Comment l'incubateur d'emlyon veut changer d'échelle

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(Crédits : MH/ADE)
La structure d'accompagnement de startups de l'emlyon annonce un pivotement de son modèle d'accompagnement, beaucoup plus orienté "living lab". Avec pour ambition de booster le potentiel de ses jeunes pousses hébergées, alors que l'incubateur revendique 1 150 entreprises créées et 12 000 emplois directs générés.

Face à la concurrence des incubateurs et des grandes écoles, et pour s'aligner sur la nouvelle stratégie de son établissement, l'école de management emlyon veut faire changer d'échelle son incubateur à startups. Fondé en 1984, son programme d'accompagnement à la création d'entreprises, qui a connu un premier virage en 2009 en s'inscrivant dans une logique d'incubateur, prend cette fois-ci un nouveau tournant : celui d'une approche living lab, basée notamment sur le retour d'expérience "utilisateurs". Avec l'ambition finale de faire exploser le potentiel des projets incubés. Le fameux "scale-up", ou la jeune entreprise se trouve en hyper-croissance grâce à une preuve de marché et la solidité de son modèle déjà bien établie. "Cette ambition nécessite un réingenering de notre modèle et la création de nouveaux process", détaille Michel Coster, directeur de l'incubateur.

"Nous voulons positionner l'incubateur au milieu de l'écosystème global qu'est l'emlyon : étudiants, entrepreneurs, mentors, anciens étudiants, entreprises partenaires, et ainsi 'casser les murs' de la structure d'accompagnement classique, qui se veut plutôt fermée. Cela suppose un réingenering de notre modèle et la création de nouveaux process, détaille Michel Coster.

"sensemaking"

Pour mélanger tout ce monde et "afin de 'stress-tester' encore davantage les business models pour les rendre plus robustes", des modules seront donc proposés : pitch & learn, ou par exemple la poursuite du projet "clinique". Ce dernier permet de faire plancher étudiants, entrepreneurs et experts sur une problématique réelle d'une startup. Après une année d'expérimentation, il devrait concerner 500 personnes à la rentrée, et "permet d'infuser cette idée d'entrepreneuriat dans toutes les sphères de l'établissement".

Mais pour traiter ces nouvelles informations remontées du terrain et de l'expérience utilisateurs, les entrepreneurs seront toujours épaulés par des tuteurs et mentors. Ce volet "sensemaking" est à cheval entre l'accompagnement du business et celui de l'entrepreneur en herbe. "Nous sommes également là pour participer à la programmation entrepreneuriale, d'aider à la construction du processus de décision du dirigeant, et s'assurer que son action va bien dans le sens des valeurs qu'il avait définies. A ce titre, nous revendiquons notre caractère d'incubateur d'école", précise M. Coster.

International

Le caractère international du programme d'accompagnement est également un élément pour faire s'élever les jeunes pousses. Ainsi, l'emlyon va diffuser cette nouvelle philosophie et ses nouveaux process. D'abord dans ses campus à l'étranger (Paris, Casablanca, Shanghai), et également dans d'autres structures partenaires : une quinzaine d'établissements internationaux sont ciblés.

L'incubateur emlyon, qui revendique 1 150 entreprises créées, 12 000 emplois directs générés et une fourchette large de fonds levés estimée entre "30 à 40 millions d'euros", veut ouvrir ses portes à davantage de projets. En moyenne il en héberge entre 180 et 200. Selon Michel Coster, il faut libérer encore davantage l'opportunité d'entreprendre, en laissant la possibilité au plus grand nombre de tester son idée. "Il ne faut pas être sélectif - au vu de la viabilité du projet - lors de la période 0 à 3 ou 6 mois. C'est un temps de challenge pour voir si cette une idée peut se transformer en business pérenne. Ainsi, le taux de survie des entreprises devrait se calculer au terme de cette période d'expérimentation", estime-t-il.

Une philosophie là aussi nouvelle, qui pourrait être mise en lumière ce mercredi soir, lors de l'inauguration des nouveaux locaux de l'incubateur, qui fonctionne chaque année avec un budget compris entre 800 000 euros et un million d'euros.

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