Des bancs de l'école 42 à l'intelligence artificielle

 |   |  853  mots
L'équipe de Interaction.ai
L'équipe de Interaction.ai (Crédits : DR)
En 2013, le Lyonnais Robin Guignard-Perret intégrait la première promotion de l'école 42, créée par Xavier Niel. Séduit par la philosophie pédagogique, qui laisse la part belle aux autodidactes, il en a profité pour monter sa propre startup spécialisée dans l'intelligence artificielle. Elle a officiellement été lancée le 31 mars.

Mi-mars, l'intelligence artificielle AlphaGo développée par Google battait définitivement, et sans appel au jeu de go l'un des meilleurs joueurs du monde, Lee Sedol. Une première. C'est justement afin d'aider les développeurs à créer des algorithmes performants en termes d'intelligence artificielle (IA) que Robin Guignard-Perret, étudiant de l'école 42 , s'apprête à lancer sa startup Interaction.ai.

Développeurs et utilisateurs

Le principe est de mettre en relation des développeurs et des utilisateurs lambdas. Ces derniers auront pour mission de tester les intelligences artificielles déposées sur une plateforme dédiée. Grâce aux analyses qui en résulteront, les développeurs pourront ajuster leurs algorithmes.

"Nous avons lancé une première version du site le 31 mars. Toutes les fonctionnalités ne sont pas encore présentes", s'amuse Robin Guignard-Perret.

Dans le même temps, un test de Turing est lancé sur Facebook.

"L'objectif sera d'essayer de deviner si vous êtes en interaction avec un humain ou bien un ordinateur. Puis il faudra challenger ses amis", détaille le jeune homme de 21 ans, originaire de la région lyonnaise.

Robin Guignard-Perret l'affirme :

"J'ai toujours voulu monter ma propre startup, pour créer des choses, mais aussi pour avoir une équipe stimulée."

Autant de raisons qui l'avaient poussé à postuler lors de la création de 42, l'école d'informatique de Xavier Niel, lancée en 2013. Il se trouvait alors en classe de première.

"Au lycée, je souhaitais apprendre ce qui n'était pas au programme, alors je lisais beaucoup. J'ai beaucoup aimé ce concept de liberté que l'on retrouve au sein de l'école 42."

Liberté de l'apprentissage

Après avoir passé un premier test de logique et de persévérance de 8 heures sur internet, il entre en phase de présélection. Une étape qui n'a rien à voir avec le fonctionnement universitaire classique puisqu'il passe un mois au sein de l'école, au cours de l'été, à travailler "presque 24 heures sur 24".

Lancé dans le grand bain, ce n'est pas sans raison que cette épreuve se nomme "La Piscine". Des travaux pratiques intensifs où la place est laissée à l'autodidaxie.

"Notre professeur, c'était internet", se souvient-il.

Les aspirants élèves étudient seuls un programme équivalent à un an de DUT en informatique. À la rentrée, il intègre finalement la première promotion de l'école 42.

"J'ai seulement passé le bac français, avec de bons résultats d'ailleurs. Je voulais montrer que l'on pouvait parfaitement réussir sans le bac."

Robin Guignard-Perret Ecole 42

Robin Guignard-Perret (3e en partant de la gauche) au côté de Xavier Niel durant "La Piscine".

Réseaux de neurones

La première année, il travaille près de 70 heures par semaine, étudie même les week-ends et dispose de très peu de vacances. Il découvre au même moment l'intelligence artificielle au cours de son premier stage dans une startup parisienne.

Pendant six mois, il s'intéresse plus particulièrement aux réseaux de neurones, autrement dit à la reproduction des mécanismes du cerveau, au cours de rencontres avec des neuroscientifiques ou des académiciens.

De retour à l'école, il décide finalement de consacrer six mois à son propre projet. Car au sein du cursus, le temps consacré à l'école peut être mis entre parenthèse le temps de développer son projet professionnel.

"J'ai repris l'étude que j'avais commencée, mais je l'ai changée en développant un autre modèle de réseaux de neurones."

Il s'intéresse notamment à la dimension psychologique du cerveau.

"Aujourd'hui, même les neuroscientifiques ne connaissent pas tous les mécanismes du cerveau. Même si l'on sait comment les neurones propagent des informations, il manque des éléments. C'est à ce moment-là que l'on se tourne vers la psychologie. Soit on regarde le cerveau et on essaie d'arriver au résultat. Soit on regarde le résultat, et on essaie de remonter jusqu'au cerveau."

300 000 euros en seed funding

Il participe à Digital Track, une initiative lancée par HEC, en partenariat avec l'école 42 ainsi que l'école de Condé afin de favoriser l'entrepreneuriat numérique. "Des élèves présentent leurs projets, et ceux intéressés peuvent se rallier à lui."

À cette occasion, il rencontre ceux qui sont désormais ses associés et notamment Sacha Bellaiche, co-associé en charge de la partie commerciale. Mais aussi Simon Ernould, le designer, Guilhem Fanton, le développeur web, ainsi que Thierry Defresne, spécialiste du jeu vidéo. À eux cinq, ils montent Interaction.ai.

"Aujourd'hui, nous entrons dans un processus où nous avons beaucoup de partenaires potentiels. Nous n'avons donc pas besoin d'une grande levée de fonds. Nous allons toutefois demander 300 000 euros en seed funding."

Pour l'heure, Robin Guignard-Perret doit encore effectuer quatre mois de travail intense avant d'obtenir son diplôme. Mais il souhaite dans un premier temps se focaliser uniquement sur la startup. Il faut dire que la pédagogie de l'école est telle qu'il n'y a pas de date butoir pour être diplômé. Une philosophie qui convient bien au jeune étudiant : "Cela stimule notre créativité."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/04/2016 à 17:58 :
Bravo les gars! Un bel exemple de jeunesse motivée. L'intelligence artificielle à de l'avenir, c'est sûr.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :