France, partenaire de cette nouvelle structure. En effet, ce "Living Lab", travaille en étroite collaboration avec BoostinLyon, Axeleo et le cluster edit.

tuba lyon

A l'intérieur, le Tubà café, zone de détente du lieu (Crédit : La folle entreprise)

Participation des citoyens

A l'étage inférieur, le TUBÁ lab, ouvert au grand public, permet aux entreprises de tester leur application.  "L'objectif, c'est de faire rentrer très tôt les citoyens dans le processus d'innovation", souligne la directrice.  Pour les créateurs, cet espace localisé dans un quartier ou le flux de personne est important leur permet "de se confronter à un public varié, et de voir très rapidement si notre concept fonctionne", explique Clément Guillot, fondateur de Wezzoo, qui propose un réseau social autour de la météo.

Au TUBÁ, chaque "saison" aura ses thématiques. Pour l'automne-hiver 2014, la mobilité, la prospective urbaine, la santé et l'environnement sont les domaines retenus.

Le budget annuel du TUBÁ, de 550 000 euros, est assuré par un partenariat public/privé. 300 000 euros sont pris en charge par six partenaires privés (Véolia, SFR, Sopra etc.), pour un ticket d'entré de 50 000 euros. Le reste par les collectivités : la Région-Rhône-Alpes et le Grand Lyon déboursent ainsi 250 00 euros par an dans le projet.

Autofinancement d'ici trois ans

Outre le soutien à l'économie, la participation du Grand Lyon n'est pas totalement désintéressée. "C'est aussi un investissement pour le territoire. Il faut mieux s'engager en amont et profiter du projet que de l'acheter par la suite", affirme le président Gérard Collomb, rappelant l'exemple de VéloV.

Le but est de rapidement trouver un équilibre économique", estime Jean-Louis Gagnaire, vice président de la Région en charge de l'économie. La collectivité n'a pas vocation à maintenir indéfiniment son niveau d'investissement. "Nous souhaitons nous autofinancer d'ici 3 ans", ajoute, Léthicia Rancurel.

D'autres villes intéressées ?

Pour cela, le TUBÁ doit affiner son business plan, "qui n'est pas encore figé. Mais le but, c'est de ne pas perdre de l'argent, ni forcément d'en gagner, " détaille Martin Cahen, l'un des quatre salariés de la structure, en charge de l'animation technologique. Ainsi, le TUBÁ devra, soit recevoir plus d'argent de ses partenaires privés soit développer davantage ses prestations aux entreprises, avec le risque d'être moins accessibles et disponibles pour les projets en cours de création.

Cette "maison de la data", installé à Lyon, ville qui fait office de pionnière française dans le partage des données publiques avec 446 jeux d'informations disponibles , pourrait faire des émules. Paris et Rennes réfléchiraient à la possibilité de créer un lieu identique.

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