Les objets connectés, l’enjeu de demain au Semicon de Grenoble

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Le salon Semicon, accueilli à Alpexpo du 7 au 9 octobre, devrait atteindre les 6000 visiteurs.
Le salon Semicon, accueilli à Alpexpo du 7 au 9 octobre, devrait atteindre les 6000 visiteurs. (Crédits : Marie Lyan)
Accueilli pour la première fois à Grenoble, le salon européen de l’industrie microélectronique, Semicon Europa, s’est ouvert mardi avec plus de 6000 visiteurs attendus. Tablant sur une croissance soutenue de 10% en 2014 et 2015, les industriels du secteur se préparent à une nouvelle révolution, celle de l’internet des objets, avec des applications dans le domaine de la santé et de la domotique.

Grenoble fait parler d'elle grâce à Semicon Europa. Le salon s'annonce déjà comme une réussite pour ses organisateurs, qui enregistrent une augmentation de la surface d'exposition de 40% par rapport à la dernière édition qui s'est tenue l'an dernier à Dresde, en Allemagne. "Nous accueillons 414 exposants cette année, ce qui représente aussi une hausse de 20%", salue Heinz Kundert, président de l'association SEMI Europe qui regroupe 1900 membres.

En apportant deux nouveautés (un village de l'Innovation et un espace Clusters), Grenoble compte bien se positionner comme une destination phare pour accueillir tous les 2 ans ce salon, en alternance avec la ville de Dresde, et assurer, par la même occasion, un nouveau rayonnement à Alpexpo.

"Le but n'était pas d'installer une compétition entre les deux régions, mais de les amener à collaborer et à apporter chacune leurs points forts", souligne Denny McGuirk, président de SEMI, ajoutant qu'il y a à peine un an, "peu de gens savaient où se trouvaient Grenoble sur la carte !".

20 milliards d'objets connectés

Principal défi évoqué à l'occasion de ce salon, l'internet des objets s'annonce comme une véritable révolution qui bouscule les lignes dans le monde des semiconducteurs. "Avec plus de 20 milliards d'objets connectés attendus d'ici 2020, l'internet des objets est la prochaine grosse étape, après les PC, les tablettes ou encore les smartphones", prédit Gérard Matheron, directeur du site de STMicroelectronics à Crolles. On connait déjà les lunettes Google Glass développées par le géant de l'internet, mais la nature de ces objets connectés à l'internet et liés à des applications mobiles est infinie : montres, lunettes, bracelets, t-shirts, brosses à dents...

"La connectivité et l'internet des objets vont jouer un rôle de driver pour l'industrie, en engendrant des applications dans la santé et de la e-santé", estime Isabelle Guillaume, déléguée générale du pôle Minalogic. Pour cela, l'écosystème grenoblois devrait pouvoir compter sur ses deux forces, à savoir sa capacité à fabriquer des capteurs miniaturisés et ses compétences dans le domaine du logiciel, afin d'adresser le marché de l'internet des objets. "En couvrant l'ensemble de la chaine de production de l'internet des objets, les entreprises grenobloises seront capables de faire la différence grâce à leurs systèmes et logiciels de prédiction permettant de traiter les informations provenant du big data", souligne Isabelle Guillaume.

Des start-up innovantes

Plusieurs start-up grenobloises se positionnent déjà sur ce segment : la société Eveon a  notamment développé une seringue automatisée, qui comporte une micro-pompe MEMS, permettant d'injecter au bon endroit la dose la plus juste de médicament à un patient. Incubée depuis mars au sein du CEA Inac, la start-up Aryballe Technologies (4 salariés), travaille quant à elle sur le lancement du premier détecteur d'odeurs superficiel qui fournira une solution pour les personnes atteintes d'une perte de l'odorat. "Un marché potentiel qui représente 1 à 2% de la population mondiale", souligne Delphine Pau, directrice financière d'Aryballe Technologies. Ce détecteur portable, qui ressent les odeurs à votre place, pourra être connecté à une application basée sur votre smartphone à compter de 2016.

A Meylan, la start-up Irlynx développe des détecteurs de présence allant au-delà de la simple détection de mouvements. "Ces capteurs permettent de déterminer, sans que l'on ne soit obligé de bouger les mains, s'il y a bien une présence, et de distinguer s'il s'agit d'un animal ou d'une personne", explique Lionel Chaverot, l'un des 3 associés. Une technologie qui ouvre la voie à plusieurs applications, allant de la surveillance des maisons (prévention des cambriolages), au suivi des personnes âgées ou malades à domicile.

"Ce salon nous permet, non pas de faire des prospects, mais de prendre des contacts et de développer une relation avec l'écosystème", souligne Lionel Chaverot.

Actuellement en discussions avec un grand industriel, Irlynx annonce un partenariat avec le CEA, en vue de réaliser une partie de la recherche et de l'industrialisation de son produit. "Le kit de démonstration sera disponible à partir de l'an prochain", précise-t-il.

Un intérêt national

Le marché de l'internet des objets suscite également un vif intérêt au niveau national : l'ex-ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, a annoncé en juin dernier la création d'une Cité de l'objet connectée d'ici fin 2014 à Angers, rassemblant notamment des outils de prototypage et un espace d'innovation industrielle. Cet investissement de 15 millions d'euros, issu des 34 plans pour la nouvelle France industrielle, vise à prendre une longueur d'avance sur ce marché très convoité. Alors que le marché de l'e-santé est estimé à 20 milliards d'euros en 2017, d'après une étude du cabinet Research2Guidance menée en 2013, le cabinet d'études européen, l'Idate, va même jusqu'à estimer que le nombre d'objets connectés pourrait atteindre les 80 milliards à l'horizon 2020.

Dans ce domaine, l'Isère avance  avec des atouts puisqu'elle accueille 1/3 des emplois de la microélectronique française, avec 22 000 emplois industriels et 3000 emplois dans la recherche publique. Avec la présence de cinq pôles de compétitivité (Minalogic, Tenerrdis, Axelera, Plastipolis et Lyonbiopôle), de grands industriels (STMicroelectronics, ARM, Air Liquide, Schneider), centres de recherche (CEA leti, Minatec) ainsi que de nombreuses PME et start-up du secteur (Isorg, iSKN, Tronics, Soitec, Docea Power, Avalun, Wavelens...), elle ne semble rien avoir à envier à la région de la Saxe allemande, qui regroupe près de 200 entreprises, dont de grands industriels tels que Globalfoundries (AMD), Infineon ou Siltronic AG, et plus de 20 000 salariés.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2014 à 12:17 :
La performance technique est impressionnante mais il faut s'interroger sur l'utilité de ces produits. certains sont peut être obsédés par le fait d'être contrôlé quand il font du footing: vitesse rythme cardiaque etc . d'autres par le fait que leur frigo puisse passer une commande à l'hypermarché etc... mais il y a aussi des personnes qui ne sont pas intéressées par ces gadgets pseudo sécuritaires qui nous emmène dans un monde "Big Brother" et quid de la dépendance à ce système en particulier en cas de panne. où est vraiment le progrès?
a écrit le 09/10/2014 à 11:02 :
BEAUCOUP DE PROGES ? MAIS ATENTION .PRODUISONT UTILE ?PAS DES GADJETS NOS BOUBELLES EN SONT PLEINES???

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