L'incubateur Ronalpia  (ESS) à l'épreuve du premier bilan

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A l'occasion des trois ans de Ronalpia, Léna Geitner, directrice, et Jean-Luc Guiraud dressent le bilan de l'incubateur
A l'occasion des trois ans de Ronalpia, Léna Geitner, directrice, et Jean-Luc Guiraud dressent le bilan de l'incubateur (Crédits : DR)
L'incubateur d'entrepreneurs sociaux Ronalpia affiche des premiers résultats encourageants. Un premier bilan en forme de tremplin : l'association met le cap sur l'ensemble de la région et s'enrichit de nouveaux services.

Il y a trois ans, Lena Geitner venait secouer les consciences de l'écosystème lyonnais. La trublionne voulait utiliser l'entrepreneuriat comme un outil de transformation positive de la société.

"J'étais parmi les septiques du projet. Et puis j'ai rencontré Léna qui m'a présenté son idée. Mon regard a immédiatement changé", confie Stéphanie Paix, présidente du directoire de la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes, dont la Fondation est aujourd'hui le premier partenaire de Ronalpia.

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Un aveu qui résume l'engouement qu'elle a su susciter autour de son projet, qui se concrétise trois ans après sous forme d'un bilan, plutôt encourageant.

95 % des incubés toujours en activité

Ainsi, l'incubateur, avec 3 salariés à plein temps et 13 accompagnateurs et experts associés, a détecté 230 projets de l'économie sociale et solidaire (ESS) en trois ans. 
Il a rencontré et conseillé 180 entrepreneurs sociaux, dont 22 directement dans son programme d'incubation (9 mois d'accompagnement personnalisé).

Résultats : 95 % d'entre eux sont encore en activité, ayant généré, en cumulé 515 626 euros de chiffres d'affaires pour 34 nouveaux emplois pérennes. 
L'"étiquette" ESS ne leur a pas fermé les portes des investisseurs puisqu'ils ont levé 980 560 euros en cumulés.

Aide à l'implantation

Ronalpia, seul incubateur en Auvergne-Rhône-Alpes à être sélectionné par le dispositif présidentiel "La France s'engage" (un label qui récompense les projets innovants au service de la société), va déployer un programme d'appui à l'implantation. Il s'adresse aux entrepreneurs sociaux déjà installés en France et qui souhaitent ouvrir une antenne lyonnaise. Quatre essaimeurs ont déjà intégré ce programme : l'Agence du Don en Nature, Log'Ins, Singa et la Conciergerie solidaire.

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A l'incubation, s'ajoute l'accélération. Cette action, préfigurée avec Veolia et Ashoka, le premier réseau mondial d'entrepreneurs sociaux, sera déployée dans le cadre du projet Cent Sept, qui ouvrira en novembre 2017. L'idée : développer des passerelles entre l'ESS et les grandes entreprises.

Développement territorial

Mais Ronalpia veut aussi conquérir de nouveaux territoires. Il vient de renforcer son équipe (et passe ainsi à 6 salariés) pour développer son programme d'incubation à Grenoble et à Bourg-en-Bresse. Et vient de s'associer avec Coco-shaker, le premier incubateur d'entrepreneurs sociaux d'Auvergne, qui déjà accompagne 5 porteurs de projets.

"Autant d'actions destinées à renforcer notre champ d'intervention. Ainsi, nous lançons notre premier appel à projets régional pour accompagner une vingtaine de projets", souligne Léna Geitner.

En 2017, Ronalpia a pour objectif d'accompagner, sur ses trois programmes, une cinquantaine d'entrepreneurs sur l'ensemble de la région.

30 % de subventions publiques

Alors même que l'économie sociale et solidaire se professionnalise, poussée par la nécessité de se construire sur un modèle économiquement viable pour assurer ses ambitions sociales, l'incubateur est porté par une association (budget annuel : 200 000 euros en 2015). Un paradoxe apparent que sa fondatrice assume.

"Notre mission reste d'accompagner, gratuitement, des projets. Nous considérons que la ressource initiale doit servir uniquement au lancement de l'activité et pas forcément à l'accompagnement. Ce modèle associatif est pour le moment le meilleur compromis. Peut-être qu'un jour nous irons nous même dans un incubateur pour réfléchir à un modèle hybride, mais ce n'est pas d'actualité", répond Léna Geitner.

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De fait, la gratuité appelle les subventions publiques (30% du budget), dont la part la plus importante relève du fonds d'expérimentation pour la jeunesse, suivi par la région Auvergne Rhône-Alpes, la Métropole et la Ville de Lyon.

Le reste est porté par des mécènes privés. Là aussi, peu de détails, mais la Fondation de la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes reste le contributeur le plus important. A ses côtés, la Fondation Cegid et de nouveaux venus, comme Veolia, la Fondation INP ou Dynacité, dans le sillage des nouveaux projets de l'incubateur. Mais la contribution n'est pas seulement d'ordre financier. Elle implique une participation active, comme la présence au comité de sélection des entrepreneurs ou l'organisation de workshops.

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Commentaires
a écrit le 15/09/2016 à 10:53 :
Merci pour cet article très complet. Pour information, le CentSept ouvrira ses portes fin 2016, et non 2017.

L'équipe du CentSept

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