Simplon.co, la fabrique sociale de codeurs arrive à Lyon

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(Crédits : Simplon.co)
Simplon.co, une école qui forme au langage informatique et au code, ouvrira une antenne à Lyon. Projet aussi bien social que technologique, "prônant l'inclusion par le numérique", cette nouvelle structure s'inscrira pleinement dans l'écosystème lyonnais. Une aubaine pour celui-ci qui, comme dans l'ensemble du pays, manque cruellement de main-d'œuvre qualifiée.

"Premier critère : l'innovation. [...] Deuxième critère : l'utilité sociale, il fallait que cette initiative apporte de la solidarité, du partage, du bien commun. Troisième critère : la capacité à être porté à une large échelle." Ce sont les mots de François Hollande lors de son discours sur "La France s'engage." Parmi les 15 initiatives sélectionnées par le Président se trouve celle de simplon.co. Cette école, qui s'inscrit dans le programme de "La grande école numérique" forme des codeurs, en proposant des formations intensives de six mois pour apprendre à créer des sites web, des applications mobile. Cette structure arrivera à Lyon début octobre 2015. La particularité, au-delà de son objet d'étude ? Le cursus est gratuit, voire rémunéré, et s'adresse prioritairement aux jeunes de moins de 25 ans, non diplômés ou peu diplômés, issus des quartiers populaires et autres milieux défavorisés.

"Lyon a un écosystème mature"

Simplon.co, partenaire de la French Tech, a été fondé en avril 2013 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). L'idée de Frédéric Bardeau, l'un des deux cofondateurs, était de créer un lien entre le digital, le pouvoir du code, la politique et l'éthique. Après un accueil très favorable réservé au concept, et déjà plus de 100 personnes formées, l'entreprise met alors en place sa stratégie d'essaimage.

Le développement de l'antenne lyonnaise s'inscrit dans cette politique. Après Marseille, Villeneuve-la-Garenne, Cluj (Roumanie), Le Cheylard (Ardèche) depuis ce lundi 13 avril, la structure ouvrira donc dans la capitale rhônalpine. Et contrairement aux autres entités, celle de Lyon se veut globale. « Lyon était une ville prioritaire. L'écosystème numérique de cette ville est assez mature pour proposer un duplicata de la maison-mère », explique Mathilde Aglietta, à l'origine du projet rhodanien et en charge de son développement.

Simplon.co

Du pôle Imaginove à BoostInLyon, l'écosystème lyonnais accueille favorablement cette initiative. « Cette implantation est un signe positif, démontrant le dynamisme de Lyon, précise Carole Granade, présidente de l'accélérateur de startup lyonnaises. Toutes initiatives permettant de former des techniciens dans ce domaine, dans un contexte où la demande est forte, sont les bienvenues. D'autant plus que la démarche sociale et sociétale est intéressante.»

Do It yourself

Plusieurs professionnels du monde numérique lyonnais contribueront à l'application du programme pédagogique. Celui-ci, élaboré par Mathilde Aglietta « doit permettre la découverte et une appropriation par les élèves d'un grand nombre de langages et de framework, de Ruby on Rails à PHP en passant par javascript. Il s'agit également de donner aux élèves d'autres connaissances, comme l'apprentissage du Python.» La méthodologie repose aussi sur la logique du Do It yourself. « Nous souhaitons qu'ils aient les ressources et les réflexes pour qu'ils continuent ensuite à se former par eux-mêmes. Ils doivent apprendre à apprendre. »

Simplon.co

Et pour cela, rien de mieux que de favoriser l'enseignement pratique. 80 % de la formation est basée sur l'exercice et la mise en place de projet réel. Par exemple, une journée par semaine est dédiée à un projet-école, sur le modèle des hackathons. Ce moment permet de développer le savoir-faire des étudiants, mais aussi leur créativité. Et pour répondre à son ambition de professionnaliser les élèves, dans un contexte où il manquerait plusieurs milliers de développeurs en France, la formation agit au maximum en « co-immersion avec le monde de l'entreprise. » Simplon.co, possède au niveau national le soutien de grands comptes, à l'instar d'Orange ou de Microsoft. Des discussions sont en cours avec des entreprises lyonnaises.

Inclusion dans la société par le numérique

Pour bénéficier de ce cursus « ouvert au plus grand nombre, quel que soit le profil », les candidats doivent passer des épreuves de sélection via la plateforme Code academy. Il faut obtenir 15 badges afin d'aller plus loin dans le processus. « Il s'agit de tester la motivation et les aptitudes des postulants, et ainsi, de réduire le taux d'abandon ou simplement de désillusion », résume Mathilde Aglietta. 24 aspirants développeurs seront sélectionnés pour former la première promotion lyonnaise, dont de nombreuses filles, généralement sous-représentées dans le web. Les locaux de l'école ne sont pas encore déterminés.

Najat Vallaud-belkacem

Pour initier les enfants, et notamment les filles,Simplon.co a développé un Kids coding club.

Au-delà de son engagement pédagogique et professionnalisant, Simplon.co souhaite participer à la vie de la cité, prônant « l'inclusion dans la société par le numérique. »  « L'objectif est de devenir un hub, une plateforme permettant de réunir les gens autour de causes sociales », détaille celle qui est aussi à l'origine de la 'Code week Eu'. Mais aussi, de jouer un rôle d'agitateur d'idées et d'initiatives dans le monde digital lyonnais déjà foisonnant. Voir de devenir un « incubateur » naturel pour les projets issus de l'économie sociale et solidaire.

Favoriser l'autofinancement

Actuellement, la startup fonctionne au plan national avec un budget reposant pour un tiers sur des subventions publiques, un tiers sur de l'investissement, et un tiers sur l'autofinancement. « Nous souhaitons aller de plus en plus vers cette dernière forme de ressources », souligne Mathilde Aglietta. Pour cela, Simplon.co mise notamment sur la formation dans les entreprises, permettant, outre l'aspect financier, un échange entre les différentes couches sociales. L'antenne lyonnaise s'inscrit dans cette stratégie nationale, mais avec son propre tableau de pilotage. « Nous devons trouver nos propres ressources sur le territoire lyonnais », précise la porteuse de projet.

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Commentaires
a écrit le 07/02/2016 à 21:59 :
Bonsoir,

J'aimerai savoir si vous pensez faire des formations en Haute-Savoie
merci

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