COP21 : la route solaire prend forme en Rhône-Alpes

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(Crédits : Joachim Bertrand/Colas)
Après cinq années de recherche, l'Institut National de l'Energie Solaire et Colas ont mis au point une route à base de panneaux photovoltaïques. Une dizaine de portions routières vont être équipées de cette technologie dans les prochains mois pour produire de l'électricité avec l’énergie solaire.

Après avoir massivement investi les toitures, les panneaux solaires vont bientôt recouvrir nos routes. Un premier test a été réalisé l'an dernier aux Pays Bas et plus près de nous, Colas, filiale du groupe Bouygues et l'Institut National de l'Energie Solaire (INES) de Chambéry ont mis au point un système de revêtement routier capable de supporter le passage de tous les types de véhicules et de produire de l'énergie.

Des panneaux sur mesure

Baptisé Wattway, ce concept repose sur des dalles comprenant des cellules photovoltaïques enrobées dans un substrat multicouche. L'ensemble ressemble à s'y méprendre aux panneaux existants, alors qu'il a du être inventé de toutes pièces.

"Nous avons commencé à travailler sur des panneaux existants, mais nous avons rapidement compris que nous ne pourrions pas adapter des produits existants à cet usage très spécifique", reconnaît Franck Barruel, chef de laboratoire à l'INES.

Les chercheurs savoyards ont donc conçu des panneaux photovoltaïques dotés de propriétés d'adhérence, puisque c'est une des qualités les plus recherchées par les utilisateurs de la route, mais aussi d'optique afin de capter le maximum de soleil, de résistance pour ne pas s'altérer au passage de myriades de véhicules. Enfin il fallait prendre en compte l'aspect thermique, car la route subit d'importantes variations de température.

Route solaire

Un kilomètre éclaire une ville de 5 000 habitants

Et finalement réunir toutes ces qualités fut presque un jeu d'enfant au regard d'une ultime contrainte imposée par Colas.

"Nous devions mettre au point une solution qui s'installe sans avoir besoin de casser le revêtement d'une chaussée pour y installer notre système", explique Franck Barruel.

Wattway prend donc la forme de dalles qui se collent sur une chaussée existante. De quoi simplifier l'installation et surtout rendre cette prouesse technologique financièrement accessible. Protégée par deux brevets, Wattway dote la route des fonctions jusque là jamais envisagées.

"Cette route va pouvoir produire de l'électricité. On peut imaginer dans un premier temps de réinjecter cette énergie dans le réseau, mais aussi à terme, d'installer des systèmes d'éclairage ou de guidage au sol", esquisse Franck Barruel.

L'ADEME estime en effet qu'un kilomètre de route équipées de dalles Wattway peut produire de quoi alimenter l'éclairage public d'une ville de 5 000 habitants.

D'ultimes tests en cours

L'objectif des deux partenaires est désormais de pouvoir rapidement rouler sur des routes solaires. Dès le début de l'année prochaine, une dizaine de sites pilotes partout dans le monde vont donc être équipés de ce revêtement. Colas qui estime que "Wattway est un élément constitutif de la route de cinquième génération et de la smart city" lance en parallèle la commercialisation à plus grande échelle.

Même si Wattway semble particulièrement bien pouvoir se fondre dans la smart city, l'idée n'est pas de réserver cette route aux seuls urbains. "Dans les régions où la densité de population rend les coûts de raccordement au réseau électrique prohibitifs, Wattway permettra de créer des infrastructures de production d'énergie locales et pérennes, en circuit court" fait ainsi valoir le géant des TP.

Route solaire

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a écrit le 04/12/2015 à 8:42 :
Avant de s'occuper de route solaire ... pour diminuer les accidents il vaudrait mieux faire l'entretien nécessaire ... puisque l'Etat s'en est débarrassé après avoir longuement RIEN FAIT et données délabrées aux département. Un exemple depuis plus de 50 ans la Route Nationale Lyon-Genève s'effondre en direction du Rhône, près du Pont Carnot et bien elle continue de s'effondrer en Route Départementale avec un rétrécissement et quelques panneaux. MAIS QUE FAIT MME PERRICHON POUR NOTRE SECURITE bien réelle, celle-là ?
a écrit le 03/12/2015 à 0:02 :
Et c'est combien le cout du mètre carré ?
Au fait : attention aux arbres et autres bâtiments faisant de l'ombre... !
Ceci dit, ne vous méprenez pas : je pense que c'est une excellente idée !!
Réponse de le 03/12/2015 à 20:30 :
les arbres, il parait qu'il faut les couper, ça fait un obstacle pour les voitures.
C'est peut-être pas destiné à aller partout (en ville, le réseau électrique est voisin, donc raccordable, mais ombragé par moments, en "campagne", les lignes EDF sont lointaines voire absentes mais la route est souvent exposée à la lumière... Cruel dilemme)
En alternant des bobines pour charger les voitures au vol et des panneaux pour capter l'énergie, bientôt la voiture électrique à longue autonomie... Sauf en ville où il y a des prises disponibles.
a écrit le 02/12/2015 à 19:26 :
Ne pas oublier douchettes, produit lavant et essuie-glaces pour tenir propres ces merveilleux panneaux, s'ils doivent fonctionner plus d'une heures...
a écrit le 02/12/2015 à 11:16 :
Félicitations à Bouygues et l'Institut National de l'Energie Solaire.
Je me pose des questions sur la résistance au gel mais c'est plein d'espoir. Go go go.

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