Les cinq défis du coworking

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La Cordée, qui dispose de plusieurs antennes sur le territoire, est un espace pionnier du coworking.
La Cordée, qui dispose de plusieurs antennes sur le territoire, est un espace pionnier du coworking. (Crédits : La Cordée)
En Auvergne-Rhône-Alpes, comme sur le reste du territoire français, le nombre d'espace de coworking est multiplié par deux chaque année. En dépit de ce succès, les défis restent nombreux. Décryptage au lendemain des premières assises du coworking, qui se sont tenues à Lyon vendredi dernier.

Rompre l'isolement, créer des synergies, accéder à un bureau à un prix réduit, profiter d'une ambiance positive et stimulante, etc. : on n'en finit plus de vanter les avantages du coworking. Le nombre de ces espaces de travail partagés double chaque année. Une tendance qui se vérifie en Auvergne-Rhône-Alpes, mais aussi à l'échelle nationale et internationale. Pourtant, de nombreux défis restent à relever pour ces tiers-lieux. Les acteurs du secteur se sont réunis vendredi 3 février à Lyon, à l'occasion de premières assises du coworking pour en débattre. Tour d'horizon des challenges à venir :

  • 1. Se fédérer

Faire entendre leur voix, tirer parti des retours d'expérience des autres structures : les espaces de coworking ont tout intérêt à se constituer en réseau. C'est la démarche entreprise par quatre structures lyonnaises, il y a trois ans, avec la création du réseau "coworking Grand Lyon », qui compte aujourd'hui onze membres. "Nous voulions montrer que notre esprit d'entraide n'était pas dû à la jeunesse du mouvement. Ces échanges nous permettent aussi de partager de bonnes pratiques", explique Michael Schwartz, co-fondateur de la Cordée.

Lire aussi : Les espaces lyonnais de coworking en rangs serrés

  • 2. Investir les territoires ruraux

Né en 2006 à San Francisco, le coworking a d'abord essaimé dans les métropoles. Il commence aujourd'hui à se développer dans les territoires ruraux, comme à Lamure-sur-Azergues, où La Cordée a créé un espace en mai dernier.

"Les communes de moins de 3500 habitants occupent 90 % de l'Hexagone et nombreux sont ceux qui vont pourtant dans les grandes villes pour travailler, rappelle Cédric Szabo, directeur de l'association des maires ruraux de France. Les faire revenir, grâce à des tiers-lieux, permet de redynamiser les campagnes."

Lire aussi : Le coworking est-il strictement une affaire urbaine ?

  • 3. Trouver un modèle économique

De la forme associative, à la structure privée, en passant par les initiatives publiques ou encore les projets alliant public et privé, les modèles sont divers. Mais le "coworking dégage globalement très peu de bénéfices. La plupart des structures arrivent tout juste à l'équilibre", affirme Antoine Burret, docteur en socio-anthropologie et auteur de "Tiers lieux et plus si affinité".

Et "que va-t-il se passer quand une logique concurrentielle va s'installer et mettre en difficulté les premiers espaces ? On ne peut pas juste proposer des loyers peu chers et des gens cools. Il y a tout une modélisation économique à penser."

  • 4. Se différencier

De nouvelles formes de tiers lieux émergent encore sans cesse, pour répondre à des besoins spécifiques. C'est notamment le cas de la plateforme Cohome, lancé il y a quatre mois. Son principe ? Le coworking à domicile : un travailleur indépendant peut réserver une place chez un autre freelance, qui propose son appartement pour une journée de travail, ou quelques heures. De plus en plus, les cafés aussi se transforment en coworking. Comme le Sofffa dans le 1er arrondissement de Lyon, un "slow café", où l'on paye à l'heure et accède ainsi à un espace de travail et un buffet-goûter à volonté.

D'autres encore, s'adressent aux professionnels d'un secteur d'activité spécifique, comme Food Factory, dédié aux acteurs de la restauration, de l'agroalimentaire et de la gastronomie. "Pour faire face à la concurrence croissante, les tiers-lieux doivent apporter une plus-value de service", affirme Antoine Burret.

  • 5. Inspirer la ville de demain

La multiplication de ces espaces a un impact direct sur l'organisation des villes. Un exemple : selon une étude de l'ANDT, le coworking permet d'éviter une à deux heures de transport par jour pour les indépendants. Une réduction des temps de trajet qui peut permettre de désengorger les axes routiers.

Plus globalement, ces espaces peuvent être une source d'inspiration pour les futures villes intelligentes.

"Nous sommes très à l'écoute de ce qui se fait dans le coworking, notamment pour la mise en place de pratiques collaboratives, explique Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Métropole en charge du numérique, de l'innovation et de la ville intelligente. Nous avons par exemple consulté le réseau 'coworking Grand Lyon', lorsque nous avons pensé le projet de la Halle Girard.

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Commentaires
a écrit le 06/02/2017 à 15:51 :
Le principal défi du coworking sera, selon moi, de survivre au phénomène de mode qui s'est créé. Bordeaux a également connu 100% d'augmentation du nombre d'espaces tous les ans. Des 3 espaces des nos début en 2012, plus d'une trentaine de lieux se revendiquent aujourd'hui "espaces de coworking". Mais quand on y regarde à deux fois, ce nombre ne reflète pas la réalité. Mettre une table et quatre chaises dans un coin de votre agence ne fait pas de vous un espace de coworking ! Un coworking c'est un communauté, une dynamique et quelqu'un dédié à 100% pour s'occuper de tout ça !
Ces pseudos espaces déçoivent souvent et nuisent à l'image du coworking.

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