La Foncière hôtelière des Alpes veut redynamiser l'hébergement de montagne

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(Crédits : Andy Parant)
La Caisse des Dépôts et quatre institutions financières régionales viennent de signer officiellement le lancement de la Foncière Hôtelière des Alpes, une société chargée de construire ou rénover 1500 à 2000 lits touristiques dans les Alpes du nord.

La Foncière Hôtelière des Alpes disposera de 30 millions d'euros de fonds propres, lui offrant la capacité d'investir jusqu'à 100 millions d'euros grâce aux effets de levier. Pour le montage financier, la Caisse des Dépôts s'est associée à la Banque Populaire des Alpes, à la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes, au Crédit Agricole des Savoie et au Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes. Les différents partenaires en ont fait l'annonce vendredi au Château de Chambéry.

Partenariat égalitaire

Chaque partenaire apporte 25% des fonds propres. La part du Crédit Agricole inclut la participation de ses deux caisses régionales. Les différents partenaires sont engagés sur une période minimale de dix ans, a précisé Gil Vauquelin, le nouveau directeur régional Rhône-Alpes de la Caisse des Dépôts. C'est Edith Martin-Bonnenfant, directrice interrégionale adjointe Centre-Est, qui présidera la nouvelle société.

Les associés veulent s'attaquer à la hausse du nombre de lits froids en hiver dans les stations. Les Alpes du nord comptent actuellement plus de 553 000 lits touristiques, dont près de 40% resteraient inoccupés durant la saison d'hiver, souligne Jean-Yves Barnavon, directeur général du Crédit Agricole des Savoies.

Tendance menaçante

Or, la tendance actuelle indique qu'à ce stock de lits froids, on en compterait 6 000 supplémentaires chaque année, soit près de 3% de hausse annuelle. La vétusté de nombreux établissements et l'évolution de la demande des consommateurs - désireux de davantage d'espace et de confort - expliquent cette augmentation, affirme Jean-Christophe Maratra, directeur exploitation de la Banque Populaire des Alpes.

Et cette tendance menace le dynamisme économique des stations. « La rénovation est indispensable si on veut maintenir et même développer notre économie en montagne », assure Jean-Yves Barnavon.

 Nouveau paradigme

« C'est un changement de paradigme, affirme Gil Vauquelin. Les mécanismes actuels se sont un peu essoufflés », explique le directeur régional Rhône-Alpes de la Caisse des Dépôts, qui souligne la disparition des dispositifs de défiscalisation, qui étaient destinés à inciter les investissements.

L'originalité de la Foncière Hôtelière des Alpes est de « scinder le portage immobilier et l'exploitation des stations, souligne Didier Bruno, membre du directoire de la Caisse d'Épargne Rhône-Alpes. Les exploitants doivent se concentrer sur leur métier. »

Concrètement, la Foncière Hôtelière des Alpes investira un fonds d'amorçage ou de finalisation de projets hôteliers, soit en rénovation soit en construction, dans une SCI ou une SAS créée pour chaque projet. Les porteurs de projet peuvent être des hôteliers indépendants comme des chaînes hôtelières.

Cibler les stations

Un comité technique présélectionnera les dossiers, détaille Bertrand Malapert, secrétaire général du Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes. Dans une deuxième étape, les huit membres (deux par partenaire) du comité d'investissement et de suivi tranchera. Une quinzaine de dossiers seraient en instance d'analyse, avance M.Bruno.

« Les stations seront ciblées sur leur potentiel de plus-value indéniable », ajoute Edith Martin-Bonnenfant. La Foncière Hôtelière des Alpes aura un objectif de rentabilité annuelle de l'ordre de 4%. « Un taux relativement faible qui montre notre volonté d'accompagner le territoire », commente M.Malapert.

Il y a deux ans, les mêmes partenaires s'étaient déjà associés pour lancer la Foncière Rénovation Montagne, dont le but est d'acquérir des hébergements vieillissants pour les rénover.

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Commentaires
a écrit le 02/10/2015 à 23:27 :
"près de 40% resteraient inoccupés durant la saison d'hiver," et en été ? 90% ?
C'est donc pour ça qu'il faut en construire d'autres vu que les gens viennent moins... (logique ?)

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